Étiquette : policier

L’inciseur de Christian Alvart

L’inciseur de Christian Alvart

Adaptation du roman éponyme de Michael Tsokos et Sebastian Fitzek, Christian Alvart poursuit son exploration du côté sombre de la société allemande dix ans après son Antibodies. Dans ce nouveau long métrage, nous suivons parallèlement la trajectoire de deux individus qui de prime abord tout 

Des de Luke Neal

Des de Luke Neal

Acteur à la carrière discrète, Luke Neal passe à la création pour lTV avec cette mini-série. Pour nous narrer l’affaire Dennis Nilsen, l’auteur s’entoure d’acteurs rodés à l’exercice tel que Daniel Mays et David Tennant. Le choix de ce fait criminel est loin d’être anodin. 

Vanishing de Denis Dercourt

Vanishing de Denis Dercourt

Réalisateur discret œuvrant depuis la fin du XXéme siécle, Denis Dercourt s’est principalement fait remarquer avec La Tourneuse de pages en 2006. Ce dernier fut notamment sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard.
Son nouveau projet est le fruit d’une gestation de plusieurs années ayant entrainé plusieurs réécritures. L’enjeu était de transposer l’intrigue du roman de Peter May de la Chine vers la Corée du Sud sans perdre en cohérence.

Cette volonté de crédibilité dans le sujet abordé se ressent tout au long du récit. L’auteur s’attarde sur les différents mécanismes inhérents à son sujet. Nous plongeons ainsi facilement de ce triste univers. Nous comprenons autant les techniques employées par la police pour résoudre cette affaire que les rouages de la mafia à l’origine du trafic. Nous découvrons la structure hiérarchique des criminelles mise en place. En évoluant auprès du chirurgien, du transporteur ou encore de l’homme de main, nous apprenons comment ces affaires peuvent exister et perdurer.
En parallèle, nous nous attardons souvent sur la vie privée et sentimentale des protagonistes. Ces moments se portent surtout sur Alice et Jin-ho. Nous développons ainsi de l’empathie pour ce duo. Ces scènes apportent de la lumière au sein de leur monde lugubre.
Cette approche permet de doubler les enjeux autour de cette enquête. Nous avons évidemment ceux liés à l’investigation en cours d’un point de vue strictement judiciaire. À cela s’ajoutent les motivations personnelles de ces deux personnages. Cette quête de vérité trouve un écho auprès de ces individus. Cet axe scénaristique impacte profondément la narration.

En effet, le fil rouge reste certes la découverte des coupables mais doit coexister avec ces questionnements intimes. Elle devient un objet hybride que l’on peut qualifier de romance dramatique dans un univers policier. Ce traitement influe fortement sur notre appréciation du sujet.
Le spectateur habitué au thriller sud-coréen notera la différence de ton entre Vanishing et des projets tels que The Chaser, J’ai rencontré le diable ou encore Old Boy. Évidemment la touche européenne apportée par Denis Dercourt explique ce traitement. Nous troquons ainsi la tension liée à la résolution de cette affaire morbide par la douceur d’une relation naissante entre deux êtres confrontés à la Mort.

En somme, l’œuvre prend à contre-pied nos attentes et nous offre un récit misant plus sur l’émotionnel que le spectaculaire. Un voyage intimiste empli de tendresse sur un sujet paradoxalement difficile. Vanishing a le mérite de proposer une approche atypique même s’il risque de mettre en déroute certains spectateurs. Une chose est sure, il laissera personne indifférent.

Defending Jacob de Mark Bomback

Defending Jacob de Mark Bomback

Œuvrant principalement en tant que scénariste pour des projets à la qualité variable, Mark Bomback revient à la création de série pour la deuxième fois avec Defending Jacob. L’univers est efficacement défini lors du premier épisode. Nous découvrons la famille de l’adolescent, leur quotidien, leur 

La loi de Téhéran de Saeed Roustaee

La loi de Téhéran de Saeed Roustaee

Après avoir réalisé en 2016 Life and a day, Saeed Roustaee quitte la sphère familiale iranienne pour s’intéresser à un pan de la société à travers le trafic de crack. L’œuvre ouvre directement sur une opération de terrain. Nous découvrons les protagonistes à travers leurs 

Fargo saison 4 de Noah Hawley

Fargo saison 4 de Noah Hawley

Créé en 2014 par Noah Hawley, Fargo était initialement une adaptation du film éponyme des frères Coen. Par la suite, la série a muté en anthologie reprenant les codes scénaristiques établis dans la première saison.
Cette quatrième itération s’intéresse aux conflits entre familles mafieuses.

Le premier épisode dresse efficacement le cadre du récit. Nous suivons les différentes vagues d’émigrations aux Etats-Unis durant le XXème siècle par le prisme de la criminalité. Cette introduction nous permet de comprendre les rituels en place et découvrir les protagonistes dans leur environnement.
Comme lors des précédentes saisons, nous allons assister à une succession de mauvais choix entrainant des situations dramatiques. Il est toujours stimulant d’observer comment les actions individuelles deviennent des problèmes pour un collectif.

L’histoire fait la part belle à ses personnages. Nous naviguons entre un policier ayant des TOCs, un Marshall mormon, une infirmière ayant oublié son serment d’Hippocrate et bien d’autres encore. Cette diversité vertigineuse forme une base scénaristique solide où les interactions entre ces individus redéfinis les enjeux constamment.
Cette galerie de protagonistes empêche toute anticipation des actions à venir. La trajectoire dramatique de certains d’entre eux n’en est que plus dramatique voire pathétique.
Leur instant final en est souvent le reflet de leur identité, leur vécu. Le lâche sera assassiné sans avoir pu répliquer. L’impulsif périra par précipitation. Le renégat tombera dans l’oubli et ainsi de suite.

