Étiquette : epouvante

Don’t Breathe 2 de Rodo Sayagues

Don’t Breathe 2 de Rodo Sayagues

Artiste impliqué dans l’ensemble de la carrière de Fédé Alvarez, Rodo Sayagues quitte son habituel poste de scénariste pour passer à la réalisation.Pour cette première expérience, l’auteur tente l’exercice périlleux de fournir une suite à un premier opus se suffisant à lui-même. Nous retrouvons donc 

Love, Death & Robots Saison 3

Love, Death & Robots Saison 3

Après une deuxième saison quelque peu fade et trop polissé, l’anthologie animée de Netflix est de retour avec neuf nouveaux segments.   Initiant ce nouvel opus avec notre fameux trio de touristes robotiques, nous retournons en terrain connu avec cette exposition de l’absurdité humaine. Nous 

Cama Cruso de Trois jours de marche

Cama Cruso de Trois jours de marche

Société de production derrière les créations de Dayan D. Oualid (Dibbuk, Chimera), Trois jours de marche se lance dans une aventure transmedia en collaboration avec Shadowz.
L’idée est de développer un univers prenant naissance sur les réseaux sociaux, en l’occurrence TikTok, pour se poursuivre avec un long-métrage. C’est ainsi qu’un ARG voit le jour et attise la curiosité de nombreux internautes.
La première phase semble avoir porté ses fruits puisque qu’en Mai 2022, il est comptabilisé 12 millions d’interactions en lien avec ce projet.
S’ensuit donc Cama Cruso, le film supposé apporter des réponses au mystère du Gîte de la Came-Cruse.

Dans ce prolongement cinématographique, nous sommes positionnés aux côtés d’Anna. Tout comme nous, cette jeune journaliste découvre le mystère autour de ce lieu via un alléchant jeu concours. Nous retrouvons les différents éléments liés à l’ARG. Chaque phase d’investigations est détaillée. Le but étant de savoir si la nature de la menace est réelle ou purement fictive.
Les auteurs optent pour le mockumentary pour nous narrer ce récit. Ils intègrent ainsi les réflexions qu’on pu se faire le public de la première heure au sein de leur intrigue. Cette approche a l’avantage de facilité l’immersion pour des personnes n’ayant pas eu connaissance du jeu en amont. L’œuvre alterne entre exploration virtuelle des différents éléments en lien avec ce gîte et rencontres d’individus impliqué de près ou de loin avec ce lieu.

discussion homme femme exterieur

Nous parcourons ainsi l’ensemble des pistes possibles autant du côté de l’ARG que de celles tendant à penser que tout est réel.
Le souci est que pour le spectateur ayant déjà eu connaissance du mystère du Gîte de la Came-Cruse, cette phase est redondante. Nous glanons parfois des informations complémentaires mais bien trop rares pour capter l’attention de bout en bout. Notre regard est porté sur l’exploration dudit gîte et ses mystères.
Malheureusement cette étape tardera à arriver. Elle se résumera à un dernier quart d’heure focalisé sur un objectif unique. Le développement de la mythologie autour du lieu se retrouve ainsi tué dans l’œuf. Nous ressentons de la frustration tant le dénouement est bien trop expéditif.

À la fin du visionnage, une question peut se poser sur l’intention des auteurs autour de cet univers. Sa présence sur deux médias différents laissait à penser que ces formats étaient complémentaires. Pourtant, de par le résultat obtenu, nous avons plus l’impression qu’ils se dupliquent pour permettre d’être découvert par un plus large public.
De par l’évolution des médias et de leur support, la démarche est pertinente. Elle pousse à adapter sa narration en fonction du réseau investi. En cela, les auteurs l’ont très bien assimilé et ont créé deux œuvres en phase avec son audience.
Il est certain que l’appréciation du film différera de notre connaissance en amont de l’ARG.
Pour autant, sur son pendant cinématographique, nous ressentons un manque de prise de risques et d’élévation du sujet. L’œuvre se focalise beaucoup trop sur les mécanismes liés à l’ARG via le site et TikTok plutôt que de développer son propre cheminement.

En somme, Cama Cruso avait un potentiel narratif et mythologique fort intéressant qui ne débouche pas sur le résultat espéré. On espère que Trois jours de marche développera d’autres univers en affinant la formule en fonction des médiums investis.

