Étiquette : films

Saloum de Jean Luc Herbulot

Saloum de Jean Luc Herbulot

Après quelques court-métrages dans les années 2010, Jean Luc Herbulot s’était fait remarquer avec son énergique Dealer. Il a depuis œuvré pour quelques séries telles que Falco, Ghoul et Sakho & Mangane.  Nous le retrouvons en terres africaines pour ce deuxième long-métrage.  Passée une introduction 

PIFFF 2022 : Courts-métrages français

PIFFF 2022 : Courts-métrages français

L’homme à la Mercedes pourpre de Marine Levéel : Suivant le parcours d’une sexagénaire, l’autrice retranscrit le poids d’une douleur longuement étouffée. Nous observons les conséquences d’un événement tragique dans son quotidien.Ici, le fantastique s’ancre subtilement dans le réel. La menace planante n’a d’abstrait que son 

Vicious Fun de Cody Calahan

Vicious Fun de Cody Calahan

Peu connu dans nos contrées, Cody Calahan œuvre depuis une quinzaine d’années en tant que réalisateur et producteur de films horrifiques.
Sorti en 2020 aux États-Unis, Vicious Fun nous place aux côtés de Joël. Ce jeune homme introverti et passionné de cinéma se retrouve confronté à une équipe de tueurs faisant partie d’un groupe de paroles.

Cette situation est amenée progressivement. Nous découvrons tout d’abord notre passionné du septième art dans son quotidien entre interview d’artistes arrogants et sa morne vie privée.
Ces premiers instants permettent de créer de l’empathie mais surtout d’exposer la tonalité de l’œuvre.
En effet, nous comprenons rapidement que l’auteur souhaite jouer avec les codes du genre. Les protagonistes ont des traits de caractères exagérés. Sans les tourner en ridicule, ils sont mis à profit afin de créer des situations comiques. Nous nous amusons de ces événements et de la définition archétypale de ces individus.
Le récit commence ainsi avec un enchaînement de mauvais choix l’entraînant inexorablement vers un point de non-retour. Cette succession de situations est bien cadencée et génère un rythme permettant de capter l’attention du spectateur.

Une fois ce point de bascule passé, cette alchimie s’étiole. Le réalisateur opte pour une trajectoire scénaristique malheureusement trop convenue. Toute promesse énoncée lors du cercle de paroles se retrouve ainsi compromise. Nous glissons vers une chasse à l’homme opposant deux camps clairement définis.
La situation initiale aurait pu nous amener vers une nuit rythmée par des meurtres sanglants poussant notre jeune critique cinéma à se fondre dans cet environnement morbide. Ce cheminement aurait été plus jouissif et cohérent avec la première partie.
L’auteur préfère emprunter des chemins balisés. La plupart de la seconde partie se déroule dans un unique lieu accentuant l’inertie de l’intrigue. L’humour ne permet pas de faire abstraction de cette absence d’originalité.
Nous suivons donc la suite des événements avec une certaine frustration. L’ensemble devient prévisible et ne fait qu’ajouter une sensation d’enlisement à ce marasme ambiant.
Nous accueillons donc la conclusion avec un certain soulagement. Notre ressenti se retrouve ainsi partagé entre la frustration d’un coche loupé et la lassitude d’avoir visionné une énième œuvre comico-horrifique.

Finalement, Vicious Fun n’est pas un mauvais film mais surtout une promesse non tenue. Il pourra satisfaire les amateurs du genre mais il est peu probable que celui-ci imprègne durablement notre rétine.

