Étiquette : films

The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic de Teemu Nikki

The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic de Teemu Nikki

Amorçant sa carrière en 1995 avec Möykky, Teemu Nikki a depuis réalisé une vingtaine de court-métrages, participé à quatre séries et tourné deux films. The blind man… est son second long. Pour narrer le périple de son protagoniste, l’auteur opte pour une immersion totale. La 

The Wretched de  Brett Pierce et Drew T. Pierce

The Wretched de Brett Pierce et Drew T. Pierce

Découvert en France notamment pour les lecteurs de Mad Movies avec la comédie horrifique Dead Heads, les frères Pierce reviennent à la réalisation dix ans plus tard pour renouer avec le film de genre. Brett et Drew continuent de suivre les tendances et délaissent donc 

Vanishing de Denis Dercourt

Vanishing de Denis Dercourt

Réalisateur discret œuvrant depuis la fin du XIXéme siécle, Denis Dercourt s’est principalement fait remarquer avec La Tourneuse de pages en 2006. Ce dernier fut notamment sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard.
Son nouveau projet est le fruit d’une gestation de plusieurs années ayant entrainé plusieurs réécritures. L’enjeu était de transposer l’intrigue du roman de Peter May de la Chine vers la Corée du Sud sans perdre en cohérence.

Cette volonté de crédibilité dans le sujet abordé se ressent tout au long du récit. L’auteur s’attarde sur les différents mécanismes inhérents à son sujet. Nous plongeons ainsi facilement de ce triste univers. Nous comprenons autant les techniques employées par la police pour résoudre cette affaire que les rouages de la mafia à l’origine du trafic. Nous découvrons la structure hiérarchique des criminelles mise en place. En évoluant auprès du chirurgien, du transporteur ou encore de l’homme de main, nous apprenons comment ces affaires peuvent exister et perdurer.
En parallèle, nous nous attardons souvent sur la vie privée et sentimentale des protagonistes. Ces moments se portent surtout sur Alice et Jin-ho. Nous développons ainsi de l’empathie pour ce duo. Ces scènes apportent de la lumière au sein de leur monde lugubre.
Cette approche permet de doubler les enjeux autour de cette enquête. Nous avons évidemment ceux liés à l’investigation en cours d’un point de vue strictement judiciaire. À cela s’ajoutent les motivations personnelles de ces deux personnages. Cette quête de vérité trouve un écho auprès de ces individus. Cet axe scénaristique impacte profondément la narration.

En effet, le fil rouge reste certes la découverte des coupables mais doit coexister avec ces questionnements intimes. Elle devient un objet hybride que l’on peut qualifier de romance dramatique dans un univers policier. Ce traitement influe fortement sur notre appréciation du sujet.
Le spectateur habitué au thriller sud-coréen notera la différence de ton entre Vanishing et des projets tels que The Chaser, J’ai rencontré le diable ou encore Old Boy. Évidemment la touche européenne apportée par Denis Dercourt explique ce traitement. Nous troquons ainsi la tension liée à la résolution de cette affaire morbide par la douceur d’une relation naissante entre deux êtres confrontés à la Mort.

En somme, l’œuvre prend à contre-pied nos attentes et nous offre un récit misant plus sur l’émotionnel que le spectaculaire. Un voyage intimiste empli de tendresse sur un sujet paradoxalement difficile. Vanishing a le mérite de proposer une approche atypique même s’il risque de mettre en déroute certains spectateurs. Une chose est sure, il laissera personne indifférent.

Massacre à la tronçonneuse de David Blue Garcia

Massacre à la tronçonneuse de David Blue Garcia

En 2013 le public découvre Fede Alvarez avec son remake radical d’Evil Dead. Cette relecture gore et dénué d’humour divise énormément. Nous retrouvons d’un côté les personnes attachées à la vision de Sam Raimi et de l’autre celles acceptant cette alternative. En 2018 sort Halloween 

Furie d’Olivier Abbou

Furie d’Olivier Abbou

Après avoir réalisé quelques courts-métrages entre 1998 et 2004 et la mini-série Canal + Madame Hollywood, Olivier Abbou passe au format long en 2007 avec le méconnu Territoires. Dix années plus tard, l’auteur revient nous présenter son second film. Ouvrant sur une douce soirée d’été 

Broadcast Signal Intrusion de Jacob Gentry

Broadcast Signal Intrusion de Jacob Gentry

Débutant sa carrière à l’aube du XXIéme siécle, Jacob Gentry a depuis travaillé sur une dizaine de projets notamment pour le petit écran. Parmi ceux-ci, nous pouvons noter The Signal qui fut distribué directement en DVD en France et co-réalisé entre autres par David Bruckner.
Sa dernière création prolonge son exploration des ondes hertziennes et leurs perceptions par l’individu.

