Étiquette : films

L’inciseur de Christian Alvart

L’inciseur de Christian Alvart

Adaptation du roman éponyme de Michael Tsokos et Sebastian Fitzek, Christian Alvart poursuit son exploration du côté sombre de la société allemande dix ans après son Antibodies. Dans ce nouveau long métrage, nous suivons parallèlement la trajectoire de deux individus qui de prime abord tout 

Wrinkles the clown de Michael Beach Nichols

Wrinkles the clown de Michael Beach Nichols

Réalisateur d’une petite dizaine de documentaire, Michael Beach Nichols s’est intéressé à de nombreux sujets de société tels que les compétitions de danse se déroulant à Brooklyn ou encore à l’arrivée de suprémacistes au sein d’une petite ville du Dakota du Nord. Les thématiques sont 

Don’t Breathe 2 de Rodo Sayagues

Don’t Breathe 2 de Rodo Sayagues

Artiste impliqué dans l’ensemble de la carrière de Fédé Alvarez, Rodo Sayagues quitte son habituel poste de scénariste pour passer à la réalisation.
Pour cette première expérience, l’auteur tente l’exercice périlleux de fournir une suite à un premier opus se suffisant à lui-même.

Nous retrouvons donc notre aveugle meurtri et meurtrier dans un autre environnement. Nous découvrons son nouveau lieu de résidence et surtout les êtres gravitant étonnamment autour de lui. Le changement de point de vue déroute en premier lieu. Nous avions quitté un boogeyman quasi-mutique pour observer un homme devenu botaniste et père adoptif. Une transformation clivante mais ne dénaturant pas l’identité du personnage. L’individu maintient son attitude d’ermite et reste isolé du monde.

La première partie du récit se concentre sur la présence de la jeune fille, Phoenix. Elle permet de créer de l’empathie pour ce patriarche de substitution. À travers sa rigueur transparaît une volonté de protéger cette orpheline des menaces qu’il a affronté ou engendré. Nous retrouvons ce mode de pensées propre aux survivalistes. L’éducation passe par la mise en situation de danger afin de les préparer à cette éventualité.
Évidemment, dans notre cas, cette formation ne sera pas vaine puisque des intrus vont se confronter au vieil homme et à sa protégée. Nous nous retrouvons avec une inversion du rapport de force dans cet opus. Les motivations et capacités de ces individus redéfinissent notre lecture des évènements. Les confrontations sont plus frontales. Nous observons ainsi les limites de cet ancien militaire face à des personnes autant entraînées que lui.
L’auteur joue habilement sur cet aspect pour offrir des rebondissements tout au long du récit. Le scénario reprend des mécanismes du premier opus tout en tentant d’offrir une nouvelle approche. L’intention est louable et le résultat rempli ses objectifs.

Stephent Lang brise vitre

Bien qu’agréable à suivre, l’œuvre n’arrive pas à transcender son sujet.
Les raisons sont multiples. La première déjà évoquée précédemment est cette nécessité d’offrir une justification à cette suite. Cette dernière reste faible. Les précédents évènements sont quasiment occultés pour faciliter la construction de cette nouvelle intrigue.
Cette problématique amène une autre relative à son personnage principal. La manière dont celui-ci est dépeint apporte un dilemme moral pour le spectateur. Nous le retrouvons une nouvelle fois dans sa position initiale de victime.
La différence est que cette étiquette est difficile à lui attribuer au vu de son passif. Malgré l’intention de créer de l’empathie à son égard, il est impossible d’oublier ses extractions. Nous nous retrouvons ainsi dans une posture délicate où nous développons de l’empathie pour un être que l’on a connu abject.
La trajectoire pourrait sonner comme une quête rédemptrice. Malheureusement, l’axe scénaristique ne le met jamais en évidence.
D’autant que le personnage de Phoenix aurait permis d’amener cela. Sa position est intéressante vis-à-vis des différents protagonistes. Il aurait peut-être été pertinent de centrer entièrement le récit de son point de vue. L’humanisation de notre ermite aurait pu ainsi se légitimer car dépendant d’une subjectivité.

En somme Don’t Breathe 2 est une suite acceptable au vu des enjeux inhérents à sa mise en production. L’œuvre remplit son contrat sur bien des aspects même s’il n’apporte pas de renouveaux dans ses mécanismes.

