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Flesh mask

Synopsis:

Durant Halloween, un groupe d'amis croise une maison hantée "extrême", qui va les confronter à leurs peurs les plus sombres.

Haunt Scott Beck  Bryan Woods Screenshooter

Mon avis:

Deuxième réalisation de Scott Beck et Bryan Woods, l’œuvre s'est particulièrement fait remarquer aux États-Unis via sa diffusion sur la plateforme Shudder.
Sur le papier, il est difficile de comprendre l’engouement du public tant l’œuvre a tous les aspects d’un slasher lambda.

La première partie confirme ce ressenti. Nous découvrons les différents protagonistes et leur environnement. Les relations présentaient sont convenues sans pour autant être caricaturaux.  Nous obtenons ainsi un aperçu des personnalités respectives.
Nous arrivons rapidement à notre destination finale et ce d’une manière pour le moins incongrue. On sent l'utilisation de ressorts scénaristiques au détriment d'une évolution naturelle des actions. La suite des événements ne réservera pas de grande surprise. Du moins jusqu’à ce que les cadavres commencent à s’accumuler.

En effet, une fois passée la première moitié de la bobine. Les auteurs amorcent un jeu de massacre particulièrement graphique et ponctué de moment de tensions efficaces. La variété des pièces du lieu permet de diversifier les confrontations. Il en est de même de par la pluralité des bourreaux. Chacun d’eux, bien qu'inconnus, à une identité visuelle et un modus operandi qui leur sont propres. Les mises à mort sont frontales. Les blessures provoquées nous sont présentées sans s'y attarder. Cette approche permet de décupler l'impact des coups sans tomber dans une complaisance face aux actes perpétrés.
Comme tout slasher respectant son cahier des charges, Haunt a sa final girl. Cette dernière est rapidement identifiable. Son passif est développé aux cours des événements. II permet de mettre en parallèle la situation actuelle avec le traumatisme de son enfance. Ces éléments sont bien exploités et mis à profit lors de son final via une situation anxiogène où une pièce se transforme en escape game malsain.
Le rythme monte donc de manière crescendo et culmine via une succession de confrontations particulièrement sanglantes. De par sa durée d’une heure trente, les auteurs évitent ainsi une quelconque baisse de régime et décide d'aller à l'essentiel.

Haunt Scott Beck  Bryan Woods Screenshooter Katie Stevens

Outre sa trajectoire scénaristique basique mais efficace, un autre élément lui permet de se démarquer du lot. Il réside dans l’identité des bourreaux.  Le duo a conscience de l’impact qu’aura cette révélation et en joue tout au long de l’œuvre. La découverte n'en est que plus délectable. Elle apporte une dimension d’autant plus sadique dans le jeu établi. Sans avoir à expliciter le passif de ces êtres, nous sommes amené à deviner les atrocités perpétraient pouvant expliquer ce résultat.

En somme, Haunt s'adresse principalement aux aficionados du genre. Il est demandé au public d’accepter une première partie très linéaire pour être ensuite récompensé par le second segment. L'oeuvre offre ainsi sans prétention aucune un divertissement honnête ne cherchant ni à complexifier inutilement sa trame ni à édulcorer les actes perpétrés.
En attendant de retrouver le duo pour un nouveaux projet en tant que réalisateur, nous pourrons découvrir une nouvelle proposition d'horreur avec leur scénario de Sans un bruit 2. 



Haunt de Scott Beck & Bryan Woods

mardi 28 juillet 2020


Silent Terror

Synopsis:

Cecilia Kass est en couple avec un brillant et riche scientifique. Ne supportant plus son comportement violent et tyrannique, elle prend la fuite une nuit et se réfugie auprès de sa sœur, leur ami d'enfance et sa fille adolescente.
Mais quand l'homme se suicide en laissant à Cecilia une part importante de son immense fortune, celle-ci commence à se demander s'il est réellement mort.

Insible Man Leigh Whannell Screenshooter  Elisabeth Moss

Mon avis:

Après s’être fait remarquer avec l'efficace Upgrade, Leigh Whannell propose une relecture du roman d'H.G. Wells pour le compte de BlumHouse.

Ouvrant sur une évasion silencieusement tendue, l’auteur défini efficacement la situation dans laquelle se trouve notre protagoniste. Une courte ellipse nous permet de retrouver Cecilia dans son nouvel environnement. Nous assistons dans un premier temps à sa tentative de reconstruction d’un semblant de vie malgré les traumatismes subits. Nous avons ainsi le temps de comprendre comment cette femme s’est retrouvée dans cette relation toxique et les liens l’unissant à son entourage.
Une fois cette base assimilée, le réalisateur injecte lentement une présence menaçante dans ce nouveau quotidien. Cette dernière est suggérée via les mouvements de caméra ainsi que par la réaction de notre personnage principal. Les péripéties vont permettre de comprendre la nature du danger tout en plongeant Cecilia dans une spirale infernale où personne n’en réchappera indemne.

Là où nous avons l'habitude de suivre l'Homme Invisible dans ses tourments tout au long de l’histoire, l’entité se retrouve ici être la menace indicible du personnage principal. Cette inversion de point de vue donne une autre dimension à cette créature. Habituellement, de l’empathie se développe pour l’Homme pour ensuite être mis à mal lorsqu’il commet des actes répréhensibles.
Dans le cas présent, nous ne connaissons cet être qu’à travers la perception de l’héroïne. Il est immédiatement catégorisé comme méprisable et toxique. L’ensemble des événements ne feront que confirmer cette impression initiale.
L’auteur transforme ainsi l'habituelle descente aux enfers d’un scientifique trop ambitieux en un thriller féminin faisant parfaitement écho à une partie des maux de notre société contemporaine.

