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Wrinkles the clown de Michael Beach Nichols

Wrinkles the clown de Michael Beach Nichols

Réalisateur d’une petite dizaine de documentaire, Michael Beach Nichols s’est intéressé à de nombreux sujets de société tels que les compétitions de danse se déroulant à Brooklyn ou encore à l’arrivée de suprémacistes au sein d’une petite ville du Dakota du Nord. Les thématiques sont 

Cama Cruso de Trois jours de marche

Cama Cruso de Trois jours de marche

Société de production derrière les créations de Dayan D. Oualid (Dibbuk, Chimera), Trois jours de marche se lance dans une aventure transmedia en collaboration avec Shadowz. L’idée est de développer un univers prenant naissance sur les réseaux sociaux, en l’occurrence TikTok, pour se poursuivre avec 

The Wretched de  Brett Pierce et Drew T. Pierce

The Wretched de Brett Pierce et Drew T. Pierce

Découvert en France notamment pour les lecteurs de Mad Movies avec la comédie horrifique Dead Heads, les frères Pierce reviennent à la réalisation dix ans plus tard pour renouer avec le film de genre. Brett et Drew continuent de suivre les tendances et délaissent donc les zombies au profit de l’ésotérisme.

Passé une introduction se terminant sur une vision d’horreur, nous sommes projetés une trentaine d’années plus tard aux côtés de Ben. Son arrivée dans le foyer paternel nous permet de prendre nos marques à son rythme. Nous alternons entre son point de vue et celui de sa voisine. Cette dernière va être aux premières loges de l’incursion d’une entité ancestrale en quête de chair fraîche de préférence jeune.
L’évolution est convenue. D’un côté, nous voyons comment l’adolescent appréhende son nouvel environnement. Les liens qu’il tisse sont prévisibles et suivent un schéma classique de l’individu isolé tentant de faire sa place. Nous retrouvons ainsi le groupe de jeunes antipathique dont leur présence se résume à le martyriser pour ainsi attirer la sympathie d’autres personnes et potentiellement celle du spectateur. De l’autre côté, nous suivons la manière dont un être mystérieux s’installe insidieusement au sein d’une famille. Ces moments permettent de développer le fil rouge du récit en parallèle.

Cette construction scénaristique a l’avantage d’avancer rapidement autant sur son sujet principal que sur l’évolution des relations entre les protagonistes. Nous avons moins la sensation d’avoir une trajectoire linéaire dans le déroulement des événements. Ce constat ne nous empêche malheureusement pas de ressentir une certaine monotonie dans l’enchaînement des péripéties.
En effet, l’œuvre ne propose pas grand-chose d’original. Seule la mythologie autour de la créature apporte un soupçon de fraîcheur. Le reste de l’histoire reprend les passages obligés d’un film d’horreur ayant pour personnages principaux des adolescents. Nous retrouvons donc la défiance des adultes, les premiers émois ou encore les phases d’enquêtes par des détectives amateurs.

Pour autant, les frères Pierce réussissent à capter notre attention. Ils fournissent une œuvre de bonnes factures. Il n’y a pas de temps mort. La réalisation est correcte. Ils n’hésitent pas à sacrifier leurs personnages peu importe leur âge. De ce fait, même si le scénario est des plus basiques, nous suivons sans déplaisir les péripéties vécues par Ben.
Par ailleurs, les auteurs nous réservent un ultime twist permettant de relancer in-extremis son dernier acte et d’injecter un sentiment d’urgence plus que bienvenu.

Au final, The Wretched est une œuvre horrifique sympathique remplissant parfaitement son contrat sans pour autant transcender son sujet. Il ne restera pas longuement en mémoire mais permet de passer un agréable moment.

Broadcast Signal Intrusion de Jacob Gentry

Broadcast Signal Intrusion de Jacob Gentry

Débutant sa carrière à l’aube du XXIéme siécle, Jacob Gentry a depuis travaillé sur une dizaine de projets notamment pour le petit écran. Parmi ceux-ci, nous pouvons noter The Signal qui fut distribué directement en DVD en France et co-réalisé entre autres par David Bruckner. 