The Medium de Banjong Pisanthanakun

The Medium de Banjong Pisanthanakun

Réalisateur thaïlandais à la carrière discrète, Banjong Pisanthanakun s’était fait remarquer au début du siècle avec l’efficace Shutter. Œuvre ayant d’ailleurs bénéficié d’un remake américain insipide. Une vingtaine d’années plus tard, nous le retrouvons avec The Medium dont le producteur n’est nul autre que l’homme 

The Wretched de  Brett Pierce et Drew T. Pierce

The Wretched de Brett Pierce et Drew T. Pierce

Découvert en France notamment pour les lecteurs de Mad Movies avec la comédie horrifique Dead Heads, les frères Pierce reviennent à la réalisation dix ans plus tard pour renouer avec le film de genre. Brett et Drew continuent de suivre les tendances et délaissent donc 

Them : Covenant de Little Marvin

Them : Covenant de Little Marvin

Série anthologique en devenir, Them est une création de Little Marvin et est notamment produite par Lena Waithe. Cette première saison intitulée Covenant nous positionne aux côtés d’une famille afro-américaine tentant de se reconstruire après un évènement traumatique.

Le premier épisode est une exposition efficace de son univers. Nous appréhendons l’ensemble des éléments nécessaires pour s’immerger dans ce milieu.
Chaque chapitre correspond à une journée au sein d’East Compton. Loin d’être une retranscription linéaire des évènements, l’œuvre mêle les enjeux présents avec la trajectoire passée de nos protagonistes.
Au fil du temps, nous obtenons ainsi un tableau complet sur le profil des individus et comprenons mieux leurs mécanismes de défense.
De même, bien que nous évoluons du côté de Lucky et sa famille, il n’est pas rare de les délaisser aux profits d’autres groupes pour mieux comprendre la trajectoire des évènements.
L’avancement du récit lève le voile sur la personnalité des protagonistes tout en développant une menace opaque autour de ces nouveaux arrivants.
Cette structure narrative permet d’avoir une meilleure compréhension des comportements individuels tout en créant une tension constante via la présence latente d’un danger autant surnaturelle que physique.

Deborah Ayorinde penchee enfant

La thématique explicite du récit est l’observation du racisme institutionnalisé aux États-Unis durant sa seconde phase ségrégationniste. Nous voyons comment des individus afro-américains subissent un harcèlement constant tout au long de leur vie quotidienne autant dans des lieux publics que privés. Nous constatons la pression que ces actes représentent à l’égard des opprimés mais aussi comment cette répression est mise en place et est alimentée.
L’originalité de l’œuvre est d’aborder le sujet des conséquences psychiques profondes qu’occasionnent ces sévices. Sans en formuler les termes scientifiques ou médicaux, les auteurs retranscrivent le développement de maladies mentales. Ces dernières sont présentées comme des mécanismes de défense pour cette famille perdant pied face à une réalité bien trop violente et inégale.
La structure des épisodes permet de se concentrer sur chacun des membres de la famille. Leur problème de santé est personnifié par une entité maléfique faisant aussi écho à l’histoire des États-Unis.

Les enjeux sont donc doubles. Il y a un combat interne à mener pour s’émanciper de mécanismes toxiques développer suite à des évènements traumatisants. Il y a aussi une lutte commune pour déjouer un système politique et social construit pour perdurer cette ségrégation d’une façon plus insidieuse.
Les auteurs évitent de tomber dans un manichéisme et tente de dresser des portraits d’individus denses pour mieux refléter les dilemmes moraux de ses personnages.
Cette complexité influe sur la trajectoire scénaristique. Certains événements de prime abord linéaires se voient parasiter par des initiatives individuelles. L’issue de cette saison n’en est que plus incertaine.

Outre ses qualités d’écriture, la réalisation est à la hauteur de son sujet. L’oppression ressentie par la famille est palpable. La retranscription de cette époque facilite l’immersion. La caractérisation des entités maléfiques est fascinante. Chacun de ces éléments est traité avec soin et permet d’obtenir une œuvre cinématographique captivante.
Nous plongeons entièrement dans ce cauchemar éveillé. L’alternance des points de vue apporte une variété d’ambiance dans cet univers et casse ainsi l’uniformisation du quartier résidentiel où réside notre famille. Cette diversité permet de garder un rythme constant sur les dix épisodes de cette saison.

En somme, Them est une belle découverte alliant une forme fascinante à un fond pertinent. Le format s’accorde ainsi parfaitement à son récit.
C’est donc avec curiosité et impatience que nous attendons les prochaines saisons de cette nouvelle anthologie.

