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Defending Jacob de Mark Bomback

Defending Jacob de Mark Bomback

Œuvrant principalement en tant que scénariste pour des projets à la qualité variable, Mark Bomback revient à la création de série pour la deuxième fois avec Defending Jacob. L’univers est efficacement défini lors du premier épisode. Nous découvrons la famille de l’adolescent, leur quotidien, leur 

Your Honor saison 1 de Peter Moffat

Your Honor saison 1 de Peter Moffat

Œuvrant depuis de nombreuses années pour la télévision, Peter Moffat a notamment été scénariste pour l’excellente série The Night Of. Avec Your Honor il poursuit son travail de transposition américaine de créations étrangères en s’offrant les services de Bryan Cranston et Michael Stuhlbarg. En un 

Them : Covenant de Little Marvin

Them : Covenant de Little Marvin

Série anthologique en devenir, Them est une création de Little Marvin et est notamment produite par Lena Waithe. Cette première saison intitulée Covenant nous positionne aux côtés d’une famille afro-américaine tentant de se reconstruire après un évènement traumatique.

Le premier épisode est une exposition efficace de son univers. Nous appréhendons l’ensemble des éléments nécessaires pour s’immerger dans ce milieu.
Chaque chapitre correspond à une journée au sein d’East Compton. Loin d’être une retranscription linéaire des évènements, l’œuvre mêle les enjeux présents avec la trajectoire passée de nos protagonistes.
Au fil du temps, nous obtenons ainsi un tableau complet sur le profil des individus et comprenons mieux leurs mécanismes de défense.
De même, bien que nous évoluons du côté de Lucky et sa famille, il n’est pas rare de les délaisser aux profits d’autres groupes pour mieux comprendre la trajectoire des évènements.
L’avancement du récit lève le voile sur la personnalité des protagonistes tout en développant une menace opaque autour de ces nouveaux arrivants.
Cette structure narrative permet d’avoir une meilleure compréhension des comportements individuels tout en créant une tension constante via la présence latente d’un danger autant surnaturelle que physique.

Deborah Ayorinde penchee enfant

La thématique explicite du récit est l’observation du racisme institutionnalisé aux États-Unis durant sa seconde phase ségrégationniste. Nous voyons comment des individus afro-américains subissent un harcèlement constant tout au long de leur vie quotidienne autant dans des lieux publics que privés. Nous constatons la pression que ces actes représentent à l’égard des opprimés mais aussi comment cette répression est mise en place et est alimentée.
L’originalité de l’œuvre est d’aborder le sujet des conséquences psychiques profondes qu’occasionnent ces sévices. Sans en formuler les termes scientifiques ou médicaux, les auteurs retranscrivent le développement de maladies mentales. Ces dernières sont présentées comme des mécanismes de défense pour cette famille perdant pied face à une réalité bien trop violente et inégale.
La structure des épisodes permet de se concentrer sur chacun des membres de la famille. Leur problème de santé est personnifié par une entité maléfique faisant aussi écho à l’histoire des États-Unis.

Les enjeux sont donc doubles. Il y a un combat interne à mener pour s’émanciper de mécanismes toxiques développer suite à des évènements traumatisants. Il y a aussi une lutte commune pour déjouer un système politique et social construit pour perdurer cette ségrégation d’une façon plus insidieuse.
Les auteurs évitent de tomber dans un manichéisme et tente de dresser des portraits d’individus denses pour mieux refléter les dilemmes moraux de ses personnages.
Cette complexité influe sur la trajectoire scénaristique. Certains événements de prime abord linéaires se voient parasiter par des initiatives individuelles. L’issue de cette saison n’en est que plus incertaine.

Outre ses qualités d’écriture, la réalisation est à la hauteur de son sujet. L’oppression ressentie par la famille est palpable. La retranscription de cette époque facilite l’immersion. La caractérisation des entités maléfiques est fascinante. Chacun de ces éléments est traité avec soin et permet d’obtenir une œuvre cinématographique captivante.
Nous plongeons entièrement dans ce cauchemar éveillé. L’alternance des points de vue apporte une variété d’ambiance dans cet univers et casse ainsi l’uniformisation du quartier résidentiel où réside notre famille. Cette diversité permet de garder un rythme constant sur les dix épisodes de cette saison.

En somme, Them est une belle découverte alliant une forme fascinante à un fond pertinent. Le format s’accorde ainsi parfaitement à son récit.
C’est donc avec curiosité et impatience que nous attendons les prochaines saisons de cette nouvelle anthologie.