Jessie Buckley infirmiere

Au-delà de sa forme, cette saison plus encore que les précédentes tisse un tableau intéressant sur tout un pan de l’Histoire des États-Unis. Bien que nous assistons à un affrontement entre deux clans distincts, ils font pourtant partie d’une même famille : les parias.
En effet, lors de nombreux moments, l’auteur nous rappelle les discriminations subies par ces générations d’immigrés. Entre la ségrégation et les préjugés racistes, il est difficile pour eux de réaliser leur Rêve Américain tant espéré. De ce fait, emprunter les voies de l’illégalité pour atteindre cet objectif tient autant de la facilité que de la nécessité.
Une facilité se traduisant par un refus de se battre contre l’injustice subie mais plutôt de sortir des horizons bouchés pour s’emparer d’autres amoraux.
Une nécessité étant donné que les perspectives d’avenir en tant qu’opprimés dans une société raciste sont minces. L’accès à cette alternative devient donc le seul espoir pour survivre.
Ce sujet de fond est instillé discrètement tout au long de la saison à travers le comportement des individus ou des lieux qu’ils visitent. Il n’est pas le thème principal de cette histoire mais plutôt la base de celle-ci.

Avec cette quatrième saison, Fargo continue de se renouveler tout en reprenant une recette efficace. Le casting est toujours aussi qualitatif. Le rythme est soutenu et les situations aussi diverses qu’imprévisible. L’humour est mordant et la tragédie est percutante.
On ne peut qu’espérer avoir la chance de découvrir de nouveaux récits issus de cet univers Coennien.

The punisher saison 2 de Steve Lightfoot

The punisher saison 2 de Steve Lightfoot

Entre 1989 et 2009, les péripéties de Franck Castle ont eu le droit à trois adaptations cinématographiques à la qualité très variables.  Le développement du Marvel’s Universe sur Netflix a permis à cet anti-héros de refaire surface. Apparu dans la deuxième saison de Daredevil, il 

Too old to die young d’Ed Brubaker et Nicolas Winding Refn

Too old to die young d’Ed Brubaker et Nicolas Winding Refn

Netflix n’est pas la seule plateforme à proposer des créations originales stimulantes. Bien que plus discrète dans sa communication, Amazon prime s’est vu doté au fil du temps un catalogue fort intéressant (American Gods, Undone, The boys,…).  Parmi ces séries, l’une d’elles s’est faite remarquer 

I see you d’Adam Randall

I see you d’Adam Randall

Après avoir réalisé IBoy pour le compte de Netflix, Adam Randall poursuit son exploration du genre par le prisme du thriller dans I see you.
Ouvrant sur le cheminement aboutissant à la disparition d’un jeune garçon, l’auteur en profite pour installer son univers. Nous découvrons les lieux communs de cette ville typiquement américaine à travers le parcours de l’enfant. On s’immerge ainsi rapidement dans cet environnement. L’introduction est efficace et permet de capter l’attention du spectateur dès lors que cette séquence se clos.
Nous basculons ensuite dans le cœur du récit : l’enfant perdu et ses points communs avec des affaires passées. L’évolution de l’enquête nous permet de découvrir l’histoire de la localité ainsi que celle de l’officier en charge.
Le réalisateur
se concentre sur la vie de famille de ce dernier. Leur quotidien est mis en parallèle de l’avancée des recherches. Au fil des discussions au sein de cette cellule dysfonctionnelle, nous apprenons la raison de toutes ces tensions.
Outre ces protagonistes, nous suivons aussi deux adolescents adeptes d’une pratique peu commune.
 I see you Adam Randall
L’intelligence de l’auteur est d’aborder un sujet complexe via un traitement des plus anodin. On s’installe sur un rythme de croisière où les informations nous sont amenées à travers les interactions entre les individus. Les situations s’enchaînent ainsi pendant la première moitié du récit.
Au fil de la bobine, des éléments disruptifs poussent le spectateur à s’interroger sur les événements qui lui sont présentés. Ces derniers cassent nos aprioris concernant la trajectoire adoptée par l’auteur.
Plus que les twists scénaristiques, l’aspect le plus bluffant réside dans la manière dont est narrée cette histoire. La gestion de l’ellipse est magistrale et permet de fournir une double lecture des évènements.
De ce fait, une fois la vue d’ensemble obtenue, on ne peut s’empêcher de repenser à diverses séquences et la façon dont l’auteur a réussi à nous duper.
La construction de son intrigue compense des parties pris scénaristiques un peu trop frileux.
En somme, I see you est de ces œuvres suffisamment conscientes du genre qu’elle investit pour jouer avec les codes. L’exercice est d’autant plus remarquable sachant que l’auteur l’a réalisé en une vingtaine de jours. Une sacrée surprise qui a conquis le jury de la 9éme édition du PIFFF en repartant avec le prix Ciné+ Frisson.
 

Seul contre tous de Gaspar Noé

Seul contre tous de Gaspar Noé

Premier long métrage du réalisateur, Seul contre tous fut récompensé par le prix de la semaine de la critique lors du 51éme festival de Cannes. Le film a fait le tour de différentes manifestations cinématographiques en laissant derrière lui une forte impression au vue du