Étiquette : comedie

Peacemaker saison 1 de James Gunn

Peacemaker saison 1 de James Gunn

Reboot nécessaire après le fiasco de la version de David Ayer, The Suicide Squad de James Gunn a su apporter une formule percutante déjà éprouvée dans ses Gardiens de la galaxie. Avec sa galerie de personnages tous plus allumés les uns que les autres, l’œuvre 

The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic de Teemu Nikki

The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic de Teemu Nikki

Amorçant sa carrière en 1995 avec Möykky, Teemu Nikki a depuis réalisé une vingtaine de court-métrages, participé à quatre séries et tourné deux films. The blind man… est son second long. Pour narrer le périple de son protagoniste, l’auteur opte pour une immersion totale. La 

Scare me de Josh Ruben

Scare me de Josh Ruben

L’univers horrifique nous berce depuis des décennies avec des anthologies que ce soit sous forme de comics avec Creepshow, de séries avec American Horror Story ou de films avec The Mortuary Collection.
Dans le septième art, il est courant de se retrouver avec des œuvres à la qualité variable et au fil rouge inexistant. Certains assument le délaissement de leur trame de fond pour se concentrer sur les sketches uniquement. C’est le cas de la saga V/H/S.
Il est par contre difficilement concevable qu’une anthologie se concentre sur son fil rouge plutôt que sur ses récits annexes. C’est pourtant ce que propose Josh Ruben.

Dans cette œuvre, nous sommes placés aux côtés de Fred. Le trajet le menant jusqu’au chalet donne la tonalité de l’œuvre. Nous avons un mélange d’humour et de références cinématographiques ponctuant les échanges entre la conductrice et notre protagoniste.
L’auteur prend ensuite le temps de nous présenter les lieux et les raisons amenant à ce huis-clos. Une fois ces éléments acquis, l’œuvre prend une tournure peu conventionnelle en nous invitant à plonger pleinement dans une joute verbale imagée et imaginative.
En effet, le récit reste ancré dans son lieu d’origine, le chalet et ses environs. Les histoires narrées ne sont en aucun cas des moments d’évasions. Leur présence est toute autre. Elles sont des dynamiques entre les protagonistes.

À travers les contes se jouent un combat d’égo entre deux individus diamétralement opposés.
D’un côté nous avons Fred. Il occupe un emploi quelconque en tant que cadre et rêve d’être un écrivain à succès.
De l’autre nous avons Fanny. Elle a connu la renommée suite à un livre horrifique et travaille sur son futur projet.
Cette rencontre entre deux trajectoires antagonistes provoque une confrontation riche en faux-semblants.
L’homme tente de prouver qu’il a les capacités nécessaires pour devenir romancier tandis que la femme offre une démonstration de son talent à cet auditoire réduit.
Le récit alterne donc entre ces récits et des moments d’analyse de la performance proposée. Au fil du temps, les enjeux évoluent et la frontière entre création et réalité se brouille afin d’accentuer la tension entre les personnages.

Scare me Josh Ruben Screenshooter Aya Cash

Afin de compenser son unité de lieu et de temps, l’auteur se repose entièrement sur sa mise en scène.
Plus que de simples narrateurs, le duo joue les différents rôles au sein de leurs contes. Il est captivant d’assister à leur performance. L’environnement est mis à profit afin de faciliter l’immersion. De même, bien que se déroulant dans le chalet, les effets sonores se synchronisent avec les fictions contées.
À défaut de nous montrer l’adaptation visuelle de leurs propos, nous avons la possibilité de nous imaginer les scènes en nous basant sur ces éléments.
Le spectateur devient ainsi l’audience privée de sketchs qui ne verront jamais le jour. Il est attendu de sa part une certaine implication afin de se projeter dans ces fictions.
De par cette approche, Scare Me adopte une posture théâtrale dans sa mise en scène : l’unité de décors, les artifices visuels et sonores, le jeu d’acteur haut en couleur. Nous avons ainsi une structure hybride où la cinématographie laisse place au spectacle vivant à différents instants. Une approche paradoxale sachant que le cinéma est considéré comme un spectacle mort.
Les entractes entre les différentes scènes permettent d’évaluer la prestation offerte et l’impact sur la dynamique entre les personnages. Cette alternance entre les représentations donne un rythme à l’œuvre. De même, l’auteur injecte de nouveaux éléments constamment afin d’éviter une monotonie dans les évènements.
Une fois le concept assimilé et accepté, le récit ne cesse de se renouveler et se diversifier.