Fargo saison 4 de Noah Hawley

Fargo saison 4 de Noah Hawley

Créé en 2014 par Noah Hawley, Fargo était initialement une adaptation du film éponyme des frères Coen. Par la suite, la série a muté en anthologie reprenant les codes scénaristiques établis dans la première saison. Cette quatrième itération s’intéresse aux conflits entre familles mafieuses. Le 

The Sinner Saison 3 de  Derek Simonds

The Sinner Saison 3 de Derek Simonds

Créé en 2017 par Derek Simonds, The Sinner nous place aux côtés du détective Harry Ambrose. Ce représentant de la loi aux méthodes atypiques, déontologiquement douteuses voir suicidaires s’occupe d’enquêtes en apparence classique mais profondément complexes et tortueuses. Pour cette troisième saison, notre homme s’intéresse 

ZeroZeroZero de  Stefano Sollima, Mauricio Katz & Leonardo Fasoli

ZeroZeroZero de Stefano Sollima, Mauricio Katz & Leonardo Fasoli

Auteur italien réputé pour avoir longuement écrit sur l’emprise de la mafia en Italie, Roberto Saviano sort en 2013 Extra Pure. L’œuvre se voit transposer en série par Stefano Sollima, Mauricio Katz et Leonardo Fasoli.
Composé de huit épisodes, l’unique saison narre parallèlement trois trajectoires : les vendeurs, les acheteurs, les courtiers. Se focalisant sur la gestion d’une commande, les créateurs nous montrent les mécanismes de ce commerce à travers le monde et les différents organismes participant à son fonctionnement.

Le premier épisode est un modèle d’exposition. Les différents protagonistes sont présentés dans leur environnement respectif. Chaque parti se prépare pour remplir son rôle. On comprend rapidement qu’en dehors du fil rouge qu’est la transaction, des enjeux propres à chaque secteur va parasiter une mission initialement finement orchestrée.
Outre le décor parfaitement dressé, ce prologue annonce sa structure scénaristique. L’œuvre reposent sur des destins croisés et les conséquences d’actes individuelles sur les enjeux communs. Chaque épisode se concentre sur une temporalité restreinte et navigue à tour de rôle entre les différents points de vue.

Cette construction a plusieurs avantages. Sur un plan fictionnel, elle est motrice de tensions. Chaque itération sur un même segment narratif complète notre compréhension de la situation donnée. Nous prenons conscience des enjeux et des risques encourus pour chacun. Elle permet aussi d’alterner facilement entre les différents protagonistes tout en leur laissant le temps de s’exprimer dans leur environnement. Nous avons ainsi le temps de comprendre chaque individu, d’évoluer à ses côtés et de développer de l’empathie à leur encontre.
Dans sa retranscription du réelle, ce découpage permet de délimiter différentes étapes dans le transport de la “Blanche”. En plus de faire évoluer les relations de notre trio de départ, chaque épisode offre une vue d’ensemble sur l’emprise qu’à cette drogue au sein de notre société. Elle est un levier politique et économique pour ceux en capacité de la contrôler. Elle est un moyen de financer leurs activités principales, d’enrichir leur communauté. À ce titre, elle devient un enjeu pour dominer leurs adversaires. Sa présence ou son absence détermine la potentielle puissance d’un groupe car synonyme de richesse en devenir.

ZeroZeroZero Stefano Sollima Mauricio Katz Leonardo Fasoli Screenshooter

Les auteurs se focalisent uniquement sur les instigateurs de ce commerce pour mieux mettre en lumière les motivations respectives de chacun. Pour certains il s’agit d’une quête de pouvoir, de domination géographique. Pour d’autres, il représente simplement un business plus lucratif que ceux s’effectuant en toute légalité.
La morale n’a pas de mise ici. Les actions sont uniquement déterminées par la réussite de l’opération. Tous les moyens doivent être employés pour assurer sa réussite. Les conséquences sont souvent dramatiques et démontrent la cruauté du milieu.

En huit épisodes, notre empathie pour certains protagonistes aura été mise à rude épreuve. Malgré la noirceur de l’environnement, les auteurs réussissent à incorporer quelques touches de lumière dans chacune des trames rendant d’autant plus dramatiques les trajectoires.
Zerozerozero dresse un tableau vertigineux de ce commerce illégal alors même que nous avons l’impression de n’effleurer que le sujet. En termes de fiction, la série est stimulante et parfaitement maitrisée. Dans son état des lieux de la situation géopolitique, elle est glaçante de nihilisme.

