Vanishing de Denis Dercourt

Black Market

Synopsis :

Tandis qu’elle présente une méthode révolutionnaire de prise d’empreintes digitales à Séoul, une professeure en médecine légale est associée par la police coréenne à une affaire en cours. Elle plonge dans une enquête ardue et entêtante, au risque de réveiller des démons qu’elle croyait oubliés…

Vanishing de Denis Dercourt

MON AVIS :

Réalisateur discret œuvrant depuis la fin du XIXéme siécle, Denis Dercourt s’est principalement fait remarquer avec La Tourneuse de pages en 2006. Ce dernier fut notamment sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard.
Son nouveau projet est le fruit d’une gestation de plusieurs années ayant entrainé plusieurs réécritures. L’enjeu était de transposer l’intrigue du roman de Peter May de la Chine vers la Corée du Sud sans perdre en cohérence.

Cette volonté de crédibilité dans le sujet abordé se ressent tout au long du récit. L’auteur s’attarde sur les différents mécanismes inhérents à son sujet. Nous plongeons ainsi facilement de ce triste univers. Nous comprenons autant les techniques employées par la police pour résoudre cette affaire que les rouages de la mafia à l’origine du trafic. Nous découvrons la structure hiérarchique des criminelles mise en place. En évoluant auprès du chirurgien, du transporteur ou encore de l’homme de main, nous apprenons comment ces affaires peuvent exister et perdurer.
En parallèle, nous nous attardons souvent sur la vie privée et sentimentale des protagonistes. Ces moments se portent surtout sur Alice et Jin-ho. Nous développons ainsi de l’empathie pour ce duo. Ces scènes apportent de la lumière au sein de leur monde lugubre.
Cette approche permet de doubler les enjeux autour de cette enquête. Nous avons évidemment ceux liés à l’investigation en cours d’un point de vue strictement judiciaire. À cela s’ajoutent les motivations personnelles de ces deux personnages. Cette quête de vérité trouve un écho auprès de ces individus. Cet axe scénaristique impacte profondément la narration.

En effet, le fil rouge reste certes la découverte des coupables mais doit coexister avec ces questionnements intimes. Elle devient un objet hybride que l’on peut qualifier de romance dramatique dans un univers policier. Ce traitement influe fortement sur notre appréciation du sujet.
Le spectateur habitué au thriller sud-coréen notera la différence de ton entre Vanishing et des projets tels que The Chaser, J’ai rencontré le diable ou encore Old Boy. Évidemment la touche européenne apportée par Denis Dercourt explique ce traitement. Nous troquons ainsi la tension liée à la résolution de cette affaire morbide par la douceur d’une relation naissante entre deux êtres confrontés à la Mort.

En somme, l’œuvre prend à contre-pied nos attentes et nous offre un récit misant plus sur l’émotionnel que le spectaculaire. Un voyage intimiste empli de tendresse sur un sujet paradoxalement difficile. Vanishing a le mérite de proposer une approche atypique même s’il risque de mettre en déroute certains spectateurs. Une chose est sure, il laissera personne indifférent.



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