Étiquette : thriller

Saloum de Jean Luc Herbulot

Saloum de Jean Luc Herbulot

Après quelques court-métrages dans les années 2010, Jean Luc Herbulot s’était fait remarquer avec son énergique Dealer. Il a depuis œuvré pour quelques séries telles que Falco, Ghoul et Sakho & Mangane.  Nous le retrouvons en terres africaines pour ce deuxième long-métrage.  Passée une introduction 

L’inciseur de Christian Alvart

L’inciseur de Christian Alvart

Adaptation du roman éponyme de Michael Tsokos et Sebastian Fitzek, Christian Alvart poursuit son exploration du côté sombre de la société allemande dix ans après son Antibodies. Dans ce nouveau long métrage, nous suivons parallèlement la trajectoire de deux individus qui de prime abord tout 

Don’t Breathe 2 de Rodo Sayagues

Don’t Breathe 2 de Rodo Sayagues

Artiste impliqué dans l’ensemble de la carrière de Fédé Alvarez, Rodo Sayagues quitte son habituel poste de scénariste pour passer à la réalisation.
Pour cette première expérience, l’auteur tente l’exercice périlleux de fournir une suite à un premier opus se suffisant à lui-même.

Nous retrouvons donc notre aveugle meurtri et meurtrier dans un autre environnement. Nous découvrons son nouveau lieu de résidence et surtout les êtres gravitant étonnamment autour de lui. Le changement de point de vue déroute en premier lieu. Nous avions quitté un boogeyman quasi-mutique pour observer un homme devenu botaniste et père adoptif. Une transformation clivante mais ne dénaturant pas l’identité du personnage. L’individu maintient son attitude d’ermite et reste isolé du monde.

La première partie du récit se concentre sur la présence de la jeune fille, Phoenix. Elle permet de créer de l’empathie pour ce patriarche de substitution. À travers sa rigueur transparaît une volonté de protéger cette orpheline des menaces qu’il a affronté ou engendré. Nous retrouvons ce mode de pensées propre aux survivalistes. L’éducation passe par la mise en situation de danger afin de les préparer à cette éventualité.
Évidemment, dans notre cas, cette formation ne sera pas vaine puisque des intrus vont se confronter au vieil homme et à sa protégée. Nous nous retrouvons avec une inversion du rapport de force dans cet opus. Les motivations et capacités de ces individus redéfinissent notre lecture des évènements. Les confrontations sont plus frontales. Nous observons ainsi les limites de cet ancien militaire face à des personnes autant entraînées que lui.
L’auteur joue habilement sur cet aspect pour offrir des rebondissements tout au long du récit. Le scénario reprend des mécanismes du premier opus tout en tentant d’offrir une nouvelle approche. L’intention est louable et le résultat rempli ses objectifs.

Stephent Lang brise vitre

Bien qu’agréable à suivre, l’œuvre n’arrive pas à transcender son sujet.
Les raisons sont multiples. La première déjà évoquée précédemment est cette nécessité d’offrir une justification à cette suite. Cette dernière reste faible. Les précédents évènements sont quasiment occultés pour faciliter la construction de cette nouvelle intrigue.
Cette problématique amène une autre relative à son personnage principal. La manière dont celui-ci est dépeint apporte un dilemme moral pour le spectateur. Nous le retrouvons une nouvelle fois dans sa position initiale de victime.
La différence est que cette étiquette est difficile à lui attribuer au vu de son passif. Malgré l’intention de créer de l’empathie à son égard, il est impossible d’oublier ses extractions. Nous nous retrouvons ainsi dans une posture délicate où nous développons de l’empathie pour un être que l’on a connu abject.
La trajectoire pourrait sonner comme une quête rédemptrice. Malheureusement, l’axe scénaristique ne le met jamais en évidence.
D’autant que le personnage de Phoenix aurait permis d’amener cela. Sa position est intéressante vis-à-vis des différents protagonistes. Il aurait peut-être été pertinent de centrer entièrement le récit de son point de vue. L’humanisation de notre ermite aurait pu ainsi se légitimer car dépendant d’une subjectivité.

En somme Don’t Breathe 2 est une suite acceptable au vu des enjeux inhérents à sa mise en production. L’œuvre remplit son contrat sur bien des aspects même s’il n’apporte pas de renouveaux dans ses mécanismes.

