Étiquette : epouvante

Face your demon

Face your demon

La noria de Carlos Baena: Avec son film d’animation muet, l’auteur nous embarque, durant une douzaine de minutes, aux côtés d’un jeune garçon isolé et en danger. Le bestiaire déployé est stimulant, chaque monstre a sa propre spécificité, sa propre morphologie. La course-poursuite est bien 

Marianne de Samuel Bodin

Marianne de Samuel Bodin

En une bonne dizaine d’années, Samuel Bodin a eu l’occasion de donner sa vision du chevalier noir, d’explorer les tréfonds des prisons les plus dangereuses ou encore de raconter sa version du Débarquement. Cette fois, l’auteur s’attaque à la sorcellerie et décide de s’établir en 

Don’t Breathe de Fede Alvarez

Don’t Breathe de Fede Alvarez

Remarqué par Sam Raimi suite à son court-métrage Panic Attack, Fede Alvarez se vu confié les commandes du remake d’Evil Dead, avec un résultat qui divisa le public de par son approche très premier degrés du matériel d’origine. Le jeune réalisateur uruguayen revient donc après 3 ans de silence pour nous livrer une nouvelle dose de frayeurs via Don’t Breathe.

Commençant par nous présenter le quotidien de notre trio de braqueurs, on cerne rapidement le caractère et le vécu de chacun. Cette introduction permet de rendre logique les motivations les poussant à voler le butin d’un vétéran de guerre aveugle. Cette mise en place, certes convenue quant à la personnalité des trois jeunes, servira surtout à justifier et décupler l’impact émotionnel des scènes à venir.
Passé le quart d’heure de présentation, le trio part effectuer sereinement leur nouveau larcin. Évidemment, entre la théorie et la pratique, il y a un gouffre et nos protagonistes vont vite l’apprendre à leur dépens. Don’t Breathe n’est pas une œuvre dotée d’ un des scripts les plus orignaux qu’il existe, certes. Par contre, la réalisation de Fede Alvarez a le mérite de créer, à partir de ce grossier matériau, un petit bijou sombre et captivant.
En effet, ce qu’il perd en inventivité scénaristique, l’auteur le compense par sa capacité a élaborer des séquences stressantes. La mécanique du cambriolage est loin d’être convenue. Le silence est le maître-mot surtout lorsque l’occupant à l’ouïe fine. Ce détail, de prime abord anodin, va être exploité pour donner lieu à de nombreux moments de tensions et générer diverses problématiques pour les intrus. Comment sortir d’un bunker dont le propriétaire connaît chaque recoin ? Faut-il fuir pour sa vie ou récupérer coûte que coûte le butin ? Comment s’orienter silencieusement dans une bâtisse inconnue ?
Ces différentes interrogations sont d’autant plus fortes puisque l’auteur a pris le temps de nous présenter les enjeux que représente ce cambriolage. On est ainsi impliqué émotionnellement dans chaque décision prise et par ses conséquences.

Don't Breathe Fede Alvarez Jane Levy Dylan Minnette Daniel Zovatto

Outre sa capacité à créer une œuvre où la tension réside autant sur un mécanisme classique de jumpscares que dans le devenir de ses personnages, l’auteur semble avoir pleinement conscience des limites d’un huit-clos
En effet, de par son casting restreint et sa rapidité à entrer dans le vif du sujet, l’œuvre prenait le risque de vite tourner en rond et ainsi se transformer en une interminable exfiltration multipliant les tentatives de sortie. Un problème qu’élude l’auteur en injectant de nouveaux éléments en cours de route permettant ainsi de redéfinir dynamiquement les enjeux.
Outre l’évolution du récit, le facteur rendant l’ensemble captivant est assurément la facture technique de la bobine. Que se soit en élaborant des séquences silencieuses a s’en percer les tympans, en plongeant ses protagonistes dans une obscurité absolue ou en étirant certaines scènes via de long plan-séquence, Fede Alvarez multiplie les angles d’attaques afin de capturer toute la tension de ces scènes pour nous faire vivre une expérience inconfortable à souhait.
Malgré ses nombreuses qualités, Don’t Breathe n’est pas exempt de défauts. Le final, bien que riche en émotions, donne l’impression que l’auteur ne savait pas quel axe choisir pour sa conclusion et en incorpore donc plusieurs. De même, l’ultime scène du film semble plus avoir un intérêt commercial qu’artistique.
On ressent aussi, à certains moments, que le rapport de force entre le vétéran et les jeunes est faussement équilibré pour éviter de sacrifier trop rapidement certains protagonistes.