Hail Satan? de Penny Lane

Hail Satan? de Penny Lane

Réalisatrice de documentaires depuis une vingtaine d’années, Penny Lane n’hésite pas à diversifier la forme de son medium pour l’adapter à son sujet. Son approche peu conventionnelle et son humour ont permis à l’autrice de se démarquer dans ce milieu. Pour son quatrième long-métrage, la 

Scare me de Josh Ruben

Scare me de Josh Ruben

L’univers horrifique nous berce depuis des décennies avec des anthologies que ce soit sous forme de comics avec Creepshow, de séries avec American Horror Story ou de films avec The Mortuary Collection.
Dans le septième art, il est courant de se retrouver avec des œuvres à la qualité variable et au fil rouge inexistant. Certains assument le délaissement de leur trame de fond pour se concentrer sur les sketches uniquement. C’est le cas de la saga V/H/S.
Il est par contre difficilement concevable qu’une anthologie se concentre sur son fil rouge plutôt que sur ses récits annexes. C’est pourtant ce que propose Josh Ruben.

Dans cette œuvre, nous sommes placés aux côtés de Fred. Le trajet le menant jusqu’au chalet donne la tonalité de l’œuvre. Nous avons un mélange d’humour et de références cinématographiques ponctuant les échanges entre la conductrice et notre protagoniste.
L’auteur prend ensuite le temps de nous présenter les lieux et les raisons amenant à ce huis-clos. Une fois ces éléments acquis, l’œuvre prend une tournure peu conventionnelle en nous invitant à plonger pleinement dans une joute verbale imagée et imaginative.
En effet, le récit reste ancré dans son lieu d’origine, le chalet et ses environs. Les histoires narrées ne sont en aucun cas des moments d’évasions. Leur présence est toute autre. Elles sont des dynamiques entre les protagonistes.

À travers les contes se jouent un combat d’égo entre deux individus diamétralement opposés.
D’un côté nous avons Fred. Il occupe un emploi quelconque en tant que cadre et rêve d’être un écrivain à succès.
De l’autre nous avons Fanny. Elle a connu la renommée suite à un livre horrifique et travaille sur son futur projet.
Cette rencontre entre deux trajectoires antagonistes provoque une confrontation riche en faux-semblants.
L’homme tente de prouver qu’il a les capacités nécessaires pour devenir romancier tandis que la femme offre une démonstration de son talent à cet auditoire réduit.
Le récit alterne donc entre ces récits et des moments d’analyse de la performance proposée. Au fil du temps, les enjeux évoluent et la frontière entre création et réalité se brouille afin d’accentuer la tension entre les personnages.

Scare me Josh Ruben Screenshooter Aya Cash

Afin de compenser son unité de lieu et de temps, l’auteur se repose entièrement sur sa mise en scène.
Plus que de simples narrateurs, le duo joue les différents rôles au sein de leurs contes. Il est captivant d’assister à leur performance. L’environnement est mis à profit afin de faciliter l’immersion. De même, bien que se déroulant dans le chalet, les effets sonores se synchronisent avec les fictions contées.
À défaut de nous montrer l’adaptation visuelle de leurs propos, nous avons la possibilité de nous imaginer les scènes en nous basant sur ces éléments.
Le spectateur devient ainsi l’audience privée de sketchs qui ne verront jamais le jour. Il est attendu de sa part une certaine implication afin de se projeter dans ces fictions.
De par cette approche, Scare Me adopte une posture théâtrale dans sa mise en scène : l’unité de décors, les artifices visuels et sonores, le jeu d’acteur haut en couleur. Nous avons ainsi une structure hybride où la cinématographie laisse place au spectacle vivant à différents instants. Une approche paradoxale sachant que le cinéma est considéré comme un spectacle mort.
Les entractes entre les différentes scènes permettent d’évaluer la prestation offerte et l’impact sur la dynamique entre les personnages. Cette alternance entre les représentations donne un rythme à l’œuvre. De même, l’auteur injecte de nouveaux éléments constamment afin d’éviter une monotonie dans les évènements.
Une fois le concept assimilé et accepté, le récit ne cesse de se renouveler et se diversifier.

En somme, l’œuvre repose l’ensemble de son univers sur le concept énoncé. Le ressenti du spectateur vis-à-vis de cette expérience dépendra de son acceptation au concept.
On retrouve dans tous les cas des qualités de mise en scène indéniables. Le film est une excellente carte de visite pour Josh Ruben. Sa proposition horrifique est pertinente et montre sa parfaite compréhension des mécanismes inhérents au genre.
On espère que son prochain projet, Werewolves within, permettra de confirmer les promesses esquissées dans ce premier long.