Gangs of London saison 1 de Gareth Evans & Matt Flannery

Gangs of London saison 1 de Gareth Evans & Matt Flannery

Mis sur le devant de la scène avec The Raid, Gareth Evans avait pour projet de faire une trilogie à partir de son œuvre de 2011. Six années après le second opus, il parait évident que la conclusion espérée ne verra jamais le jour. L’auteur 

Scream Resurrection saison 3 de Jill Blotevogel, Dan Dworkin & Jay Beattie

Scream Resurrection saison 3 de Jill Blotevogel, Dan Dworkin & Jay Beattie

Après un premier revival avec Scream 4 en 2011, la franchise poursuit sa quête d’un nouveau souffle via le format télévisuel. En 2015 et 2016, MTV diffuse donc une nouvelle itération en deux saisons. Loin d’être convaincante, cette proposition aura le mérite de s’éloigner de 

Euphoria saison 1 de Sam Levinson

Euphoria saison 1 de Sam Levinson

Après une carrière discrète en tant qu’acteur, Sam Levinson décide de passer derrière la caméra. Il officie dans un premier temps en tant que scénariste sur Wizard of lies en 2017 puis réalise son premier long l’année suivante : Assassination Nation. À défaut de faire l’unanimité, l’œuvre se fait remarquer lors de son passage dans divers festivals ainsi qu’à sa sortie en salle. 
En 2019, il adapte une série israélienne pour HBO s’intitulant Euphoria. 
L’œuvre nous place aux côtés de Rue. Sa récente sortie d’un centre de désintoxication est une porte d’entrée nous permettant de découvrir son univers et son entourage.
Tel un être omniscient, la jeune femme nous narre tout au long des huit épisodes le destin croisé de plusieurs élèves de son lycée. Les différentes trajectoires nous permettent d’obtenir une compréhension complète des intrigues abordées. L’œuvre est structurée de sorte à se focaliser sur un protagoniste par épisode. Nous pouvons ainsi observer comment ce dernier s’inclut dans cette fresque. 
Ce procédé est pertinent sur deux points.
Il nous permet de se familiariser avec l’ensemble des individus récurrents. Nous générons ainsi de l’empathie ou de l’aversion pour eux. Leurs interactions et l’impact émotionnel provoqué s’en retrouvent décuplés. Il est fréquent de se retrouver dans des situations anxiogènes tant la tension est palpable et le dénouement imprévisible. 
De par cette pluralité des personnalités et des vécus, l’auteur peut aisément développer ses thématiques tout en conservant une cohérence vis-à-vis de son récit. Ce processus évite de noyer le propos dans un ensemble et permet surtout de construire son discours à partir de ces différents sujets. L’approche est payante. Les idées servent autant à poser un constat sur notre réalité que d’être le moteur des intrigues.
Euphoria saison 1 Sam Levinson Screenshooter Algee Smith
 
La structure de cette série peut s’apparenter au processus de création d’un tableau. Sam Levinson choisit comme toile une ville américaine lambda afin de rendre l’environnement le plus universel possible. Il divise son support en plusieurs actes, chacun se focalisant sur un être. Il opte pour des couleurs vivantes afin de sublimer son propos tragique. On obtient ainsi un contraste criant entre cette forme et le fond. La somme de ces choix artistique nous offre une vue d’ensemble sur les causes du mal-être de toute une jeune génération. 
Au final, Euphoria est une expérience immersive facilitée par une BO pertinente et une patte visuelle agréable. On ne peut s’empêcher de penser à Skins dans sa captation d’un groupe de jeunes et sa construction scénaristique. La comparaison s’arrête ici tant la forme est diamétralement différente. On peut d’ailleurs mesurer la maitrise de Sam Levinson par son audace à conclure cette première saison sur un clip musical tout en conservant une cohérence avec les événements précédents.
Billions saison 4 de David Levien, Brian Koppelman & Andrew Ross Sorkin

Billions saison 4 de David Levien, Brian Koppelman & Andrew Ross Sorkin

Créé en 2016 pour Showtime, Billions est une adaptation du roman d’Andrew Ross Sorkin intitulé Too big to fail. L’écrivain s’entoure des scénaristes Brian Koppelman et David Levien pour mettre sur pied cette série. L’œuvre propose de suivre la confrontation entre un gestionnaire de portefeuille