Étiquette : policier

Vanishing de Denis Dercourt

Vanishing de Denis Dercourt

Réalisateur discret œuvrant depuis la fin du XIXéme siécle, Denis Dercourt s’est principalement fait remarquer avec La Tourneuse de pages en 2006. Ce dernier fut notamment sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard.Son nouveau projet est le fruit d’une gestation de 

Defending Jacob de Mark Bomback

Defending Jacob de Mark Bomback

Œuvrant principalement en tant que scénariste pour des projets à la qualité variable, Mark Bomback revient à la création de série pour la deuxième fois avec Defending Jacob. L’univers est efficacement défini lors du premier épisode. Nous découvrons la famille de l’adolescent, leur quotidien, leur 

La loi de Téhéran de Saeed Roustaee

La loi de Téhéran de Saeed Roustaee

Après avoir réalisé en 2016 Life and a day, Saeed Roustaee quitte la sphère familiale iranienne pour s’intéresser à un pan de la société à travers le trafic de crack.

L’œuvre ouvre directement sur une opération de terrain. Nous découvrons les protagonistes à travers leurs actions. Le fiasco qui s’ensuit et les informations glaner nous permettent de comprendre à quel stade nous arrivons dans l’enquête visant à démanteler ce business illégal.
Nous prenons donc un train lancé à pleine vitesse. Pour autant, nous ne sommes aucunement gênés par le manque de contextualisation. Les interactions entre les individus et l’avancée de la traque nous permettent rapidement de prendre nos repères.
Une fois les différents éléments assimilés, l’auteur change la trajectoire scénaristique pour s’engouffrer dans le cœur du sujet.
En effet, plus qu’un affrontement entre l’axe du Bien et du Mal, l’œuvre décortique le système pénal iranien. Nous entrons dans l’antre d’une bête étatique appliquant implacablement sa sentence au moindre écart de conduite.
Le fait que la détention d’une faible quantité de drogue soit passible de mort impacte fortement la dynamique des personnages et leurs motivations.

Bien que nous suivons deux protagonistes spécifiques, le réalisateur inclut dans cette confrontation la trajectoire de différentes personnes tentant de s’extirper de cette spirale infernale. Ces individus permettent de densifier le récit et d’offrir un aperçu plus complet de l’engrenage mis en place.
Certaines de ces histoires annexes sont bouleversantes tandis que d’autres flirtent avec l’absurde. Cette diversité de tonalité renforce la volonté de se rapprocher au maximum de la réalité. Il permet de nuancer le propos en montrant différentes mise en situation.
Cette structure narrative apporte aussi une dynamique. La multiplication des points de vue permet de faire des ellipses dans l’avancement de l’enquête sans pour autant perdre en cohérence.

Navid Mohammadzadeh menotte

Au sein du fil rouge, nous pouvons d’ailleurs observer un découpage par chapitre. Dans un premier temps nous avons la traque aux côtés de Samad puis ensuite une confrontation entre ce dernier et Nasser pour finalement se focaliser sur ce présumé baron de la drogue.
La transition entre chacune de ces étapes est fluide. Il n’y a pas d’explicitation de ce mécanisme narratif. L’évolution n’en est que plus grandiose.
Il influe fortement sur notre empathie. L’auteur joue sur notre code moral pour lentement le remettre en question à travers les actions de ses individus.
En agissant ainsi, le réalisateur prend à contre-pied les attentes du spectateur. Son apparent thriller urbain cache un drame social terrible. L’action musclée est ainsi remplacée par des confrontations verbales se jouant des rouages administratifs. Nous découvrons comment peut être instrumentalisé la Loi pour arriver à ses fins.
Ces moments sont tout autant intenses au vu des enjeux. Survivre à la procédure judiciaire est tout aussi ardu que lors d’une fusillade et le dénouement reste identique : mourir ou en ressortir libre.

Au final, La loi de Téhéran est une excellente surprise tant il nous amène dans un terrain peu exploité et captivant. Derrière sa façade de polar urbain âpre se cache une analyse sociale déchirante et nihiliste.
Il nous tarde découvre les prochains projets de Saeed Roustaee. À travers son objectif vit et péri l’Iran, difficile d’y rester insensible.