En somme, l’œuvre repose l’ensemble de son univers sur le concept énoncé. Le ressenti du spectateur vis-à-vis de cette expérience dépendra de son acceptation au concept.
On retrouve dans tous les cas des qualités de mise en scène indéniables. Le film est une excellente carte de visite pour Josh Ruben. Sa proposition horrifique est pertinente et montre sa parfaite compréhension des mécanismes inhérents au genre.
On espère que son prochain projet, Werewolves within, permettra de confirmer les promesses esquissées dans ce premier long.

Promising Young Woman d’Emerald Fennell

Promising Young Woman d’Emerald Fennell

Débutant sa carrière en tant qu’actrice en 2010, Emerald Fennell passe à la réalisation en 2018 avec le court-métrage Careful How You Go. En 2021, la réalisatrice revient avec Promising Young Woman. Ce long-métrage a remporté l’Oscar du Meilleur scénario original et deux prix au 

Fargo saison 4 de Noah Hawley

Fargo saison 4 de Noah Hawley

Créé en 2014 par Noah Hawley, Fargo était initialement une adaptation du film éponyme des frères Coen. Par la suite, la série a muté en anthologie reprenant les codes scénaristiques établis dans la première saison. Cette quatrième itération s’intéresse aux conflits entre familles mafieuses. Le 

The Hunt de Craig Zobel

The Hunt de Craig Zobel

La nouvelle Le Plus dangereux des gibiers de Richard Connell est notamment connu grâce à son adaptation cinématographique Les Chasses du comte Zaroff. The Hunt reprend sa thématique mais avec une approche plus corrosive.

Ouvrant sur une exécution dans un avion, l’auteur nous présente les instigateurs derrière cette compétition sadique. Entre la sécheresse de la mise à mort et la caractérisation des protagonistes nous cernons rapidement la tonalité de l’ensemble.
La trajectoire des événements adoptée n’est guère surprenante. On retrouve l’ensemble des mécanismes propres au genre entre la proie inversant le rapport de force et le boss final psychotique. L’ensemble est bien rythmé et est ponctué de confrontations efficaces.

L’originalité de l’œuvre réside principalement dans la caractérisation des personnages et leur conviction politique. En effet, bon nombre des films reprenant cette thématique opposent des nantis à des personnes issues de classe populaire. Il est courant que ce rapport de force soit mis en évidence via la différence de milieu social dans lequel évolue les deux parties. Il est moins fréquent que cet aspect soit verbalisé et incorporé dans la dynamique du récit.
Dans The Hunt, la genèse même de cette chasse est justifiée comme un acte militant, un combat idéologique. L’œuvre est entièrement ancrée dans notre époque et met en exergue, souvent de manière caricaturale, les différents maux de la société américaine. Pour facilité notre immersion dans cette compétition, Craig Zobel adopte un second degrés constant et tourne en dérision l’ensemble de ces courants de pensées et les incohérences qui en découlent. Notre capacité d’empathie s’en retrouve parasitée.

The Hunt Craig Zobel Screenshooter Emma Roberts

En effet pour faciliter l’attachement, il est fréquent d’avoir recours à des valeurs universelles pour présenter les protagonistes. Il permet de se reconnaitre en eux sans avoir à dévoiler leurs convictions profondes sur leur modèle de société idéal.
The Hunt prend à contre-pied ce procédé. Les différentes discussions mettent en avant la vision utopique du Monde de ces personnages. Cette approche a pour conséquence d’être amené à suivre des individus en opposition totale avec nos valeurs. Une position déroutante où l’on peut se retrouver en accord avec une de ces personnes sans pour autant cautionner ses agissements. De plus, en grossissant le trait de ces individus, il nous est d’autant plus difficile de s’en attacher.
Au sein de cette galerie de personnages, seules deux femmes ne sont pas tournées en dérision : “l’héroïne” Crystal et sa Némésis Athena. Elles permettent de garder un point d’ancrage dans notre réalité.
Le fait d’évoluer aux côtés de Crystal et de la voir verbaliser les incohérences des personnes l’entourant renforce autant l’absurdité des comportements qu’elle crédibilise cet univers. Nous nous retrouvons donc dans sa lecture des événements sans pour autant apprécier sa personnalité. En effet, notre jugement à son égard est biaisé par le tableau dressé par les chasseurs. Tout comme le slasher le fait depuis des décennies, l’auteur nous pousse à suivre les actions d’une personne à laquelle nous ne nous reconnaissons pas. La définition de son identité est d’ailleurs parfaitement gérée jusqu’au dénouement final.