Cama Cruso de Trois jours de marche

Cama Cruso de Trois jours de marche

Société de production derrière les créations de Dayan D. Oualid (Dibbuk, Chimera), Trois jours de marche se lance dans une aventure transmedia en collaboration avec Shadowz. L’idée est de développer un univers prenant naissance sur les réseaux sociaux, en l’occurrence TikTok, pour se poursuivre avec 

The Medium de Banjong Pisanthanakun

The Medium de Banjong Pisanthanakun

Réalisateur thaïlandais à la carrière discrète, Banjong Pisanthanakun s’était fait remarquer au début du siècle avec l’efficace Shutter. Œuvre ayant d’ailleurs bénéficié d’un remake américain insipide. Une vingtaine d’années plus tard, nous le retrouvons avec The Medium dont le producteur n’est nul autre que l’homme 

The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic de Teemu Nikki

The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic de Teemu Nikki

Amorçant sa carrière en 1995 avec Möykky, Teemu Nikki a depuis réalisé une vingtaine de court-métrages, participé à quatre séries et tourné deux films. The blind man… est son second long.

Pour narrer le périple de son protagoniste, l’auteur opte pour une immersion totale. La caméra se positionne au plus proche de Jaakko. Nos yeux adoptent ainsi sa vision. Nous évoluons dans un monde effacé, peuplé d’ombres. L’environnement est plongé dans un fin brouillard persistant.
C’est ainsi que nous découvrons le quotidien de notre homme. Nous observons comment son handicap impacte les actions même les plus simples. Nous voyons la manière dont il réussit à les contourner. Malgré les limites imposées par sa santé et l’assistance qu’il nécessite, l’auteur dresse le portrait d’une personne ayant conservé une attitude enjouée et une repartie incisive. On ressent immédiatement de l’empathie pour Jaakko.

En quelques plans, nous sommes totalement immergés dans cet univers intimiste et trop peu narré. Son exposition permet d’amorcer le début d’un périple intense. Nous distinguons deux parties au sein de l’œuvre.
La première ayant lieu dans son logement. Elle nous offre les différentes clés de compréhension sur Jaakko et les relations entretenues avec son entourage. L’ancrage dans son quotidien, la conscience de ses limites face à des tâches usuelles ou encore la manière dont il les contourne, sont autant d’éléments nous permettant de comprendre les enjeux de événements à venir. Cette excursion de prime abord banale se transforme en une épreuve sur différents aspects.
La seconde partie occupe les deux tiers de l’œuvre et est source de nombreuses tensions. Évidemment, cette sortie ne se déroulera pas sous les meilleurs hospices et donnera lieu à des péripéties parfois anxiogènes.
Le monde extérieur sonne comme une dure réalité à affronter. Le contrôle sur l’environnement est beaucoup plus complexe surtout en présence d’individus malintentionnés.
Nous sommes totalement emportés par ces péripéties et appréhendons le dénouement à venir.

La réalisation participe grandement à la création d’une tension constante face à l’inconnu. Bien que positionnées dans des conditions proches de celles de notre protagoniste, nous conservons une vision plus large. Nous distinguons plus facilement les mouvements en arrière-plan malgré la présence de ce voile persistent.
Loin de nuire à l’immersion, il ajoute une oppression. Notre analyse de l’environnement couplé à notre connaissance des habitudes de Jaakko nous font spéculer sur les dangers possibles.
L’exposition de la première partie est ainsi pleinement mise à profit lors de cette expédition. Le récit conserve sa cohérence de bout en bout. La réaction de notre explorateur urbain face aux dangers est logique face à son passif.

En somme, Teemu Nikki nous offre une histoire d’aventure moderne où la banalité du trajet revêt une autre signification lorsqu’on adopte un point de vue différent. Un joli tour de force qui fut notamment récompensé d’une Mention Spéciale du jury ainsi que du prix Regards Jeunes lors de la 22éme édition de l’Arras Film Festival.

The Wretched de  Brett Pierce et Drew T. Pierce

The Wretched de Brett Pierce et Drew T. Pierce

Découvert en France notamment pour les lecteurs de Mad Movies avec la comédie horrifique Dead Heads, les frères Pierce reviennent à la réalisation dix ans plus tard pour renouer avec le film de genre. Brett et Drew continuent de suivre les tendances et délaissent donc 

Vanishing de Denis Dercourt

Vanishing de Denis Dercourt

Réalisateur discret œuvrant depuis la fin du XXéme siécle, Denis Dercourt s’est principalement fait remarquer avec La Tourneuse de pages en 2006. Ce dernier fut notamment sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard.Son nouveau projet est le fruit d’une gestation de 

Massacre à la tronçonneuse de David Blue Garcia

Massacre à la tronçonneuse de David Blue Garcia

En 2013 le public découvre Fede Alvarez avec son remake radical d’Evil Dead. Cette relecture gore et dénué d’humour divise énormément. Nous retrouvons d’un côté les personnes attachées à la vision de Sam Raimi et de l’autre celles acceptant cette alternative.
En 2018 sort Halloween de David Gordon Green et voit ainsi émerger un nouveau courant : le requel. Une nouvelle tentative des majors de proposer un élan de fraicheur sur des licences épuisées jusqu’à la corde.
C’est dans la conjonction de ces deux événements que nait Massacre à la tronçonneuse de David Blue Garcia. L’auteur est démarché par Fede Alvarez pour remplacer au pied levé Ryan et Andy Tohil afin de proposer une nouvelle suite à la version de 1974.