Nous sommes ramenés à la fin des années 90, période où les vidéo-club avaient le vent en poupe et la VHS vivait ses derniers instants de gloire. La retranscription de cette période se ressent principalement par l’omniprésence des appareils électroniques entourant notre protagoniste. L’environnement regorge de télévisions cathodiques, de caméscopes, de magnétoscopes et consort.
Le quotidien de notre homme se fond dans ce milieu saturé de pixels. Nous cernons rapidement la routine dans laquelle il évolue et ses tourments.  Ce cadre posé permet de rapidement plonger au cœur du récit et dans cette enquête teintée d’une paranoïa aiguë. La suite des événements est donc un jeu de piste où chaque élément glané permet de remonter à la source de cette diffusion pirate.

Durant son investigation, notre détective amateur va croiser son lot de personnages atypiques renforçant la nature cryptique de ces vidéos. Nous découvrons l’impact qu’a eu ce piratage à différents niveaux (judiciaire, civil,…). Nous sommes ainsi amenées à explorer des recoins cachés ou oublier de la société que cela soit des sous-sols encombrés en pleine ville ou des habitation totalement isolées. Nous avons ainsi la sensation que le phénomène n’est pas local mais a un impact sur une grande échelle, que nous nous confrontons à quelque chose qui nous dépasse. Ces éléments contribuent à installer un climat de psychose générale affectant autant notre protagoniste que le spectateur.

homme masque blanc levre rouge

Outre son intérêt scénaristique, ces différentes rencontres permettent de dynamiser le récit. Chaque nouvelle information récupérée relance constamment cette course vers une vérité obscure. Notre attention ne démord donc jamais. La paranoïa nous contamine à mesure que nous avançons dans cette histoire.
Tout comme l’archiviste, nous analysons chacune des images projetées pour tenter de capter le moindre indice pouvant nous aider à comprendre le mystère derrière ce piratage. L’auteur nous laisse peu de temps mort dans cette course effrénée. Nous sommes ainsi conditionnés à vivre à travers la trajectoire de notre protagoniste. La prise de recul est limitée et accentue notre immersion dans son monde. Le sentiment d’oppression croit à mesure que nous avançons jusqu’à un dénouement déstabilisant.

En effet, la trajectoire adoptée crée une tension qui s’accumule au fil du temps. Lorsque nous nous rapprochons de la réponse tant attendu, nous avons aussi l’impression de nous rapprocher d’un danger imminent. Ce ressenti induit une conclusion cathartique autant pour notre détective amateur que le spectateur.
Or, l’auteur opte pour une autre approche qui annihile ce processus. Cette dernière nous offre les ultimes clés de compréhension afin de construire notre propre explication sur le voyage que nous avons entrepris. La fin est ainsi ouverte à interprétation. Elle est à la fois frustrante d’un point de vue émotionnel mais cohérente par rapport à son univers.

En somme, Broadcast Signal Intrusion est une œuvre captivante de bout en bout. L’auteur maîtrise son sujet et nous offre un solide thriller. Le prochain projet de Jacob Gentry délaissera l’univers numérique pour nous narrer une course-poursuite dans un monde futuristique.

Arthur Rambo de Laurent Cantet

Arthur Rambo de Laurent Cantet

Quatorze années après Entre les murs, Laurent Cantet retrouve Rabah Naït Oufella pour incarner le personnage principal de son nouveau film. Le récit s’inspire d’un fait médiatique datant de 2017 impliquant l’écrivain Mehdi Meklat. L’œuvre amorce alors que notre jeune auteur est en pleine ascension. 

Bull de Paul Andrew Williams

Bull de Paul Andrew Williams

Découvert en 2007 avec l’éprouvant London to Brighton, Paul Andrew Williams s’est lentement forgé une carrière discrète mais de bonne facture. Au fil des années, l’auteur a navigué entre différents genres : la comédie horrifique, le home invasion, la romcom ou encore le thriller urbain.L’homme 

Residue de Merawi Gerima

Residue de Merawi Gerima

Fils du cinéaste éthiopien Haile Gerima, membre du mouvement cinématographique L.A. Rebellion, Merawi Gerima semble prolonger la démarche de son père avec sa première réalisation.

