Étiquette : thriller

L’inciseur de Christian Alvart

L’inciseur de Christian Alvart

Adaptation du roman éponyme de Michael Tsokos et Sebastian Fitzek, Christian Alvart poursuit son exploration du côté sombre de la société allemande dix ans après son Antibodies. Dans ce nouveau long métrage, nous suivons parallèlement la trajectoire de deux individus qui de prime abord tout 

Don’t Breathe 2 de Rodo Sayagues

Don’t Breathe 2 de Rodo Sayagues

Artiste impliqué dans l’ensemble de la carrière de Fédé Alvarez, Rodo Sayagues quitte son habituel poste de scénariste pour passer à la réalisation.Pour cette première expérience, l’auteur tente l’exercice périlleux de fournir une suite à un premier opus se suffisant à lui-même. Nous retrouvons donc 

Furie d’Olivier Abbou

Furie d’Olivier Abbou

Après avoir réalisé quelques courts-métrages entre 1998 et 2004 et la mini-série Canal + Madame Hollywood, Olivier Abbou passe au format long en 2007 avec le méconnu Territoires. Dix années plus tard, l’auteur revient nous présenter son second film.

Ouvrant sur une douce soirée d’été en pleine nature, nous découvrons Paul et sa famille profitant de la fin de leurs vacances. Ce moment d’accalmie sera le dernier qu’ils partageront puisque le retour vers leur foyer sera le début d’un long combat pour récupérer leur propriété. Pour mieux nous immerger dans ce récit, nous suivons scrupuleusement chacune des tentatives du couple pour récupérer leur bien. Ce lent processus nous permet de mieux ressentir l’épuisement d’une telle démarche. Nous observons au plus près l’érosion naissant au sein du couple.
Il est captivant d’analyser la personnalité respective de Chloé et Paul. D’un côté, nous avons une femme énergique, extravertie et abordant avec recul et sérénité la situation présente. De l’autre côté, nous avons un mari discret, d’un calme apparent mais animé d’une rage palpable face à cette dépossession.
Cette opposition de caractères et d’attitude face à leur réalité crée une dynamique dans le récit. Ces différents échanges sur la façon de gérer cette situation nous permettent de comprendre l’évolution de leur état d’esprit. Un fossé se creuse entre ces deux individus. Nous le constatons à travers le prisme de Paul. Nous voyons comment son quotidien est chamboulé par cet événement. Nous observons le glissement qu’il opère à mesure que les échecs s’accumulent.
Une dualité éclot ainsi en lui entre son socle social dans lequel il s’ancre et l’émergence de sentiments plus viscéraux. En effet, nous comprenons via ses interactions qu’il s’est construit sa place actuelle à force d’abnégation de soi pour être un citoyen modèle. Nous déduisons que pour éviter toutes remarques en lien avec sa couleur de peau ou ses origines, il a bâti une personnalité lisse évitant ainsi tout conflit. Ce combat juridique remet ainsi en question l’ensemble de son parcours.

Furie Olivier Abbou Screenshooter Adama Niane Stephane Caillard

Olivier Abbou opte donc pour la retranscription d’un drame social où les enjeux sont multiples. Nous avons les motivations individuelles, voire égocentriques, de Paul le menant à fréquenter un nouvel entourage bien différent de son quotidien. En fil rouge, nous avons cette volonté commune du couple à retrouver leur foyer et leur harmonie.
Ces deux trames se jouent en parallèle et font se croiser l’ensemble des personnages impliqués dans cette histoire. On obtient ainsi un rythme lancinant mais tendu. Cette tension devient de plus en plus palpable à mesure que le désespoir de Paul grandit. Nous ressentons la lutte interne qui l’habite ainsi que les conséquences de ses errements envers son entourage.

L’auteur retarde au maximum le point de rupture. Il peut ainsi approfondir la psychologie de ses personnages. Les différentes interactions nous rapprochent de ces individus. Nous ressentons de l’empathie ou de l’aversion face aux situations vécues. Ce ressenti est mis à profit dans un final tétanisant.
En effet, les derniers instants de l’œuvre basculent dans un home invasion âpre et intense. Il met à mal les sentiments nourris pour ces protagonistes. Cette conclusion logique sonne comme un châtiment infligé au patriarche pour son incapacité à se décider sur la démarche à adopter.

En somme, Furie est un rude voyage aux côtés d’un individu en pleine dualité. L’approche est pertinente. L’auteur offre une réalisation des plus juste pour nous immerger dans ce périple.
En attendant un nouveau long métrage tout aussi captivant, nous pourrons retrouver l’artiste à la création d’une nouvelle série Arte intitulé Les papillons noirs.

Broadcast Signal Intrusion de Jacob Gentry

Broadcast Signal Intrusion de Jacob Gentry

Débutant sa carrière à l’aube du XXIéme siécle, Jacob Gentry a depuis travaillé sur une dizaine de projets notamment pour le petit écran. Parmi ceux-ci, nous pouvons noter The Signal qui fut distribué directement en DVD en France et co-réalisé entre autres par David Bruckner. 