Fargo saison 4 de Noah Hawley

Fargo saison 4 de Noah Hawley

Créé en 2014 par Noah Hawley, Fargo était initialement une adaptation du film éponyme des frères Coen. Par la suite, la série a muté en anthologie reprenant les codes scénaristiques établis dans la première saison. Cette quatrième itération s’intéresse aux conflits entre familles mafieuses. Le 

The punisher saison 2 de Steve Lightfoot

The punisher saison 2 de Steve Lightfoot

Entre 1989 et 2009, les péripéties de Franck Castle ont eu le droit à trois adaptations cinématographiques à la qualité très variables.  Le développement du Marvel’s Universe sur Netflix a permis à cet anti-héros de refaire surface. Apparu dans la deuxième saison de Daredevil, il 

Too old to die young d’Ed Brubaker et Nicolas Winding Refn

Too old to die young d’Ed Brubaker et Nicolas Winding Refn

Netflix n’est pas la seule plateforme à proposer des créations originales stimulantes. Bien que plus discrète dans sa communication, Amazon prime s’est vu doté au fil du temps un catalogue fort intéressant (American Gods, Undone, The boys,…). 
Parmi ces séries, l’une d’elles s’est faite remarquer notamment via la diffusion de deux épisodes lors de la 72éme édition du festival de Cannes. Il s’agit de la dernière création de Nicolas Winding Refn : Too old to die young. 
Sa filmographie l’atteste, le réalisateur danois porte une attention toute particulière à l’esthétisme de ses projets. 
On aurait pu penser que le passage du film à la série passerait par une épuration de sa patte artistique afin de répondre aux impératifs du format. 
Il n’en est rien. 
L’auteur livre ici une fresque urbaine découpée en dix longs-métrages. Cette durée s’explique justement par la volonté de créer une œuvre atmosphérique. De nombreuses séquences sont construits afin d’avoir l’impression d’évoluer au sein d’un tableau. La caméra balaye lentement son panorama nous laissant tout le loisir de scruter l’environnement dépeint. Ces instants calmes sont paradoxaux. Ils contrastent avec l’univers violent dans lequel l’auteur nous plonge. 
Le rythme n’est d’ailleurs pas le seul aspect à être en décalage avec ce monde. 
 
Too old to die young Ed Brubaker Nicolas Winding Refn Screenshooter femme brune
Le récit est parcouru de personnages atypiques. Par exemple, il est difficile de ne pas penser à Twin Peaks lorsqu’on découvre les agents du poste de police où évolue l’officier Martin Jones. Les autres protagonistes sont soit des fonctionnaires de l’État soit des individus évoluant dans un secteur criminel. Les premiers n’hésitant pas à franchir la ligne pour appliquer la Loi et se débarrasser des seconds.
Cette diversité des points de vue permet de densifier l’intrigue. Le meurtre d’un policier devient l’élément déclencheur d’une succession d’événements bien loin de la simple quête vengeresse attendue. La trajectoire de chacun des personnages est un récit complet à lui seul. 
À ce niveau, l’adoption d’un format long permet de développer suffisamment chaque trame tout en conservant ce rythme lancinant. On prend ainsi le temps de connaître les différents personnages et donc de générer de l’empathie.
De ce fait, l’impact quant au sort tragique qui peut leur être réservé se ressent sur deux niveaux bien distincts. 
Le premier est émotionnel. Bien qu’étant composé d’individus plus ou moins amoraux, nous sommes curieux de connaître jusqu’où leurs actions peuvent les mener. On se retrouve donc frustré lorsque le destin les empêche d’accomplir leur funeste dessein. 
Le second est sensoriel. Comme évoqué, le rythme lent s’accompagne d’un environnement sonore calme. Ainsi, lorsque des échauffourées se déclenchent, le bruit généré est décuplé. Il est un rappel à la réalité. Il participe à l’immersion dans les scènes qui se jouent. Il capte notre attention tout au long de ces séquences.
L’auteur joue ainsi intelligemment entre la forme léchée de son œuvre et le fond brutal qu’il décrit. Cette alchimie permet de happer le spectateur pour lui faire vivre entièrement cette expérience. 
Au final, Too old to die young se trouve être le projet le plus abouti, et ambitieux, du réalisateur. L’esthétisme est travaillé jusqu’à rendre onirique certains passages tandis que le récit est nihiliste à bien des égards. 
Il est évident que cette série ne réconciliera pas Nicolas Winding Refn avec ses détracteurs. Par contre, les autres devraient fortement apprécier ce polar de plus de douze heures !
I see you d’Adam Randall