Victoria de  Sebastian Schipper

Victoria de Sebastian Schipper

Récompensé par six prix lors de la 65e édition du Festival international du film de Berlin, Victoria est le quatrième film de Sebastian Schipper. La particularité de l’œuvre est d’être un seul plan-séquence. Contrairement à certains films comme The Revenant ou 1917 où le montage 

Friend Request de Simon Verhoeven

Friend Request de Simon Verhoeven

Au crépuscule de la première décennie du XXIéme siècle, la sortie de Paranormal Activity avait été le déclencheur d’une nouvelle vague horrifique : le found footage.  La résurgence de ce sous-genre s’accompagna d’une incursion prégnante du numérique dans la narration des intrigues.  En parallèle, sur 

Mister Babadook de Jennifer Kent

Mister Babadook de Jennifer Kent

Première réalisation de Jennifer Kent, Mister Babadook s’était constitué une très bonne réputation auprès des festivals dans lesquels il a été projeté. Il a notamment raflé un grand nombre de prix lors de la 21éme édition du festival de Gérardmer.
Sur la thématique, l’œuvre est des plus convenus. Nous suivons le quotidien d’individus confrontés à une entité maléfique. Les différentes étapes propres au genre se retrouvent : la description du quotidien, l’introduction d’éléments disruptifs, l’incrédulité de certains et la confrontation. Pour autant, le talent d’un réalisateur se révèle dans sa capacité à apporter sa sensibilité sur un sujet mainte fois traité. Ici, l’autrice se démarque sur deux points essentiels : la réalisation et l’écriture. 
Un élément notable dès les premiers instants est la mise en scène. La caméra et le montage sont adaptés constamment aux situations vécues. Les mouvements aériens s’adaptant parfaitement aux phases oniriques de la mère de famille est un exemple parmi tant d’autres. 
L’utilisation de l’ellipse est efficace. Outre son intérêt dans la construction d’un rythme allant à l’essentiel, il permet aussi de décupler la sensation d’urgence qui se dégage de certaines situations.
On ressent ainsi les tensions accumulées par cette spirale de démence. 
Le choix de narrer cette histoire par le prisme unique d’une mère célibataire se traduit de plusieurs manières dans la mise en scène. Les situations ne sont pas montrées comme elles sont réellement mais de la façon dont elles sont perçues par cette femme. La réalité est ainsi altérée. Elle varie en fonction de l’état psychique de cette personne.
Mister Babadook Jennifer Kent Screenshooter
 
Pour que l’adoption d’un point de vue unique fonctionne l’autrice a pris soin de construire ses personnages et un environnement à même de le justifier.
Nous sommes aux côtés d’un être isolé socialement. La tragédie qu’elle a vécue et les responsabilités qui lui incombent ont créé cette condition. Les interactions se limitent à un petit groupe d’individus ce qui permet de légitimer l’unilatéralité de la narration. 
Ce choix scénaristique a un impact énorme sur l’atmosphère particulière de l’œuvre. On navigue constamment entre le thriller paranoïaque et l’épouvante. 
Les seules personnes affrontant l’entité sont cette femme et son fils. De ce fait, il est parfois difficile de savoir si cette menace est le fruit d’un burnout lié à l’énorme charge mentale supportée ou si le danger est bien réel. 
Il est d’ailleurs intéressant d’observer l’évolution de notre empathie envers les personnages. La trajectoire est pour le moins originale et terriblement réaliste. Nos à priori initiaux sont déconstruit au fil des événements. Le ressenti envers le fils en est le parfait exemple. C’est un être exécrable au départ que l’on va finir par apprécier.
 
Ces deux éléments sont donc deux atouts indéniables permettant à la bobine de Jennifer Kent de sortir du lot. 
Pour autant, si nous sommes autant éprouvés par l’expérience, c’est grâce à la prestation impressionnante d’Essie Davis. L’actrice cannibalise littéralement l’écran. Elle permet de rendre palpable la folie dans laquelle le personnage s’est engouffré et la détresse qui en ressort. 
Mister Babadook est donc un premier long-métrage réussit et ingénieux. Depuis, la réalisatrice a sorti The Nightingale dont les premiers retours sont très positifs.