Bull de Paul Andrew Williams

Bull de Paul Andrew Williams

Découvert en 2007 avec l’éprouvant London to Brighton, Paul Andrew Williams s’est lentement forgé une carrière discrète mais de bonne facture. Au fil des années, l’auteur a navigué entre différents genres : la comédie horrifique, le home invasion, la romcom ou encore le thriller urbain.L’homme 

Defending Jacob de Mark Bomback

Defending Jacob de Mark Bomback

Œuvrant principalement en tant que scénariste pour des projets à la qualité variable, Mark Bomback revient à la création de série pour la deuxième fois avec Defending Jacob.

L’univers est efficacement défini lors du premier épisode. Nous découvrons la famille de l’adolescent, leur quotidien, leur métier et les liens les unissant. Une fois ces éléments assimilés, la découverte de la victime va remettre en question ce socle de prime abord solide.
La majorité des événements sont vécus à travers le parcours d’Andy. Sa position de père du présumé coupable et son poste de procureur adjoint nous permettent d’avoir une vue d’ensemble sur l’enquête sans s’éloigner du drame familial qui va éclore.

Au sein de cette investigation, nous observons les rouages de cet engrenage sur différentes strates : judiciaire, policière ou encore médiatique. L’alternance de ces environnements permet de suivre l’avancement des recherches. Nous comprenons ainsi comment chaque information est extirpée, traitée, diffusée et manipulée.
Jacob étant rapidement inculpé pour ce crime, la série n’a pas pour intention de traquer un tueur mais plutôt d’interroger sur la responsabilité de ce suspect. La volonté de l’œuvre n’est donc pas de nous entrainer dans une enquête policière. Elle nous propose de suivre une bataille judiciaire où deux convictions s’affrontent.
L’auteur bâti son récit sur une succession de duels où deux convictions s’affrontent faisant parfois fi de la réalité des événements. Nous avons par exemple la confrontation entre Andy et Neal pour des raisons éthiques mais aussi carriéristes.

Le patriarche est la pierre angulaire entre ce milieu et sa famille. Il est le seul parmi les siens à comprendre l’impact de chaque action. Il sait que le moindre secret est une bombe à retardement. Il est l’interlocuteur principal au sein de ces strates mais aussi pour le spectateur. Il nous apporte l’ensemble des éléments nous permettant de comprendre les enjeux en cours.
Nous nous immisçons ainsi dans sa sphère intime. Il en découle une analyse développée sous deux angles par le prisme de l’enquête et par la portée des non-dits.

Defending Jacob Mark Bomback Screenshooter Michelle Dockery

Dans un premier temps, l’auteur se focalise sur l’investigation et l’inculpation de Jacob. Nous observons comment la famille affronte ces événements. Mark Bomback a eu l’intelligence de créer une symbiose crédible entre les protagonistes. Leurs réactions semblent donc naturelles et en accord avec le caractère qui leur a été défini. Il est intéressant de voir comment ces individus affrontent un tel événement.
Il est ainsi plus facilement compréhensible et acceptable de voir ces membres s’engouffrer dans leur mensonge au détriment de la raison. Les raisons avancées leur sont personnelles mais font écho à nos propres secrets.

En effet, la quête de vérité à l’égard de la victime va profondément se répercuter au sein de la famille Barber. Le processus consistant à faire la lumière sur l’affaire judiciaire implique de braquer les projecteurs sur l’entourage du suspect.
La démarche n’est pas simplement d’analyser le passage à l’acte meurtrier mais surtout de comprendre les circonstances ayant amené à un tel drame.
Nous abordons ainsi la trame de fond abordé par l’auteur : les secrets enfouis. Mark Bomback reprend à son compte l’adage selon lequel « L’enfer est pavé de bonnes intentions ».  Il démontre ainsi comment est cimenté le socle familial entre dévouement, compromis et omission.
Au fil de la série, nous voyons le vernis de ce foyer se craqueler et révéler la nature profonde de ses membres. Chacune de ces nouvelles informations redéfinie nos aprioris à leur égard.
Il est intéressant d’observer le jeu d’équilibre qui s’opère entre la volonté d’être transparent vis-à-vis de la procédure judiciaire et celle de conserver uni son logis.

Cette double approche est passionnante. Le développement du drame familial se jouant en parallèle de l’enquête policière est pertinent. Il est intéressant de comparer cette trajectoire à celle de Your Honor. Les deux séries prennent un point de départ proche : la progéniture du personnage principal est impliquée dans la mort d’autrui. Bien que les intentions soient différentes, nous pouvons observer qu’entre la fuite et l’affrontement de la vérité les conséquences sont différentes mais tout autant dommageables. Les deux œuvres partagent cette double vision de l’affaire d’un point de vue judiciaire et intime. La différence majeure réside dans l’approche sur cette même thématique.
D’un côté Your Honor est un thriller opposant deux hommes de pouvoirs. De l’autre, nous avons un drame familial interrogeant la source du Mal et sa portée génétique notamment.

