Étiquette : epouvante

The Wretched de  Brett Pierce et Drew T. Pierce

The Wretched de Brett Pierce et Drew T. Pierce

Découvert en France notamment pour les lecteurs de Mad Movies avec la comédie horrifique Dead Heads, les frères Pierce reviennent à la réalisation dix ans plus tard pour renouer avec le film de genre. Brett et Drew continuent de suivre les tendances et délaissent donc 

Them : Covenant de Little Marvin

Them : Covenant de Little Marvin

Série anthologique en devenir, Them est une création de Little Marvin et est notamment produite par Lena Waithe. Cette première saison intitulée Covenant nous positionne aux côtés d’une famille afro-américaine tentant de se reconstruire après un évènement traumatique. Le premier épisode est une exposition efficace 

Scare me de Josh Ruben

Scare me de Josh Ruben

L’univers horrifique nous berce depuis des décennies avec des anthologies que ce soit sous forme de comics avec Creepshow, de séries avec American Horror Story ou de films avec The Mortuary Collection.
Dans le septième art, il est courant de se retrouver avec des œuvres à la qualité variable et au fil rouge inexistant. Certains assument le délaissement de leur trame de fond pour se concentrer sur les sketches uniquement. C’est le cas de la saga V/H/S.
Il est par contre difficilement concevable qu’une anthologie se concentre sur son fil rouge plutôt que sur ses récits annexes. C’est pourtant ce que propose Josh Ruben.

Dans cette œuvre, nous sommes placés aux côtés de Fred. Le trajet le menant jusqu’au chalet donne la tonalité de l’œuvre. Nous avons un mélange d’humour et de références cinématographiques ponctuant les échanges entre la conductrice et notre protagoniste.
L’auteur prend ensuite le temps de nous présenter les lieux et les raisons amenant à ce huis-clos. Une fois ces éléments acquis, l’œuvre prend une tournure peu conventionnelle en nous invitant à plonger pleinement dans une joute verbale imagée et imaginative.
En effet, le récit reste ancré dans son lieu d’origine, le chalet et ses environs. Les histoires narrées ne sont en aucun cas des moments d’évasions. Leur présence est toute autre. Elles sont des dynamiques entre les protagonistes.

À travers les contes se jouent un combat d’égo entre deux individus diamétralement opposés.
D’un côté nous avons Fred. Il occupe un emploi quelconque en tant que cadre et rêve d’être un écrivain à succès.
De l’autre nous avons Fanny. Elle a connu la renommée suite à un livre horrifique et travaille sur son futur projet.
Cette rencontre entre deux trajectoires antagonistes provoque une confrontation riche en faux-semblants.
L’homme tente de prouver qu’il a les capacités nécessaires pour devenir romancier tandis que la femme offre une démonstration de son talent à cet auditoire réduit.
Le récit alterne donc entre ces récits et des moments d’analyse de la performance proposée. Au fil du temps, les enjeux évoluent et la frontière entre création et réalité se brouille afin d’accentuer la tension entre les personnages.

Scare me Josh Ruben Screenshooter Aya Cash

Afin de compenser son unité de lieu et de temps, l’auteur se repose entièrement sur sa mise en scène.
Plus que de simples narrateurs, le duo joue les différents rôles au sein de leurs contes. Il est captivant d’assister à leur performance. L’environnement est mis à profit afin de faciliter l’immersion. De même, bien que se déroulant dans le chalet, les effets sonores se synchronisent avec les fictions contées.
À défaut de nous montrer l’adaptation visuelle de leurs propos, nous avons la possibilité de nous imaginer les scènes en nous basant sur ces éléments.
Le spectateur devient ainsi l’audience privée de sketchs qui ne verront jamais le jour. Il est attendu de sa part une certaine implication afin de se projeter dans ces fictions.
De par cette approche, Scare Me adopte une posture théâtrale dans sa mise en scène : l’unité de décors, les artifices visuels et sonores, le jeu d’acteur haut en couleur. Nous avons ainsi une structure hybride où la cinématographie laisse place au spectacle vivant à différents instants. Une approche paradoxale sachant que le cinéma est considéré comme un spectacle mort.
Les entractes entre les différentes scènes permettent d’évaluer la prestation offerte et l’impact sur la dynamique entre les personnages. Cette alternance entre les représentations donne un rythme à l’œuvre. De même, l’auteur injecte de nouveaux éléments constamment afin d’éviter une monotonie dans les évènements.
Une fois le concept assimilé et accepté, le récit ne cesse de se renouveler et se diversifier.