Furie d’Olivier Abbou

Furie d’Olivier Abbou

Après avoir réalisé quelques courts-métrages entre 1998 et 2004 et la mini-série Canal + Madame Hollywood, Olivier Abbou passe au format long en 2007 avec le méconnu Territoires. Dix années plus tard, l’auteur revient nous présenter son second film. Ouvrant sur une douce soirée d’été 

Broadcast Signal Intrusion de Jacob Gentry

Broadcast Signal Intrusion de Jacob Gentry

Débutant sa carrière à l’aube du XXIéme siécle, Jacob Gentry a depuis travaillé sur une dizaine de projets notamment pour le petit écran. Parmi ceux-ci, nous pouvons noter The Signal qui fut distribué directement en DVD en France et co-réalisé entre autres par David Bruckner. 

Bull de Paul Andrew Williams

Bull de Paul Andrew Williams

Découvert en 2007 avec l’éprouvant London to Brighton, Paul Andrew Williams s’est lentement forgé une carrière discrète mais de bonne facture. Au fil des années, l’auteur a navigué entre différents genres : la comédie horrifique, le home invasion, la romcom ou encore le thriller urbain.
L’homme renoue avec cette dernière catégorie avec sa nouvelle réalisation.

Ouvrant sur une lente scène figée en pleine nature où des individus s’éloigne du premier plan, le réalisateur nous offre une bouffée d’air frais. Ce moment calme tranchera avec la scène suivante où nous assistons à l’exécution d’un homme. Le cadre est ainsi posé. La quiétude et les grands espaces ne feront pas parti de l’environnement dans lequel vont évoluer nos personnages. Nous sommes amenés à suivre le parcours d’un homme sillonnant les rues d’une bourgade anglaise afin de mener un bien une mission qu’il s’est donné.
L’absence d’exposition aux événements actuels nous force à être attentif aux situations présentées. Chaque information que nous glanons nous permet de comprendre le passif entre les individus et la présence de notre protagoniste en ces lieux. Pour obtenir cette vision d’ensemble, l’auteur choisi d’alterner moments présents et passés.
Le puzzle se construit ainsi à rebours. Plus notre revenant avance dans sa quête, plus nous approfondissons son historique et les raisons de son retour en ces terres. Paradoxalement, l’accroissement de nos connaissances se fait au détriment des personnes impliquées. L’auteur jouant avec une atmosphère surnaturelle, nous pouvons interpréter que la mise à mort des partenaires d’antan permet de leur voler leurs souvenirs, les offrir aux spectateurs et ainsi compléter le tableau de sa vie révolue.

Bull Paul Andrew Williams Screenshooter David Hayman  Lois Brabin-Platt

En optant pour cette construction narrative, les ellipses s’effectuent sans que cela soit flagrant. Il y a une fluidité dans la trajectoire scénaristique. Le problème est qu’elle a un impact fort dans notre immersion. En effet, la démarche du personnage principal est autant la vengeance que de retrouver certains proches. Il est donc attendu une graduation dans la tension au fur et à mesure que la personne se rapproche de son objectif et des dangers qui s’accompagnent. Dans le cas présent, le changement constant de temporalité fait retomber cette pression.
Chaque confrontation physique est espacée par ces retours arrière plus verbeux. Ces instants nous repositionnent en tant que spectateur des évènements et non plus comme un témoin silencieux de cette expédition punitive. Il est donc difficile de développer le sentiment d’urgence lié à la quête ni celle de l’oppression liée à la traque.
Ce constat est d’autant plus dommageable que ces sensations auraient pu émerger si la chronologie des évènements avait été linéaire. L’œuvre aurait certes perdu un twist final mais aurait gagné en âpreté. D’autant que cette révélation en fin de bobine n’apporte pas grand-chose à l’intrigue.

Bull reste une œuvre maîtrisé créant un univers voyoucratique plausible où nous plongeons entièrement dans une spirale de violence. Il n’est pas étonnant que l’œuvre ai plu au public du PIFFF ni de le retrouver dans le catalogue de Shadowz. Pour son prochain projet, Paul Andrew Williams retourne vers les séries avec The Fear Index pour nous plonger dans un thriller financier.