Pour autant, en adoptant un rythme où un danger immédiat en remplace un autre, ces éléments ne sont pas flagrants lors du visionnage, mais découlent plus d’une analyse post-séance.
En somme, Fede Alvarez réussit à nous captiver de bout en bout en alliant un scénario classique, mais ponctuait d’éléments malsains, à une réalisation très efficace. Une expérience délicieusement inconfortable, surtout sur grand écran, à visionner si vous êtes un afficionados de huit-clos oppressants, un fan de Stephen Lang ou encore un nostalgique de Le sous-sol de la peur de Wes Craven.

Wedding Nightmare de Tyler Gillet et Matt Bettinelli-Olpin

Wedding Nightmare de Tyler Gillet et Matt Bettinelli-Olpin

Issus du collectif Radio Silence, Tyler Gillet et Matt Bettinelli-Olpin reviennent derrière la caméra après le pitoyable The baby. Bien que le trailer fleurait bon la course à la mort dans un environnement gothique, le fait que leur précédent méfait annonçait une bonne expérience horrifique 

Midsommar d’Ari Aster

Midsommar d’Ari Aster

Après avoir été révélé avec son premier long-métrage, Hérédité, Ari Aster est de retour pour un projet aux antipodes du précédent. La lumière fait place aux ténèbres, mais l’horreur est toujours au rendez-vous. Les retours dithyrambiques et la promesse d’une expérience éprouvante avaient de quoi 

Crawl d’Alexandre Aja

Crawl d’Alexandre Aja

Après un précédent projet, la 9eme vie de Louis Drax, sortie discrètement en Blu-ray dans notre contrée, Alexandre Aja retrouve les faveurs du grand écran pour cette œuvre produite par Sam Raimi.

Neuf ans depuis Piranha 3D, le réalisateur français revient aux films de monstres. Exit la plage ensoleillée et ses jeunes insouciants aux formes avantageuses, ici, l’action prend place en Floride dans une petite ville en proie à un cyclone.
Un genre similaire pour deux œuvres à l’ambiance diamétralement opposée. 
Conscient des enjeux inhérents au huit-clos, l’auteur construit sa première partie de façon à nous familiariser avec les protagonistes, mais aussi à leur environnement.  
L’intrigue se met doucement en place. La menace du cyclone s’annonce principalement à travers les bulletins d’infos. Les reptiles, eux, font leur entrée avec fracas, une fois les bases posées.
Dès l’instant où nous rentrons dans le cœur du sujet, l’œuvre ne démord plus jusqu’à sa conclusion. Les deux personnages principaux multiplient les tentatives de survie sans que cela ne paraisse redondant.
L’environnement est mis à profit et des éléments extérieurs permettent de varier les situations. On obtient ainsi des moments de tensions s’enchaînant les uns aux autres. Par instant, l’auteur nous offre du répit et en profite pour approfondir nos connaissances sur la relation père-fille.
Crawl Alexandre Aja Kaya Scodelario Barry Pepper chien
Aguerri par l’expérience de ses précédents projets horrifiques, Alexandre Aja démontre sa maîtrise du genre et sait respecter son cahier des charges sans en aseptiser pour autant son œuvre. En ressort donc des saillies sanglantes des plus efficaces tout en évitant de verser dans un gore excessif et donc artificiel.
Il en est de même dans la caractérisation de ses personnages. Bien que restreint à un rôle prédéfini, il leur donne suffisamment de profondeur pour rendre les interactions naturelles et provoquer ainsi de l’empathie. 
On ressent la volonté de l’auteur de livrer un divertissement honnête envers son public tout en restant dans une thématique très appréciée aux États-Unis : la famille comme équilibre sociale. Cette sacro-sainte cellule, bien que dysfonctionnelle, se doit donc d’être mise à l’honneur.  Cet aspect aurait pu être handicapant, voire poussif, mais, de par sa manière de malmener ses protagonistes, elle confère finalement un enjeu et une dynamique crédibilisant son récit. 
De même, la capacité de ce duo à surmonter leurs blessures, pour aller de l’avant, nous laisse dubitatif sur son aspect réaliste. Pour autant, en faisant appel à un ensemble de conséquences, plausibles lors du passage d’un cyclone, on obtient un rythme constamment relancé permettant de faire accepter cette facilité scénaristique.
Crawl est donc à la hauteur des attentes liées à son genre, c’est-à-dire une bonne utilisation de la menace reptilienne, un groupe de protagonistes crédibles, une bonne dose de sang et un rythme maîtrisé. 
La combinaison Aja/Raimi est payante. On ne peut qu’espérer que ces deux artistes réitéreront l’expérience.  
 