Après les événements des années 70, l’ombre de Leatherface plane toujours au Tewas et notamment dans les alentours d’Harlow. Les années ont transformé ce tueur en série en véritable boogeyman insaisissable. Malgré cette présence meurtrière, de jeunes entrepreneurs décident de débarquer dans la bourgade et de lancer un projet de gentrification dans cette zone désolée. Évidemment ces intentions se confronteront à l’hostilité des quelques autochtones.
L’auteur profite du road trip en direction de cette destination pour nous fournir les bases de son récit. Nous avons rapidement l’ensemble du contexte et la réinitialisation de la franchise peut ainsi commencer.

Durant moins d’une heure et demie, nous déambulons entre les différentes victimes en devenir jusqu’à ce qu’il rencontre La Faucheuse texane. L’œuvre ne trahit pas son titre, nous sommes face à un massacre en bonne et due forme. Le body count ne cesse de grimper et explose littéralement durant LA scène du bus. Les mises à mort sont variées et sanglantes. Malgré un abus d’effets numériques par moments, nous ressentons la violence des impacts entre le métal face à la chair. Le metteur en scène mise sur des exécutions gores.
La trajectoire des personnages est prévisible. Nous pouvons facilement prendre des paris sur l’identité de la final girl ou comment sera mis à profit son trauma. Nous retrouvons finalement les ingrédients et passages obligés des slashers. Ce manque de surprise n’est aucunement problématique puisque l’auteur assume ses choix. Il ne cherche aucunement à renouer avec son matériel de base notamment dans l’atmosphère dans lequel baigne ce nouvel opus. Au contraire, il embrasse entièrement cette scission et déroule un cahier des charges pleinement rempli pour le genre abordé.
Par ailleurs, la réalisation réserve son lot de plans joliment mis en scène. Sa plastique épouse parfaitement le point de vue de ses protagonistes. Leur vision idéaliste et en décalage avec la réalité de leur environnement se traduit par une image léchée et lisse. L’auteur appose ainsi leur lecture des évènements pour mieux s’en moquer.
Sa mise en scène s’inscrit donc aux antipodes de son géniteur tout comme Evil Dead de Fédé Alvarez en son temps. À la pellicule granuleuse et l’atmosphère poisseuse, l’auteur propose une image épurée et un ton plus léger. Une approche diamétralement opposée qui n’est pas sans rappeler l’écart entre l’œuvre originelle et sa suite de 1986.

Massacre à la tronçonneuse David Blue Garcia Screenshooter

Comme pour chaque film issu d’une franchise, ce nouvel opus est donc à lire sur deux axes : en tant qu’objet filmique à part entière et en tant que prolongement d’un univers existant.
Dans le premier cas, nous avons un slasher convenu mais remplissant efficacement son contrat et pourvu d’une bonne réalisation. Il est en cela un très bon divertissement. D’autre part, ce requel évite de surcharger son récit de références aux long-métrages précédents et se concentre sur ses nouveaux protagonistes. Le retour d’une ancienne final girl n’est pas le centre du sujet. Sa présence est presque anecdotique mais permet d’offrir une scène intéressante sur son trauma et l’indifférence renvoyée par le Mal. Nos attentes propres à ce nouveau courant sont donc prises au dépourvu. La volonté de proposer une nouvelle histoire, peu originale certes, est un atout indéniable au vu de ses confrères.

En somme, les spectateurs espérant revoir une proposition similaire à l’œuvre originelle devraient plutôt visionner la version de Marcus Nispel. Pour ceux souhaitant visionner un jeu de massacre généreux sous un soleil de plomb, vous êtes au bon endroit : bienvenue au Texas!

Furie d’Olivier Abbou

Furie d’Olivier Abbou

Après avoir réalisé quelques courts-métrages entre 1998 et 2004 et la mini-série Canal + Madame Hollywood, Olivier Abbou passe au format long en 2007 avec le méconnu Territoires. Dix années plus tard, l’auteur revient nous présenter son second film. Ouvrant sur une douce soirée d’été