Athena de Romain Gavras

Athena de Romain Gavras

Co-fondateur du collectif Kourtrajmé, Romain Gavras s’est forgé une carrière cinématographique discrète entre clips musicaux pour des artistes renommés (Justice, M.I.A) et long-métrages atypiques (Notre jour viendra, Le monde est à toi). Scénarisé conjointement avec Ladj Ly, ce nouveau projet est l’opportunité de bénéficier d’une 

Escape from Mogadishu de Ryu Seung-wan

Escape from Mogadishu de Ryu Seung-wan

Œuvrant pour le cinéma sud-coréen depuis le début du XXIème siècle, Ryu Seung-wan s’est fait remarquer à de nombreuses reprises notamment avec City of violence, The unjust et surtout Battleship Island. Ce nouveau long-métrage trouve une continuité avec sa précédente création. L’auteur poursuit son exploration 

L’inciseur de Christian Alvart

L’inciseur de Christian Alvart

Adaptation du roman éponyme de Michael Tsokos et Sebastian Fitzek, Christian Alvart poursuit son exploration du côté sombre de la société allemande dix ans après son Antibodies.

Dans ce nouveau long métrage, nous suivons parallèlement la trajectoire de deux individus qui de prime abord tout oppose. Nous les découvrons dans leur environnement respectif. Chacun devant faire face à des problématiques personnelles.
Cette introduction nous permet de cerner la personnalité et le passif de ce duo en devenir. Nous observons leur quotidien et percevons les zones d’ombres au sein de leur vécu. Nous nous immergeons ainsi aisément dans ce récit d’autant que le cœur de l’intrigue est amorcé rapidement.

En effet, une fois ces éléments assimilés, l’auteur enclenche une traque s’étalant sur deux heures. Nous retrouvons les mécanismes propres à une enquête policière : la recherche d’indices, les phases d’interrogatoires et les nombreuses suppositions inhérentes. Bien que flagrante, cette approche s’incorpore sans difficulté dans son récit puisqu’elle crée un rythme constant.

De plus, l’alternance de points de vue apporte une dynamique au sein de l’œuvre en créant des ellipses fluides. La trajectoire est à flux tendu à l’image de la chasse à l’homme qu’elle retranscrit. Elle ne laisse pas de place à des dialogues creux ou des scènes s’étirant inutilement. Chaque instant est centré sur l’enquête et la résolution de ses mystères. Chacun des individus impliqués tentant à leur niveau d’apporter leur pierre à l’édifice et ce malgré les limites inhérentes à leurs capacités dans de telles situations.
Cette approche fonctionne notamment grâce à la caractérisation des personnages. Nous apprenons à les connaître un peu plus au cours du récit. Leur personnalité n’est certes pas originale ni complexe mais scie parfaitement à la nature de l’investigation. En cela, nous ressentons les rouages inhérents à un roman policier. La définition de personnes au caractère tranchant s’ancre dans un archétype spécifique et facilement identifiable. Ces individus servent la narration et non l’inverse. Le défi relevé par l’auteur est donc d’accepter cette faiblesse et d’adopter une mise en scène nous empêchant d’en ressentir les limites inhérentes à cette démarche.
Pour éviter cet écueil, le réalisateur opte pour un rythme tendu, dénué de temps morts pour ainsi rester concentré sur le cœur du récit. Il n’empêche pas aux protagonistes de vivre et se découvrir au cours de l’histoire mais toujours via le prisme de l’enquête. La formule est maîtrisée et permet de nous impliquer dans cette quête de vérité.

Au final, L’inciseur est une œuvre s’inscrivant dans une tradition d’adaptations cinématographiques de romans policiers. Malgré sa durée de deux bonnes heures, nous passons un agréable moment sans temps morts. Nul doute que les amateurs du genre apprécieront cette enquête.

Wrinkles the clown de Michael Beach Nichols

Wrinkles the clown de Michael Beach Nichols

Réalisateur d’une petite dizaine de documentaire, Michael Beach Nichols s’est intéressé à de nombreux sujets de société tels que les compétitions de danse se déroulant à Brooklyn ou encore à l’arrivée de suprémacistes au sein d’une petite ville du Dakota du Nord. Les thématiques sont 

Don’t Breathe 2 de Rodo Sayagues

Don’t Breathe 2 de Rodo Sayagues

Artiste impliqué dans l’ensemble de la carrière de Fédé Alvarez, Rodo Sayagues quitte son habituel poste de scénariste pour passer à la réalisation.Pour cette première expérience, l’auteur tente l’exercice périlleux de fournir une suite à un premier opus se suffisant à lui-même. Nous retrouvons donc 