Insible Man Leigh Whannell Screenshooter  Elisabeth Moss

Cet axe de développement est pertinent et permet de dépoussiérer la mythologie. Malheureusement, l'exécution accumule certains partis pris empêchant d’apprécier pleinement ce potentiel.
En effet, le choix d’adopter un rythme lent est bénéfique dans un premier temps puisqu’il permet de connaître notre protagoniste et son passif. Il devient un handicap lorsque l’auteur rentre dans le vif du sujet. Une fois la menace présente, on aurait pu espérer une accélération de tempo afin d’augmenter la tension des situations. Il n’en est rien. L’auteur opte pour un rythme de croisière où quelques confrontations viendront troubler le calme ambiant.
De ce fait, bien que l’approche sur le sujet soit originale, nous avons tout le temps d’analyser la trajectoire scénaristique de l’œuvre. Or, cette dernière est pour le moins prévisible. Les mécanismes sont convenus et le déroulement des événements n'est guère surprenant.
Seule la quête quant à la nature de la menace permet de tenir en haleine le spectateur, ce qui est bien mince. À cela s'ajoute quelques incohérences notamment sur le dernier acte. Loin d'offrir une conclusion au récit, le final amène énormément de questions quant à la version des faits présentée par rapport à la réalité de ces événements.

En somme, Invisible Man offre une relecture intéressante de la mythologie mais le recours à des mécanismes conventionnelles nous empêche de nous investir pleinement dans cette proposition. Nous nous retrouvons donc avec un résultat frustrant où la forme ne parvient pas à être à la hauteur du fond. En tant que thriller technologique, on préférera Upgrade du même auteur. Pour une adaptation moderne de l'Homme Invisible, Hollow Man reste bien plus intéressant car maitrisé de bout en bout.
Pour son prochain projet, Leigh Whannell se concentre sur un autre monstre d'Universal : Le loup-garou. On ne peut qu’espérer que le tire sera corriger pour cette nouvelle itération.

Invisible Man de Leigh Whannell

mercredi 22 juillet 2020

Falling empire

Synopsis:

Après l'assassinat d'un chef mafieux, des gangs se livrent à une lutte à mort pour le contrôle du Londres Underground.

Gangs of London saison 1 Gareth Evans Matt Flannery Screenshooter

Mon avis:

Mis sur le devant de la scène avec The Raid, Gareth Evans avait pour projet de faire une trilogie à partir de son œuvre de 2011. Six années après le second opus, il parait évident que la conclusion espérée ne verra jamais le jour. L’auteur s’est par la suite éloigné des films d’action pour alimenter le catalogue Netflix avec Le bon apôtre.
C’est donc avec plaisir qu’on le retrouve aux commandes d’une série anglaise sonnant comme un retour vers ses premiers amours. Pour nous narrer le gangstérisme londonien, le réalisateur fait appel à Xavier Gens et Corin Hardy pour mettre en boîte cette saison de neuf épisodes.

L’œuvre se penche sur la gestion d’un empire criminel suite à l’assassinat de son dirigeant. Le premier épisode adopte un format long d’une heure trente afin de nous présenter les différents partenaires du clan Wallace, à la tête de cette organisation. La diversité des domaines d’activités et les spécificités de ces différentes factions justifient la durée de cette introduction. Nous sommes ainsi aptes à comprendre les enjeux initiaux suite à ce meurtre et de faire connaissance avec les différents protagonistes.
La suite des événements densifie progressivement le récit. On passe d’un simple règlement de compte commandité par une bande dissidente à un complot bien plus complexe. Cette évolution est amenée progressivement au gré des investigations de différents individus. Bien plus que les scènes d’actions ponctuant l’œuvre, l’atout principal de la série réside dans sa capacité à investir le monde du grand banditisme londonien en jouant avec les codes sans tomber dans les clichés propres au genre.

Gangs of London saison 1 Gareth Evans Matt Flannery Screenshooter

Là où on aurait pu s’attendre à suivre le récit qu’à travers la vision de la famille Wallace, les auteurs optent pour la multiplicité des points de vue. Ce parti-pris sert autant dans la construction de l’univers que dans la gestion du rythme.
Nous avons une meilleure compréhension du fonctionnement de cet empire, de la façon dont chacun contribue à son essor mais aussi à quel point une telle entreprise peut être fragile. Chaque personnage a le temps d’être développé et de dévoiler son rôle au sein de l’organisation mais aussi les raisons l’ayant amené jusqu’ici. La structure de cette saison est adaptée à ce choix en consacrant certains épisodes à un individu spécifique.
Grâce à ce procédé, la gestion du rythme se retrouve être maitrisé de bout en bout. On alterne constamment entre les investigations sur les commanditaires du meurtre et divers affrontements nerveux.

La capacité de Gareth Evans à développer un univers aussi dense et crédible est une belle surprise. The Raid 2 montrait déjà la volonté de cet auteur à investir en profondeur les milieux criminelles, Gang of London est le murissement de ce procédé.
À cela s’ajoute la création de confrontations variées allant de la longue fusillade entre deux factions interposées à l’affrontement Mano a Mano. On retrouve la mise en scène dynamique longuement éprouvée lors de ses précédentes œuvres. La caméra s’adapte continuellement à la situation captée et suit le mouvement des corps pour mieux retranscrire les impacts des coups.

Si l’on pouvait encore regretter l’absence de conclusion pour sa trilogie indonésienne, le réalisateur nous propose une alternative extrêmement galvanisante avec cette série. Les neufs épisodes s’enchainent à un rythme effréné et se conclut avec brio.


Gangs of London saison 1 de Gareth Evans & Matt Flannery

mercredi 24 juin 2020