En somme, Defending Jacob est une mini-série captivante. L’auteur réussit à maintenir une tension tout au long de ses huit épisodes. Le prochain projet de Mark Bomback sera White Bird où il intervient en tant que scénariste sur cette adaptation de la bande dessinée éponyme.

La loi de Téhéran de Saeed Roustaee

La loi de Téhéran de Saeed Roustaee

Après avoir réalisé en 2016 Life and a day, Saeed Roustaee quitte la sphère familiale iranienne pour s’intéresser à un pan de la société à travers le trafic de crack. L’œuvre ouvre directement sur une opération de terrain. Nous découvrons les protagonistes à travers leurs 

Your Honor saison 1 de Peter Moffat

Your Honor saison 1 de Peter Moffat

Œuvrant depuis de nombreuses années pour la télévision, Peter Moffat a notamment été scénariste pour l’excellente série The Night Of. Avec Your Honor il poursuit son travail de transposition américaine de créations étrangères en s’offrant les services de Bryan Cranston et Michael Stuhlbarg. En un 

Captive State de Rupert Wyatt

Captive State de Rupert Wyatt

Réalisateur à la carrière aussi discrète qu’inconstante, Rupert Wyatt s’est fait connaitre du grand public avec le reboot de La planète des singes en 2011.
Sept années plus tard, il retrouve le chemin des salles obscures avec Captive State.

Ouvrant sur une scène d’évacuation à la conclusion tragique, l’auteur nous présente efficacement la sédition de la Terre au profit de l’envahisseur. Nous comprenons ainsi rapidement l’environnement dans lequel évolue Gabriel. Le suivi de son quotidien nous permet d’observer l’ordre et la répression établie.
En parallèle, nous voyons les actions d’autres individus. Ces personnes offrent une vision complète sur la refonte de la société terrienne autant pour les civils que pour les organismes “étatiques”.
Sur le fond, la thématique est donc plutôt convenue. Nous avons une situation d’oppression et le parcours d’individus souhaitant mettre fin à cette terreur.

L’intérêt du film réside dans sa construction narrative. En effet, nous débarquons dans un récit où une opération inconnue est en cours de préparation. Les personnes que nous suivons connaissent pour la plupart leur rôle à jouer dans ce pan de l’Histoire. Notre seul point d’ancrage est Gabriel. Ce dernier devient un maillon tardif au sein de cette mission. Il nous permet ainsi de glaner certaines informations pour avoir une esquisse de l’action à venir. Nous sommes ainsi invités à analyser les scènes pour comprendre les relations entre les protagonistes et deviner leurs réelles intentions.

Vera Farmiga miroir chambre

L’ensemble baigne dans une atmosphère paranoïaque et conspirationniste. Bien que nous soyons dans un film traitant d’une présence extraterrestre, les entités aliens sont peu visibles. Leur faible présence renforce le réalisme des situations. L’œuvre dégage une atmosphère plus proche des films abordant des complots en période de guerre froide plutôt qu’un film de science-fiction.
La différence réside dans le rapport de force. Les long-métrages tels que Les trois jours du Condor ou Les hommes du président avaient pour enjeux de déjouer une menace contre le système en place. Captive State est tout le contraire. Nous observons les instigateurs d’une opération visant à renverser l’Ordre établi. Cet objectif mis de côté, les mécanismes déployés sont similaires.
L’approche est pertinente et stimulante. Nous sommes captivés par la découverte des préparatifs bien que nous n’en connaissons pas la finalité.

Outre cette structure narrative judicieuse. Rupert Wyatt met à profit sa galerie de personnages pour dynamiser son récit. Nous sommes très proches de Gabriel pour suivre le déroulement des évènements. Pour autant, il est courant de changer de point de vue afin d’avoir une vision plus complète de ce qui se trame.

En somme, Captive State est un film intelligent et savamment orchestré. Sa conclusion offre toutes les réponses à nos interrogations et permet de mieux comprendre où se situe ce récit dans la chronologie de son univers. Une fois assimilé, il est difficile de ne pas faire de parallèle entre cette œuvre et le Planète des singes du même auteur.
Le long-métrage ne plaira pas forcément à tout le monde de par son approche quelque peu hermétique mais ravira les amateurs de soft science-fiction et de thrillers politiques.

The nightingale de Jennifer Kent

The nightingale de Jennifer Kent

Après la découverte de Mister Babadook en 2014, le deuxième film de Jennifer Kent aura mis à du temps à arriver dans notre contré. Sorti en 2018 en Australie, The Nightindale a reçu le prix du Jury lors de la Mostra de Venise en cette