En somme, l’œuvre repose l’ensemble de son univers sur le concept énoncé. Le ressenti du spectateur vis-à-vis de cette expérience dépendra de son acceptation au concept.
On retrouve dans tous les cas des qualités de mise en scène indéniables. Le film est une excellente carte de visite pour Josh Ruben. Sa proposition horrifique est pertinente et montre sa parfaite compréhension des mécanismes inhérents au genre.
On espère que son prochain projet, Werewolves within, permettra de confirmer les promesses esquissées dans ce premier long.

The Vigil de Keith Thomas

The Vigil de Keith Thomas

Débutant sa carrière avec le court-métrage Arkane, Keith Thomas enchaine deux années après avec son premier long, The Vigil. L’auteur nous place aux côtés de Yakov. Ce jeune homme de confession juive tente de se reconstruire après un événement tragique. L’introduction se déroule lors d’une 

N’ecoute pas d’Angel Gómez Hernández

N’ecoute pas d’Angel Gómez Hernández

Après avoir réalisé une petite dizaine de court-métrages, Angel Gómez Hernández passe au format long avec N’écoute pas. Distribué sur Netflix, l’œuvre s’intéresse aux mésaventures d’un couple et leur enfant dans une maison isolée. Passée une scène d’introduction annonçant les horreurs à venir, nous découvrons 

Cold Skin de Xavier Gens

Cold Skin de Xavier Gens

Avant de retrouver les salles obscures avec Budapest, Xavier Gens s’est construit une filmographie qualitativement inconstante depuis Frontière(s). Parmi ses œuvres, Cold Skin fait partie du haut du panier. Cette adaptation du roman éponyme d’Albert Sánchez Piñol nous place aux côtés d’un climatologue fuyant la civilisation pour d’obscures raisons.
En espérant obtenir la quiétude nécessaire à son introspection, l’homme déchante rapidement lorsqu’il fait la rencontre de la faune locale.

Accompagné de la voix-off du protagoniste, l’auteur nous dresse rapidement le cadre de son récit. Une fois les différents personnages présentés, nous sommes immédiatement plongés dans ce Monster Flick via une attaque nocturne anxiogène. Cette plongée quasi-immédiate dans l’action s’explique par l’approche adoptée par le metteur en scène.
Le synopsis laisse à penser que nous sommes face à un schéma classique de l’Homme face à la nature. La réalité est tout autre. Il est en effet question d’une confrontation entre deux espèces. Pour autant, là où des œuvres telles que Dog Soldier, Feast ou encore The Descent centraient leur intrigue dans la nécessité de s’extirper de cette situation, Cold Skin préfère s’intéresser sur la cohabitation entre les différentes factions via deux axes de lecture.

En premier lieu, il y a évidemment la coexistence impossible entre ces créatures autochtones et la race humaine. Au fil du récit, la thématique de l’Homme colonisateur se développe. Il permet de nuancer le point de vue que nous avons où notre duo masculin serait d’innocentes victimes cherchant simplement à se défendre. Il est d’ailleurs intéressant de replacer cette histoire dans son contexte historique. En 1914, l’Occident est une composition d’empires coloniaux. La construction de ces puissances s’est faite dans un rapport de domination perfide passant par l’avilissement des opprimés. On retrouve un processus semblable dans la confrontation entre les deux espèces. L’infériorité numérique humaine est compensée par sa puissance de feu. La présence d’une troisième entité dans le phare participera grandement à approfondir cette réflexion.

Cold Skin Xavier Gens David Oakes Screenshooter

Le second point concerne la relation entre les deux hommes. Ces deux individus que tout oppose doivent s’unir pour repousser les vagues d’ennemis une fois la nuit tombée. Cette alliance fragile s’étiole lorsque le jour se lève et qu’il s’agit de confronter leurs convictions respectives. Entre le gardien de phare misanthrope et le climatologue altruiste chaque action se révèle être un sujet de discorde. L’évolution de l’intrigue ne cessera de creuser le fossé entre ces compagnons de fortune.
La promiscuité du lieu de repli nous permet de générer de l’empathie ou de l’aversion pour ces êtres. L’impact émotionnel de leurs actes en ressort décuplé. L’auteur évite de créer deux personnages antagonistes manichéens. Il préfère nuancer leur personnalité au grès des situations . Ainsi tout au long du récit, nous sommes poussés à revoir nos jugements sur les différents individus. Le final conclura parfaitement cette analyse en mettant en avant le facteur environnemental dans la construction de notre personnalité.