Ouvrant sur un rassemblement festif en pleine rue, nous sommes plongés dans un environnement urbain au plus proche des individus et ressentons l’effervescence de l’événement. La séquence suivante contrebalance totalement ce ressenti puisque nous sommes aux côtés de Jay durant son calme trajet vers sa terre natale.
La suite des événements se concentrera uniquement sur la quête de ce jeune homme tentant de reprendre ses repères dans un quartier en pleine transformation. Sa volonté d’effectuer un film sur ses rues n’est qu’un prétexte pour retrouver ses anciens compagnons et rattraper le temps perdu. Nous l’observons donc déambuler sur le pavé à observer ces maisons si familières et pourtant bien différentes maintenant.
À travers son parcours, l’auteur retranscrit le vécu d’une part de la communauté afro-américaine. Les rencontres effectuaient par Jay nous permettent de comprendre comment était le secteur avant et la manière dont la gentrification à impacter son développement. Elles mettent aussi en évidence la fissure qui se crée entre ceux qui sont restés toutes ces années et ceux qui sont partis bien avant.

Pour ceux qui ont quitté cet environnement, l’emménagement dans un autre cadre n’est pas forcément signe d’évolution positive. Il est le reflet d’une volonté de quitter un déterminisme social et de tenter de se construire un avenir meilleur. Pour autant, nous voyons bien qu’un changement de décor n’est pas suffisant pour trouver la paix. Les éléments extérieurs propres à la fracture sociale et au néo-libéralisme se vivent au quotidien indépendamment de notre localisation. Dans ce film, il se reflète à travers le marché immobilier et ses conséquences.
Pour ceux qui sont restés, la peine est multiple. Il faut accepter le déménagement d’êtres chers, faire face à l’arrivée de voisins déconnectés de leur réalité et tenter de survivre au quotidien. Le destin est tragique d’autant que ceux qui demeurent peuvent être amenés à partir. Cette absence peut être temporaire pour ceux finissant en prison ou définitive pour ceux reposant dans un cercueil. Les rescapés portent ainsi le poids de tous ces maux dans un silence douloureux.
Hormis ces deux trajectoires, nous quittons parfois Jay pour nous positionner aux côtés des nouveaux résidents du quartier. Nous découvrons ainsi à quel point ces individus sont totalement en décalage avec la réalité de leurs voisins. Ces moments mettent en évidence à quel point l’embourgeoisement d’un district s’effectue au détriment de son Histoire préexistante. À l’image des travaux de réfection des maisons nouvellement achetées, l’arrivée de ces personnes impliquent la remise à neuf de la culture locale afin de l’uniformiser avec celle de la culture blanche.

Residue Merawi Gerima Screenshooter

Afin de narrer cette tragédie, Merawi Gerima opte pour une mise en scène sensitive pertinente. La caméra se pose toujours à hauteur de ses personnages. Elle est proche d’eux pour saisir leurs émotions et parfois prend une certaine distance par pudeur face à la découverte de leur vécu.
Pour revivre les moments d’antan, un léger filtre est appliqué distordant légèrement l’image. Nous avons ainsi la sensation de plonger dans l’esprit de Jay et de revivre ses souvenirs quelque peu effacés. Loin d’édulcorer sa jeunesse, nous revivons autant d’instants doux que tragiques.
De même, pour accentuer le fait de vivre ce récit à travers Jay, l’auteur incorpore fréquemment des scènes de vie dénuées de dialogue. Nous nous perdons ainsi dans l’environnement sonore et nous concentrons sur l’émotion qui en découle. La scène du parloir synthétise parfaitement la démarche artistique.
Afin d’accentuer notre position omnisciente, la trame narrative ne suit aucune chronologie. Nous sommes plongés dans les pensées du jeune homme. Les scènes s’entremêlent donc sans aucun effet d’annonce.

Au final, Residue est une œuvre se vivant autant qu’elle se visionne. Le rythme lancinant et la déconstruction de la trame temporelle pourraient en déstabiliser certains mais le choix est en cohérence avec l’approche adoptée. L’auteur crée ainsi un premier long-métrage maîtrisé et d’une belle sensibilité.

Friandise de Rémy Barbe

Friandise de Rémy Barbe

Après le funèbre Et le Diable rit avec moi sorti en 2018, Rémy Barbe revient à la réalisation pour nous narrer une nouvelle déception amoureuse avec Friandise. Prenant place dans un foyer bourgeois, nous découvrons le quotidien de Léon et Adélaïde. L’auteur alterne instants présents