I see you d’Adam Randall

Après avoir réalisé IBoy pour le compte de Netflix, Adam Randall poursuit son exploration du genre par le prisme du thriller dans I see you. Ouvrant sur le cheminement aboutissant à la disparition d’un jeune garçon, l’auteur en profite pour installer son univers. Nous découvrons 

Seul contre tous de Gaspar Noé

Seul contre tous de Gaspar Noé

Premier long métrage du réalisateur, Seul contre tous fut récompensé par le prix de la semaine de la critique lors du 51éme festival de Cannes. Le film a fait le tour de différentes manifestations cinématographiques en laissant derrière lui une forte impression au vue du 

Joker de Todd Phillips

Joker de Todd Phillips

Difficile de passer à côté de l’aura entourant Joker de Todd Phillips. Depuis sa récompense surprise, et surprenante (?), du Lion D’or à la Mostra de Venise, les retours dithyrambiques ne cessent de pleuvoir. À l’aune d’un Hollywood enlisé dans un système de production malade où adaptation live, franchise et énième suite, se partagent le box-office, ces premiers retours sont porteurs d’espoirs. 
En effet, si une telle œuvre fonctionne durant son exploitation en salle, il peut être escompté que les stratégies commerciales, et donc artistiques, soient révisées pour suivre cette tendance. Bien évidemment, avant d’espérer un renouveau hollywoodien, encore faut-il s’assurer que cela se fasse pour des bonnes raisons, ou plutôt se fonde sur de bonnes bases.
Suite au succès commercial de Wonder Woman, Warner Bros décide de développer, en parallèle de son DCUniverse, des stand-alone centralisés sur le passif de protagonistes phares de la franchise.
Par ailleurs, le studio, rêvant de confier la réalisation à Martin Scorsese, démarche Leonardo DiCaprio pour le rôle-titre. L’idée est abandonnée lorsque Todd Phillips présente sa vision du récit et porte son choix sur Joaquim Phoenix. Initialement rattaché au projet en tant que producteur, le réalisateur de Taxi Driver quittera finalement le navire. 
Ces deux informations, sommes toutes anodines, se retrouvent à être les deux aspects sur lesquels le film génère des déceptions.

Joker Todd Phillips Joaquim Phoenix
Chaque adaptation cinématographique de Gotham était l’occasion de redécouvrir la ville sous un nouvel angle. Bien qu’ayant des approches particulièrement différentes, on retrouvait chez chacun des réalisateurs précédents un élément architectural commun : un style se rapprochant du néo-gothisme. 
Il n’est pas étonnant de constater que cet aspect soit absent dans la version de Todd Phillips. L’auteur, avouant être sous influence scorsesienne période 70/80, ne cherche aucunement à construire un environnement se rapprochant du berceau de Batman.
Chaque rue, chaque bâtiment, transpirent New York et ce ne sont pas les quelques institutions clés, renommées pour l’occasion, qui réussiront à faire illusion. Ce Gotham n’est qu’un ersatz. Elle est bien plus la ville de Travis Bickle, Rupert Pupkin et Jake LaMotta que celle qui a vu naître Oswald Cobblepot, Harvey Dent et Arthur Fleck.
Outre ce choix d’environnement peu convaincant un autre point pose problème. Celui-ci réside dans la cohérence vis-à-vis de l’univers qu’il est censé investir.
Toute la partie relative à la famille Wayne est bancale. Pour commencer, l’écart d’âge entre Joker et Batman ne cadre pas avec la mythologie établie. Ces deux êtres sont censés être les deux faces d’une même pièce : la raison et la folie. Leur relation est, par nature, ambiguë. Certains auteurs de comics allant même jusqu’à imaginer que l’homme au sourire éternel est la part sombre, et instable, de la chauve-souris. En créant ce fossé temporel, l’auteur annihile toutes les confrontations possibles entre ces deux personnages. En suivant la trajectoire proposée, Bruce Wayne sera le chevalier noir lorsqu’Arthur Fleck sera grabataire.
Pire encore, en apportant sa vision sur le traumatisme historique subit par le jeune Wayne, Todd Phillips anéanti la motivation principale de l’enfant sur son parcours à venir. Le meurtre de ses parents est la raison pour laquelle il décide de purger la ville du mal qui le ronge. En transformant cet acte criminel en lutte de classes, comment peut-on justifier une telle trajectoire ? 
À cela, s’ajoute un choix d’acteur incompréhensible pour Alfred Pennyworth et une sous-intrigue sur la parenté d’Arthur Fleck ne sachant jamais vers quelle direction tendre.
Il est difficile de croire que l’œuvre fut pensée comme ancrée dans l’univers DC. Au vu des partis-pris, nous avons plus l’impression que Todd Phillips a souhaité rendre hommage à une période du cinéma tout en incorporant des éléments de Gotham afin de remplir le cahier des charges du studio. Ce constat se conforte, par exemple, lorsque Murray Franklin, parlant d’employés de la Wayne compagnie, les qualifie de « jeunes de Wall Street » !