Scare me de Josh Ruben

Scare me de Josh Ruben

L’univers horrifique nous berce depuis des décennies avec des anthologies que ce soit sous forme de comics avec Creepshow, de séries avec American Horror Story ou de films avec The Mortuary Collection. Dans le septième art, il est courant de se retrouver avec des œuvres 

The Vigil de Keith Thomas

The Vigil de Keith Thomas

Débutant sa carrière avec le court-métrage Arkane, Keith Thomas enchaine deux années après avec son premier long, The Vigil. L’auteur nous place aux côtés de Yakov. Ce jeune homme de confession juive tente de se reconstruire après un événement tragique. L’introduction se déroule lors d’une 

N’ecoute pas d’Angel Gómez Hernández

N’ecoute pas d’Angel Gómez Hernández

Après avoir réalisé une petite dizaine de court-métrages, Angel Gómez Hernández passe au format long avec N’écoute pas. Distribué sur Netflix, l’œuvre s’intéresse aux mésaventures d’un couple et leur enfant dans une maison isolée.

Passée une scène d’introduction annonçant les horreurs à venir, nous découvrons l’environnement de la famille. On comprend rapidement la situation vécue par celle-ci et notamment la particularité d’Éric, le jeune garçon.
Nous trouvons aisément nos marques dans l’univers dévoilé par l’auteur. Ce dernier nous narre le calvaire d’individus en proie à une entité surnaturelle. Une fois la thématique assimilée, il n’est guère difficile de deviner les différents mécanismes scénaristiques déployés. Sa trajectoire n’a rien de surprenant. On retrouve l’ensemble des étapes usuelles entre le déni de la situation jusqu’au recours à une aide extérieure.
De même, les manifestations surnaturelles ont un goût de déjà-vu. Pire, certains moments s’étirent plus que de raison annihilant toutes tensions. Le frisson est rarement au rendez-vous malgré la manifestation récurrente de l’être maléfique.
Au sein de cet œuvre des plus convenu, un seul élément tire son épingle du jeu et offre des sursauts d’attentions. Il s’agit du sort réservé aux protagonistes.

N'ecoute pas Angel Gómez Hernández Screenshooter

En effet, contrairement au traitement de son sujet, Angel Gómez opte pour une approche radicale pour l’évolution de ses personnages. Plus qu’une annonce sur la thématique à venir, la scène d’introduction nous présente surtout le sort réservé à tous ceux gravitant autour de cette famille et leur demeure. Nous sommes habitués à voir les protagonistes malmenés tout au long du film. La mort reste malgré tout un sort rarement infligé.
N’écoute pas s’affranchit de ce procédé et n’hésite pas à sacrifier n’importe quel individu au profit de la dynamique de son récit. Ce choix est payant. Il compense la tiédeur de l’intrigue en injectant un jeu de massacre aux mises à mort efficaces. Toute personne s’approchant trop près de cet environnement maudit se retrouve maltraitée.
On navigue ainsi entre une structure narrative convenue et des destins funestes étonnants. Cette combinaison permet de maintenir un minimum d’intérêt tout au long du film.

En somme, Angel Gómez Hernández offre un divertissement ne se démarquant pas suffisamment du tout-venant. Il en est d’autant plus dommage que sur certains aspects l’auteur apportait une radicalité bienvenue. La scène finale synthétise parfaitement ce ressenti. Nous avons un dénouement inattendu et d’une noirceur absolue mais dont la mise en scène désamorce la puissance narrative.
La frustration est d’autant plus palpable que les idées sont présentes mais manque d’une application plus rigoureuse. Difficile de ne pas penser à Atterados tant les deux partagent une thématique éculée. La différence se retrouve dans le traitement de leur sujet. Le film de Demián Rugna compense par une structure sous forme de chapitre. Il combine ainsi trois intrigues en une seule et ne nous laisse aucun temps mort.
Au vu de son sujet, l’œuvre du réalisateur ibérique aurait eu tout à gagner en s’inspirant de cette approche. On espère que ses futurs projets seront plus aboutis.

Cold Skin de Xavier Gens

Cold Skin de Xavier Gens

Avant de retrouver les salles obscures avec Budapest, Xavier Gens s’est construit une filmographie qualitativement inconstante depuis Frontière(s). Parmi ses œuvres, Cold Skin fait partie du haut du panier. Cette adaptation du roman éponyme d’Albert Sánchez Piñol nous place aux côtés d’un climatologue fuyant la