Outre des thématiques intéressante, le réalisateur met aussi à profit son décor. L’œuvre est ponctuée de plans magnifiques mettant en exergue l’isolement total de ces hommes sur ces terres sauvages. L’île est un personnage à elle seule. Elle a un tempérament changeant selon les instants de la journée. Elle recèle divers secrets qui seront découverts par le jeune climatologue. À l’instar de ces créatures amphibies, le lieu est un élément auquel les hommes doivent se confronter et s’adapter pour survivre.

En somme, Xavier Gens détourne le survival horror pour se concentrer sur les comportements humains en terre inconnue. Bien que souffrant de quelques longueurs, l’œuvre est passionnante dans cette approche et éblouissante dans sa mise en scène. Il est regrettable que Cold Skin n’ait pas bénéficié une sortie au cinéma comme se fut le cas en Espagne.

Mister Babadook de Jennifer Kent

Mister Babadook de Jennifer Kent

Première réalisation de Jennifer Kent, Mister Babadook s’était constitué une très bonne réputation auprès des festivals dans lesquels il a été projeté. Il a notamment raflé un grand nombre de prix lors de la 21éme édition du festival de Gérardmer. Sur la thématique, l’œuvre est 

The mortuary collection de Ryan Spindell

The mortuary collection de Ryan Spindell

Après avoir réalisé une petite dizaine de courts-métrages en une décennie, Ryan Spindell développe son premier long avec The Mortuary Collection.  L’auteur opte pour un film à sketches. Un choix étonnant puisqu’habituellement ces projets sont affectés à plusieurs metteurs en scène. Pour autant, l’approche est 

Dibbuk de Dayan D. Oualid

Dibbuk de Dayan D. Oualid

Co-fondateur de l’Association Des Jeunes Cinéastes Indépendants et de Trois jours de marches, Dayan David Oualid a fait ses armes sur divers clips, publicités et coréalisation de courts-métrages. Avec Dibbuk, l’auteur aborde un sujet classique dans le genre, la possession démoniaque. L’originalité tient ici dans la religion dans laquelle elle puise ses racines : le judaïsme. En effet, cet axe n’est que trop rarement étudié ou, du moins, trouve difficilement accès jusqu’à nos plateformes de distributions nationales.
Hormis
Unborn et Possédée, les grosses productions s’évertuent à aborder ce sujet via le prisme du christianisme et donc à nous resservir constamment la même soupe.
Pour narrer son récit, l’auteur passe par une approche anti-spectaculaire. Nous sommes invités à suivre le parcours d’un jeune homme pieu sollicité par une femme de la communauté dont le compagnon est “souffrant”. Nous suivons chacune des étapes qui vont être entreprise par Dan, de la première consultation à l’intervention finale.
En prenant le temps d’exposer ces divers instants, nous nous sentons impliqués par la démarche entreprise. De même, le fait de ne pas expliciter les actions du protagoniste, nous pousse à la réflexion tout en conservant une part de mystère sur l’univers exploré. On s’immerge ainsi rapidement, d’autant que l’environnement urbain n’est composé que de lieux communs : métro, tour d’immeubles, ..
Dibbuk Dayan D. Oualid
Une fois ce contexte assimilé, l’auteur amorce sa seconde partie : l’exorcisme. La particularité de cette opération réside dans l’angle adopté. En effet, de la phase de recrutement des intervenants à son exécution, le réalisateur filme cela comme une opération militaire. Il renforce ainsi le réalisme de la situation et permet de garder l’humain au centre des enjeux.
En agissant ainsi, il permet de faire intervenir l’aspect surnaturel du récit par petites touches et conserver une crédibilité tout du long. Lorsque l’œuvre bascule dans sa part fantastique, le croisement des deux Mondes est d’autant plus frappant.
En somme, l’approche de la thématique confère une aura mystique sur les actions entreprises tout en réussissant à rester en terrain connu. Les individus, bien que brièvement présentés, sont crédibles. On ressent de l’empathie vis-à-vis des épreuves qu’ils traversent. L’ensemble est donc une belle réussite, sobre dans sa mise en scène et justement souligné par la musique du compositeur YOM. Le public du PIFFF ne s’y est pas trompé en lui décernant son prix : l’œil d’or. 

 
Face your demon

Face your demon

La noria de Carlos Baena: Avec son film d’animation muet, l’auteur nous embarque, durant une douzaine de minutes, aux côtés d’un jeune garçon isolé et en danger. Le bestiaire déployé est stimulant, chaque monstre a sa propre spécificité, sa propre morphologie. La course-poursuite est bien