Étiquette : drame

The Medium de Banjong Pisanthanakun

The Medium de Banjong Pisanthanakun

Réalisateur thaïlandais à la carrière discrète, Banjong Pisanthanakun s’était fait remarquer au début du siècle avec l’efficace Shutter. Œuvre ayant d’ailleurs bénéficié d’un remake américain insipide. Une vingtaine d’années plus tard, nous le retrouvons avec The Medium dont le producteur n’est nul autre que l’homme 

Euphoria saison 2 de Sam Levinson

Euphoria saison 2 de Sam Levinson

Après un détour par Netflix avec l’entraînant Malcom & Marie, Sam Levinson nous offre une deuxième saison de son percutant Euphoria. En 2019, nous découvrons un panel d’adolescents approchant dramatiquement de l’âge adulte. Les huit premiers épisodes ont permis de prendre nos marques dans cette 

Des de Luke Neal

Des de Luke Neal

Acteur à la carrière discrète, Luke Neal passe à la création pour lTV avec cette mini-série. Pour nous narrer l’affaire Dennis Nilsen, l’auteur s’entoure d’acteurs rodés à l’exercice tel que Daniel Mays et David Tennant.

Le choix de ce fait criminel est loin d’être anodin. Nous avons l’habitude de suivre une chasse à l’homme afin d’arrêter un tueur en série de poursuivre ses méfaits. Dans notre cas, nous avons des enquêteurs découvrant l’existence d’un meurtrier potentiel lors d’un banal contrôle dans un immeuble. La série suit donc l’instruction judiciaire et se focalise principalement sur la psyché du coupable présumé.
Cette approche explique grandement le format adopté. Les trois épisodes forment un triptyque sur le traitement juridique de cette affaire et le reflet de la politique sociale de cette époque.

Pour dresser ce tableau glaçant, nous naviguons entre les différents partis impliqués.
Le tueur nous offre sa psyché. À travers ses déclarations, nous comprenons ses mécanismes entraînant la mort d’autrui. Il est la conséquence dramatique de l’abandon des classes sociales les plus pauvres. Leur invisibilisation, leur marginalisation sont propices à l’élimination en toute discrétion de leur corps.

Les enquêteurs deviennent des archéologues dont l’objectif est de retrouver les vestiges des victimes afin de retracer l’Histoire. Nous découvrons une autre approche de ce métier. Le but n’est pas de stopper une extermination en cours mais de fournir les pièces nécessaires à la justice pour honorer la mémoire des morts.

Le biographe quant à lui se retrouve dans une posture inconfortable emplie de dilemmes moraux. Il évolue en équilibre constant entre la neutralité du regard, l’intimité développée avec l’interlocuteur et le devoir envers la société.
Ces trois entités nous permettent de suivre pleinement cette affaire juridique. Elles ne cessent de se confronter et ainsi de mettre à l’épreuve leurs convictions.

L’ensemble de l’œuvre repose sur ses protagonistes et leurs interactions. Les tensions naissent de ce jeu macabre consistant à récolter les preuves inculpant une personne évidemment coupable. Nous observons cette entreprise d’un point vue humain. Nous voyons comment elle impacte psychologiquement les personnes impliquées autant les proches des victimes que les policiers cherchant à rendre justice.
Cette approche met en exergue la politique sociale de cette période. Chaque protagoniste se situe dans une classe sociale différente. Ce positionnement influe sur leur lecture des évènements et l’impact qu’ils provoquent dans leurs convictions.
Ce soin apporté à l’écriture des personnages et la reconstitution de cette affaire compense largement le travail académique du metteur en scène. D’autant que les acteurs offrent une interprétation des plus justes.

En somme, Des est une très bonne série offrant une retranscription pertinente et intéressante d’une affaire criminelle peu connue. Le format adopté permet d’avoir une compréhension complète du récit sans souffrir de longueurs.

The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic de Teemu Nikki

The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic de Teemu Nikki

Amorçant sa carrière en 1995 avec Möykky, Teemu Nikki a depuis réalisé une vingtaine de court-métrages, participé à quatre séries et tourné deux films. The blind man… est son second long. Pour narrer le périple de son protagoniste, l’auteur opte pour une immersion totale. La 

Furie d’Olivier Abbou

Furie d’Olivier Abbou

Après avoir réalisé quelques courts-métrages entre 1998 et 2004 et la mini-série Canal + Madame Hollywood, Olivier Abbou passe au format long en 2007 avec le méconnu Territoires. Dix années plus tard, l’auteur revient nous présenter son second film. Ouvrant sur une douce soirée d’été 

Arthur Rambo de Laurent Cantet

Arthur Rambo de Laurent Cantet

Quatorze années après Entre les murs, Laurent Cantet retrouve Rabah Naït Oufella pour incarner le personnage principal de son nouveau film. Le récit s’inspire d’un fait médiatique datant de 2017 impliquant l’écrivain Mehdi Meklat.