Brightburn de David Yarovesky

Brightburn de David Yarovesky

En 2017, James Gunn annonce la mise en production d’un projet horrifique. Suite à son limogeage, par Disney, de la direction Des gardiens de la galaxie, l’auteur s’affaire donc sur cette uchronie autour de l’univers de Superman. Le poste de réalisateur est alors confié à 

Falling Water de Henry Bromell et Blake Masters

Falling Water de Henry Bromell et Blake Masters

Après avoir collaboré sur Rubicon et Brotherhood, Henry Bromell et Blake Masters reviennent nous offrir une nouvelle série : Falling Water. Nous suivons le quotidien de trois personnes que tout semble opposer. Burton, ancien militaire reconverti en consultant en sécurité d’entreprise, tente de retrouver sa 

Framed de Marc Martínez Jordán

Framed de Marc Martínez Jordán

Quatrième projet de Marc Martínez Jordán, Framed est son premier long-métrage. Au vu de son parcours, forgé au grès de projets dans le domaine de l’horreur, il n’est pas étonnant que l’homme aborde ce thriller par le biais de l’ultra-violence. On retrouve d’ailleurs la figure du boogeyman, à travers l’un des intrus, ici réduit au rôle de rabatteur. L’auteur ne nous épargne aucun des sévices subit par le groupe d’amis. Chaque châtiment nous est présenté frontalement. Ainsi, de par sa forme, l’œuvre garde cette identité horrifique en versant dans le gore.Pour autant, Framed se distingue particulièrement par ses choix scénaristiques et tonals. En effet, dès ses premiers instants, le second degré est très présent, autant dans la caractérisation des protagonistes que dans les situations. Les personnages sont bien définis et avec des convictions variées rendant leurs interactions riches. L’auteur peut ainsi dérouler en toile de fond son analyse de la virtualité et ses médiums.
En effet, bien que l’œuvre remplit son cahier des charges sur le plan du divertissement, elle n’en n’oublie pas pour autant de s’ancrer dans une réalité contemporaine plus que crédible et nous interroge ainsi sur notre relation avec l’Internet. Pour cela, chaque personnage incarne une opinion plus ou moins tranchée sur ce sujet, allant du rejet, pour préserver son anonymat, à l’addiction, pour générer du buzz.
On fait ainsi face à des problématiques telles que l’effacement de la réalité au profit de la viralité ou du vécu par procuration aux travers des écrans. Il en résulte une distanciation sur les évènements visualisés et une perte d’empathie au profit d’une euphorie sur les interactions virtuelles que cela suscite.

Framed homme mur affiche

L’intelligence de l’auteur est de dérouler ces réflexions via une confrontation constante entre les personnages. D’un côté, il y a le groupe d’amis, aux avis divergents et acteurs passifs de ce système. De l’autre, il y a le trio d’intrus, fruits de la viralité et acteurs de premiers plans sur les évènements diffusés sur la toile.
Outre la confrontation classique entre proies et bourreaux, il y a aussi ce rappel à la réalité. Lorsque nous sommes impliqués entièrement et physiquement dans une situation, il n’est plus possible d’y échapper. Aucun écran ou application ne permettra de nous en évader.

Dans l’ensemble, donc, l’œuvre réussit autant à divertir qu’à nous interroger sur notre rapport avec nos nouvelles technologies. Il est, cependant, regrettable que le montage ne soit pas à la hauteur des émotions que l’auteur veut nous faire ressentir. En effet, les scènes sont trop découpées, nous empêchant de s’imprégner de l’atmosphère dégagée par l’enchaînement des péripéties.
Framed reste une très bonne surprise, réussissant à transcender son statut d’home invasion hardcore pour devenir un miroir sur nos dérives technologiques. En attendant de découvrir quel sera la thématique de son prochain long, Marc Martínez Jordán sortira Your last day on earth, un court-métrage pour le moins intriguant.