Joker Todd Phillips Joaquim Phoenix
Bien que dérangeante, cette incapacité, à s’ancrer dans une franchise, aurait pu être compensée par la création et la réalisation d’un récit maîtrisé. Comme tout le monde s’accorde à le dire, la photographie, les décors et les costumes permettent de conférer un esthétisme agréable et facilite l’immersion dans cette époque.  On peut regretter que la réalisation ne mette pas plus à profit ces atouts. La mise en scène, trop conventionnelle, offre le strict minimum. Elle n’arrive que trop rarement à conférer de la profondeur aux situations qu’elles captent. Ce constat peut s’expliquer par une absence de vision de l’auteur vis-à-vis de son sujet.
En effet, l’influence de Scorsese ne se limite pas qu’à son ancrage dans un New York des années 70/80, mais passe aussi par une réutilisation d’éléments issus de la filmographie de l’auteur. La majorité des emprunts proviennent de King of Comedy. 
Pour rappel, ce dernier raconte l’histoire d’un humoriste en devenir tentant d’obtenir les faveurs de son présentateur TV préféré. Ce lien se retrouve entre Arthur Fleck et Murray Franklin. Certaines séquences proviennent directement de cette œuvre : les scènes où l’homme s’imagine sous le feu des projecteurs. Malheureusement, l’auteur n’arrive pas à se réapproprier ces idées. Il souffre donc de la comparaison avec son modèle.
De plus, le rôle de De Niro est très artificiel. Son personnage n’est qu’un levier scénaristique. Il n’apparaît que pour justifier grossièrement la naissance du Joker.
Là où Scorsese a su capter la folie d’un homme victime de ses obsessions, Phillips propose, lui, le parcours d’un humoriste raté. On assiste certes à une descente aux enfers d’une personne acculée et isolée, mais le propos est bien trop explicité et appuyé. On nous impose ce constat à travers les dialogues. On ressent constamment la volonté de l’auteur à exprimer les situations vécues et ressenties. Il aurait été préférable de laisser le soin au spectateur d’appréhender les événements au lieu de lui imposer un discours formaté.
Joker Todd Phillips Joaquim Phoenix Robert de Niro
Au final, il peut être compréhensible que des spectateurs s’y retrouvent dans ce que propose Todd Phillips. L’approche proposée est effectivement différente des dernières productions DC et Marvel. Pour autant, elle n’est en rien original. Logan de James Mangold et la trilogie Nolan offraient déjà une approche réaliste de ces univers. Avec Midsommar et Us, la cuvée 2019 se retrouve à être emplie de propositions cinématographiques frustrantes. 

 
True Detective Saison 3 de  Nic Pizzolatto

True Detective Saison 3 de Nic Pizzolatto

Scénariste de la très bonne série The Killing, version américaine, Nic Pizzolatto se fait connaître avec l’excellente première saison de True Detective. La deuxième, quant à elle, décevra quelque peu le public. Après quatre années d’absence, la série revient donc avec huit nouveaux épisodes. L’auteur