L’œuvre amorce alors que notre jeune auteur est en pleine ascension. Nous le découvrons à travers une émission télé afin de promouvoir la sortie de son roman. Cette couverture médiatique et l’effervescence des réseaux sociaux contaminent autant le rythme du récit que l’écran via l’apparition d’avis numériques. Nous sommes transportés dans divers lieux et rencontrons ainsi les différents protagonistes gravitant autour de Karim D. Nous ressentons parfaitement le phénomène littéraire que représente cette personne.
Lorsque l’ensemble de ces informations sont assimilées, des éléments disruptifs font leur apparition à travers des tweets. Leur fréquence augmentera jusqu’à quitter la sphère virtuelle et mettre un terme à la sacralisation de notre homme.
La suite des événements nous aidera pour comprendre les raisons de ce compte Twitter passé et les conséquences sur sa situation présente.

Durant l’entièreté du récit, le réalisateur nous balade au sein de Paris et de sa banlieue. L’écrivain en déchéance se confronte à ses différentes connaissances et doit faire face à leur réaction.
Ces rencontres permettent à ses interlocuteurs ainsi qu’aux spectateurs de tenter de comprendre sa démarche. Nous cernons mieux sa personnalité et certaines contradictions entre ses actes, son visage public et sa vie privée.
Il est par exemple étonnant de voir Karim D. compétent lorsqu’il s’agit de retracer le parcours de sa matriarche et son combat tout en étant incapable d’effectuer une introspection vis-à-vis de son comportement passé. Alors que le début du film nous présentait l’émergence d’un homme accompli, la suite nous montre qu’il reste juvénile sur bien des aspects. Il est incapable de remettre en question la portée de ces écrits, que l’humour n’est pas un argument suffisant pour les justifier et qu’il peut devenir un mécanisme d’oppression.
Cette déchéance montre aussi l’importance de l’identité numérique dans notre vie réelle. Le digital n’est plus un univers décorrélé de notre quotidien. Il en est devenu une partie intégrante. Cette prise de conscience est loin d’être établie encore dans notre société. L’écrivain sera d’ailleurs confronté directement à cette réalité lorsqu’il découvrira l’impact de son comportement passé sur un proche.

Arthur Rambo Laurent Cantet Rabah Naït Oufella Screenshooter

Un autre sujet exposé en trame de fond est l’exemplarité demandée aux individus issus d’une minorité ethnique. S’extraire d’un déterminisme social précaire est déjà une charge physique et mentale importante. À cela s’ajoute une épée de Damoclès permanente où chaque faux pas entraînera une mise au pilori. En cela, ces personnes sont plus fragiles face à une société cannibalisant ses citoyens qu’elle considère de seconde zone.
C’est ce qu’expérimente Karim dans cette situation. Sa culpabilité dans les propos tenus est indéniable. Pour autant, le traitement appliqué est à questionner. La situation aurait-elle été traitée de la même façon pour une personne issue d’un milieu plus aisé ? L’auteur donne des éléments de réponse à travers la réaction de sa sphère intime.

Par ailleurs, la retranscription des événements sur une temporalité si réduite apporte une énergie. Nous ressentons l’urgence ressentie par le jeune homme tentant de sauver le peu qu’il lui reste alors que sa carrière s’écroule totalement. Cette personne initialement bien entourée se retrouve brusquement isolée et démunie. L’auteur opte ainsi pour une trajectoire directe des événements, sans digression et évite ainsi toute baisse de régime. Nous enchaînons les confrontations et glanons nos informations dans l’action.

En somme, Laurent Cantet réussit à reprendre un sujet issu d’un fait divers pour offrir une analyse sur notre identité numérique, la fracture sociale en France et le racisme latent imprégnant chacun de nous.

Residue de Merawi Gerima

Residue de Merawi Gerima

Fils du cinéaste éthiopien Haile Gerima, membre du mouvement cinématographique L.A. Rebellion, Merawi Gerima semble prolonger la démarche de son père avec sa première réalisation. Ouvrant sur un rassemblement festif en pleine rue, nous sommes plongés dans un environnement urbain au plus proche des individus 

Friandise de Rémy Barbe

Friandise de Rémy Barbe

Après le funèbre Et le Diable rit avec moi sorti en 2018, Rémy Barbe revient à la réalisation pour nous narrer une nouvelle déception amoureuse avec Friandise. Prenant place dans un foyer bourgeois, nous découvrons le quotidien de Léon et Adélaïde. L’auteur alterne instants présents 

Le diable n’existe pas de Mohammad Rasoulof

Le diable n’existe pas de Mohammad Rasoulof

Huitième long-métrage de Mohammad Rasoulof, Le Diable n’existe pas est une anthologie de quatre courts-métrages. Le choix adopte ce format afin de faire face aux contraintes lui étant imposées dans son pays. En effet suite à la sortie de son précédent film, Un homme intègre, le réalisateur a été jugé coupable d’activités nuisant au régime iranien.
Cette peine l’empêche d’exercer son métier dans les meilleures conditions. Afin de concrétiser son dernier projet, il fait donc appel à quatre assistants s’occupant respectivement d’un segment. L’ensemble est supervisé par son chef opérateur afin de conserver une cohérence générale et la patte de l’artiste.