Cama Cruso de Trois jours de marche

Cama Cruso de Trois jours de marche

Société de production derrière les créations de Dayan D. Oualid (Dibbuk, Chimera), Trois jours de marche se lance dans une aventure transmedia en collaboration avec Shadowz.
L’idée est de développer un univers prenant naissance sur les réseaux sociaux, en l’occurrence TikTok, pour se poursuivre avec un long-métrage. C’est ainsi qu’un ARG voit le jour et attise la curiosité de nombreux internautes.
La première phase semble avoir porté ses fruits puisque qu’en Mai 2022, il est comptabilisé 12 millions d’interactions en lien avec ce projet.
S’ensuit donc Cama Cruso, le film supposé apporter des réponses au mystère du Gîte de la Came-Cruse.

Dans ce prolongement cinématographique, nous sommes positionnés aux côtés d’Anna. Tout comme nous, cette jeune journaliste découvre le mystère autour de ce lieu via un alléchant jeu concours. Nous retrouvons les différents éléments liés à l’ARG. Chaque phase d’investigations est détaillée. Le but étant de savoir si la nature de la menace est réelle ou purement fictive.
Les auteurs optent pour le mockumentary pour nous narrer ce récit. Ils intègrent ainsi les réflexions qu’on pu se faire le public de la première heure au sein de leur intrigue. Cette approche a l’avantage de facilité l’immersion pour des personnes n’ayant pas eu connaissance du jeu en amont. L’œuvre alterne entre exploration virtuelle des différents éléments en lien avec ce gîte et rencontres d’individus impliqué de près ou de loin avec ce lieu.

discussion homme femme exterieur

Nous parcourons ainsi l’ensemble des pistes possibles autant du côté de l’ARG que de celles tendant à penser que tout est réel.
Le souci est que pour le spectateur ayant déjà eu connaissance du mystère du Gîte de la Came-Cruse, cette phase est redondante. Nous glanons parfois des informations complémentaires mais bien trop rares pour capter l’attention de bout en bout. Notre regard est porté sur l’exploration dudit gîte et ses mystères.
Malheureusement cette étape tardera à arriver. Elle se résumera à un dernier quart d’heure focalisé sur un objectif unique. Le développement de la mythologie autour du lieu se retrouve ainsi tué dans l’œuf. Nous ressentons de la frustration tant le dénouement est bien trop expéditif.

À la fin du visionnage, une question peut se poser sur l’intention des auteurs autour de cet univers. Sa présence sur deux médias différents laissait à penser que ces formats étaient complémentaires. Pourtant, de par le résultat obtenu, nous avons plus l’impression qu’ils se dupliquent pour permettre d’être découvert par un plus large public.
De par l’évolution des médias et de leur support, la démarche est pertinente. Elle pousse à adapter sa narration en fonction du réseau investi. En cela, les auteurs l’ont très bien assimilé et ont créé deux œuvres en phase avec son audience.
Il est certain que l’appréciation du film différera de notre connaissance en amont de l’ARG.
Pour autant, sur son pendant cinématographique, nous ressentons un manque de prise de risques et d’élévation du sujet. L’œuvre se focalise beaucoup trop sur les mécanismes liés à l’ARG via le site et TikTok plutôt que de développer son propre cheminement.

En somme, Cama Cruso avait un potentiel narratif et mythologique fort intéressant qui ne débouche pas sur le résultat espéré. On espère que Trois jours de marche développera d’autres univers en affinant la formule en fonction des médiums investis.

The Medium de Banjong Pisanthanakun

The Medium de Banjong Pisanthanakun

Réalisateur thaïlandais à la carrière discrète, Banjong Pisanthanakun s’était fait remarquer au début du siècle avec l’efficace Shutter. Œuvre ayant d’ailleurs bénéficié d’un remake américain insipide. Une vingtaine d’années plus tard, nous le retrouvons avec The Medium dont le producteur n’est nul autre que l’homme