Defending Jacob de Mark Bomback

Defending Jacob de Mark Bomback

Œuvrant principalement en tant que scénariste pour des projets à la qualité variable, Mark Bomback revient à la création de série pour la deuxième fois avec Defending Jacob. L’univers est efficacement défini lors du premier épisode. Nous découvrons la famille de l’adolescent, leur quotidien, leur 

La loi de Téhéran de Saeed Roustaee

La loi de Téhéran de Saeed Roustaee

Après avoir réalisé en 2016 Life and a day, Saeed Roustaee quitte la sphère familiale iranienne pour s’intéresser à un pan de la société à travers le trafic de crack. L’œuvre ouvre directement sur une opération de terrain. Nous découvrons les protagonistes à travers leurs 

Your Honor saison 1 de Peter Moffat

Your Honor saison 1 de Peter Moffat

Œuvrant depuis de nombreuses années pour la télévision, Peter Moffat a notamment été scénariste pour l’excellente série The Night Of. Avec Your Honor il poursuit son travail de transposition américaine de créations étrangères en s’offrant les services de Bryan Cranston et Michael Stuhlbarg.

En un premier épisode frolant la perfection, l’auteur expose son univers, ses personnages ainsi que les bases de son intrigue. Nous situons facilement les différents partis impliqués. Les ébauches des personnalités nous permettent déjà de visualiser les conséquences du drame.
La suite des événements permet de sonder l’âme humaine et ses tourments. La perte de sa progéniture ou du moins sa mise en danger redéfini nos priorités. Il met surtout à mal les valeurs que nous avons érigées pour bâtir notre statut social. De tels événements sont de cruels rappel à une réalité universelle : nul n’échappe à la Mort.
Cette trame de fond est doublée d’une inversion des rôles. L’homme de loi franchi la ligne morale non pas pour réparer un affront mais au contraire pour éviter que la justice rattrape sa famille. L’homme du Milieu découvre que le pouvoir n’est rien lorsqu’on est meurtri au plus profond de sa chair.
Cette approche altère aussi notre empathie. Nous cherchons toujours à nous positionner du bon côté, de la cause la juste. Dans cette situation il est difficile de trouver sa place entre ces deux êtres. Il faudra plutôt se tourner vers les individus en périphérie pour avoir un point d’attache émotionnel.
Nous sommes ainsi amenés à suivre leur chemin de croix respectif : une lente déconstruction de leur conviction parcourue de rencontres les éprouvant.
Ces deux trajectoires ne s’effectuent aucunement en parallèle. Au contraire, leur route ne fera que se croiser jusqu’à se joindre de façon chaotique.

Michael Stuhlbarg

Outre leur parcours respectif, nous observons aussi l’impact de cette tragédie sur divers individus gravitant autour d’eux. En effet, entre l’enquête policière et la quête vengeresse, une course poursuite est amorcée afin de découvrir la vérité en interrogeant chaque individu impliqué de près ou de loin dans cet événement. Nous obtenons ainsi une galerie de personnages en interaction constante de façon direct ou indirecte.
Cette structure permet d’éviter une linéarité de la trajectoire. Les actions individuelles redéfinissent les prises de positions établies précédemment. On obtient ainsi un engrenage meurtrier pour quiconque tentent de s’interposer.
Ces autres protagonistes ne sont pas de simple faire-valoir semant simplement des embûches face aux initiatives de ce duo antagoniste. L’auteur leur accorde l’espace nécessaire pour développer leur personnalité ainsi que leurs motivations. Nous comprenons mieux leur choix et les conséquences occasionnées. Nous pouvons aussi nous attacher à leur parcours et sommes impactés par le dénouement de leur vie.
Nous sommes d’ailleurs plus surpris par les actions des êtres en périphérie. Ils apportent une instabilité dans la progression linéaire de ces deux hommes.
Le récit met ainsi en exergue les répercussions des intérêts individuels sur le bien commun. En s’obstinant à protéger sa famille à tout prix, notre juge détruit indirectement celle des autres. Il entre dans une spirale infernale où chaque tentative d’apaisement occasionne une réaction opposée.

Sans être surprenant dans la trajectoire adoptée, l’œuvre développe efficacement ses personnages. Leur évolution est source de tension car chacun souhaite mener à bien son objectif personnel. Nous sommes ainsi affectés par les dangers pris par certains.
Outre l’empathie ressentie pour cette galerie de protagonistes, nous avons aussi une vision d’ensemble complète des enjeux et leurs répercussions.
Your Honor est donc une série remplissant aisément ses objectifs et réussit à nous tenir en haleine de bout en bout. Une seconde saison est en préparation afin de dévoiler plus encore l’enfer personnel vécu par ses personnages.

Captive State de Rupert Wyatt

Captive State de Rupert Wyatt

Réalisateur à la carrière aussi discrète qu’inconstante, Rupert Wyatt s’est fait connaitre du grand public avec le reboot de La planète des singes en 2011. Sept années plus tard, il retrouve le chemin des salles obscures avec Captive State. Ouvrant sur une scène d’évacuation à