Le premier court-métrage est un prologue lent mais efficace annonçant le fil conducteur. Nous découvrons le quotidien d’un père de famille. Le récit se concentre sur différents instants de vie. Une morne banalité nous permettant de découvrir la routine d’un citoyen lambda.
Ces séquences nous permettent de cerner la dynamique entre les membres de cette famille. Ils créent ainsi un cadre de vie commun pour ce patriarche. Nous sommes amenés à nous reconnaître au sein de son parcours.
L’ensemble est mis au service d’un final imprévisible et percutant. Les derniers instants de cette histoire nous poussent à analyser une seconde fois ce qui nous a été présenté.
Le titre de ce court, éponyme au film, n’est pas anodin. Il rappelle que le Mal n’est incarné par personne d’autres que l’Homme.

L’intrigue suivante se focalise sur une personne effectuant son service militaire. Il est assigné au rôle de bourreau. Cette tâche qu’il rechigne à effectuer donnera lieu à divers échanges avec ses collègues de fortune.
Ces différentes interactions nous éclairent sur l’organisation sociétale autour de ce service militaire obligatoire. Pour s’assurer une vie future confortable, les Iraniens doivent passer par cette étape. Dans le cas contraire, une vie de renégat ou d’exilé s’offre à eux.
Ce deuxième segment détonne avec le précédent. Le quotidien morose du père de famille est remplacé par l’urgence d’une solution pour ce gardien. La caméra est constamment en mouvement, collant au maximum son protagoniste. Nous ressentons son désarroi, ses doutes sur sa capacité à aller au bout de cette entreprise.
Nous ressentons chacun des tourments qui traverse notre gardien. La situation est oppressante. Nous sommes tenus en haleine jusqu’à la dernière minute.

Le diable n'existe pas Mohammad Rasoulof Screenshooter

Le troisième acte nous fait quitter la ville étouffante et son environnement bétonné. Nous sommes emmenés dans la partie boisée de ce pays.
Le contraste est criant. L’aseptisation du décor laisse place à une nature riche en couleur. Le bruit motorisé d’une cité en mouvement est remplacé par la mélodie d’un ruisseau, du vent caressant les arbres.
Malgré ce changement de localisation, la réalité politique du pays se rappelle à ses autochtones. Nous découvrons comment certains vivent en marge du système et subissent l’oppression.
Ce nouveau lieu nous est présenté à travers le retour d’un ami de la famille. Le temps qu’il rattrape depuis sa dernière visite nous apporte les informations nécessaires pour identifier les différents protagonistes.
Cet épisode présente les conséquences du régime politique mis en place. La dynamique du récit joue sur des dualités : la célébration d’un évènement tragique et d’un autre festif, l’arrivée d’une personne conséquence du départ d’un autre. Il est ainsi montré comment sont fabriqués les criminels et instrumentalisés les bourreaux.
Comme précédemment, les informations glanées lors des précédents récits sont mises à profit au sein de cette nouvelle intrigue.

Dans son ultime chapitre, nous nous enfonçons d’autant plus en Iran. Nous atterrissons en pleine montagne. Le retour temporaire d’une exilée au sein d’un couple d’amis permet d’analyser leur mode de vie proche de l’autarcie. Nous approfondissons ainsi notre compréhension des solutions alternatives face au dogme imposé par le gouvernement.
L’intrigue joue sur le motif mystérieux nécessitant le retour de la jeune fille. Au fil du temps, nous sommes amenés à faire nos propres déductions en fonction des éléments exposés. L’auteur distille différentes informations brouillant nos pistes.
Une tension latente est ainsi instillée. Elle contrebalance la quiétude du quotidien. Nous sommes aux aguets à la recherche du moindre indice. Nous redoutons le point de bascule tant le dénouement est incertain. La révélation est un mélange d’émotions allant du soulagement à la tristesse.

En quatre temps, Mohammad Rasoulof décortique le fonctionnement du service militaire. Nous sommes happés par ces récits et sa retranscription d’un système strict produisant soit des marginaux soit des êtres détachés de la réalité. Une œuvre prenante qui ne risque pas de faire revenir le réalisateur dans les faveurs de son gouvernement.

Defending Jacob de Mark Bomback

Defending Jacob de Mark Bomback

Œuvrant principalement en tant que scénariste pour des projets à la qualité variable, Mark Bomback revient à la création de série pour la deuxième fois avec Defending Jacob. L’univers est efficacement défini lors du premier épisode. Nous découvrons la famille de l’adolescent, leur quotidien, leur