En somme, The Hunt est une expérience grisante et surprenante. Avec cette relecture de la chasse à l’homme, le réalisateur offre un divertissement foncièrement détonnant.

Fear inc de Vincent Masciale

Fear inc de Vincent Masciale

Après avoir réalisé de nombreux courts-métrages, Vincent Masciale offre une version longue à l’un de ses projets avec Fear Inc. L’auteur nous place aux côtés d’un homme en quête de grands frissons. Ses connaissances dans le genre horrifique font de lui un être désabusé par 

El autor de Manuel Martín Cuenca

El autor de Manuel Martín Cuenca

Se déroulant à Séville, l’œuvre de Manuel Martín Cuenca nous place au côté d’un écrivain en devenir. Cet homme, Àlvaro, rêve d’une reconnaissance à la hauteur de son talent d’écriture. Nous découvrons dans un premier temps son quotidien entre son travail dans un cabinet notarial, 

Vermin saison 1 d’Alexis Beaumont, Hafid F. Benamar & Balak

Vermin saison 1 d’Alexis Beaumont, Hafid F. Benamar & Balak

Auteur de Lastman et co-créateur de Les Kassos, Balak s’entoure de l’acteur Hafid F. Benamar et d’Alexis Beaumont pour développer son nouveau projet : Vermin. 
Diffusé dans un premier temps sur l’application Blackpills, la série rejoint avec Crisis Jung le catalogue Netflix. 
Nous plongeons dans le monde merveilleux des insectes. Les auteurs s’amusent à détourner diverses œuvres genre policier. Par exemple, le premier épisode reprend l’introduction de Zootopia tandis que le huitième est un ersatz de Piège de cristal. Évidemment, tout comme dans Les Kassos, les situations sont allègrement parasitées par un humour corrosif. Le politiquement correct n’existe aucunement. Les créateurs enchaînent les péripéties les plus improbables pour notre plus grand bonheur. 
Malgré une succession constante de gags, les personnages prennent de la consistance au fil du récit. Le passif respectif de notre duo est développé et accentue d’autant plus leur personnalité antinomique.
Vermin Alexis Beaumont Hafid F Benamar Balak Screenshooter metro bonde 
L’originalité ne se trouve pas tant dans la galerie des personnages que dans l’univers dans lequel ils évoluent. Les auteurs bâtissent une ville amorale où chaque entité de la société en prend pour son grade. Chaque épisode permet de compléter le plan de cette cité. On visite une multitude de lieux communs afin de varier les péripéties.
Le tour de force est d’autant plus remarquable que le format est extrêmement court. En dix épisodes de huit minutes, les auteurs parviennent à développer un fil rouge solide. Les divers événements annexes permettent d’amener lentement le duo vers un final aussi jouissif qu’improbable. L’œuvre dans son ensemble est structurée afin de respecter cet impératif de durée.
La définition des personnages suit d’ailleurs cette logique. Chacun d’eux n’est que la caricature d’un archétype du genre policier. Ils sont ainsi rapidement cernés. 
Pour les aficionados de Les Kassos, cette nouvelle création se trouve être dans sa droite lignée d’un point humoristique. Elle a l’avantage de construire un récit et un univers bien plus complexe et imaginatif.
Une excellente découverte qui aura le droit à deux saisons supplémentaires.
 
Boustifaille de Pierre Mazingarbe

Boustifaille de Pierre Mazingarbe

Le concept des rednecks, consanguins, amateur de viandes humaines, a donné naissance à bons nombres d’œuvres américaines : La colline a des yeux, Massacre à la tronçonneuse, Détour mortel, …. Dans l’Hexagone, les exemples sur le sujet se font bien plus rares. Frontières et Girls With