Étiquette : action

Athena de Romain Gavras

Athena de Romain Gavras

Co-fondateur du collectif Kourtrajmé, Romain Gavras s’est forgé une carrière cinématographique discrète entre clips musicaux pour des artistes renommés (Justice, M.I.A) et long-métrages atypiques (Notre jour viendra, Le monde est à toi). Scénarisé conjointement avec Ladj Ly, ce nouveau projet est l’opportunité de bénéficier d’une 

Escape from Mogadishu de Ryu Seung-wan

Escape from Mogadishu de Ryu Seung-wan

Œuvrant pour le cinéma sud-coréen depuis le début du XXIème siècle, Ryu Seung-wan s’est fait remarquer à de nombreuses reprises notamment avec City of violence, The unjust et surtout Battleship Island. Ce nouveau long-métrage trouve une continuité avec sa précédente création. L’auteur poursuit son exploration 

Peacemaker saison 1 de James Gunn

Peacemaker saison 1 de James Gunn

Reboot nécessaire après le fiasco de la version de David Ayer, The Suicide Squad de James Gunn a su apporter une formule percutante déjà éprouvée dans ses Gardiens de la galaxie. Avec sa galerie de personnages tous plus allumés les uns que les autres, l’œuvre regorgeait d’un lore ne demandant qu’à être exploité.
L’univers trouve ainsi un prolongement avec la série Peacemaker. Centré sur le personnage éponyme, nous amorçons le récit quatre années après les évènements du long-métrage. Sa fin de convalescence amorce le début d’une nouvelle mission loufoque.

 

Nous replongeons aisément dans ce monde empli d’anti-héros. L’auteur oscille entre la narration de cette nouvelle aventure et le développement du passif de son protagoniste. Son retour sur ses terres natales nous permet de connaître l’individu dans son environnement. Nous alternons ainsi entre un fil rouge centré sur l’extermination de papillons et des interactions plus intimistes.
Au cours des huit épisodes, nous comprenons comment le personnage incarné par Cena en est arrivé à devenir cet individu antipathique et intransigeant. L’exploration de ses racines est distillée tout du long et permet de confronter ses convictions face à une réalité nécessitant plus de nuances. Les événements narrés apportent une fragilité à cet homme aux convictions rigides. Plus qu’une simple mission de routine, nous suivons surtout un récit initiatique où un adulte immature prend conscience des responsabilités qui lui incombent.
En cela, nous retrouvons la formule déjà éprouvée par James Gunn dans son film. Le mélange de tonalités renforce l’authenticité des protagonistes et ce Monde qui les entoure. L’ambiance est légère mais incorpore constamment des éléments dramatiques. Cette alternance génère une dynamique à chaque épisode permettant de maintenir l’attention du spectateur. Entre des affrontements sanglants, des discussions absurdes et d’autres plus émouvantes, nous évoluons avec une équipe hétérogène se dévoilant un peu plus au fil du récit.
En effet, bien que la série tourne autour de Peacemaker, il n’est pas le seul à avoir le droit à ce traitement. Chaque membre se découvre. La caractérisation sommaire du début laisse place à des personnalités plus nuancées. Cette ambivalence permet de générer de l’empathie à leur égard.
De plus, cette approche compense une intrigue relativement faible dans ses mécanismes. La trajectoire scénaristique est pensée dans une structure convenue de série télévisuelle. Chaque épisode est une étape au sein du fil rouge de la saison. Chacun d’eux comporte une introduction, l’exécution d’un plan et la conclusion. L’ensemble est certes agréable mais reste très académique.
Ce constat n’empêche pas le désir de découvrir de nouvelles aventures de ce faiseur de paix fou et de ses compagnons de fortune.

 

En somme, cette expansion de l’univers Suicide Squad est un parfait divertissement s’inscrivant dans la continuité du film et apportant une profondeur non négligeable à ses personnages.

The Sadness de Rob Jabbaz

The Sadness de Rob Jabbaz

Projet développé en pleine pandémie, le premier long-métrage de Rob Jabbaz s’inscrit pleinement dans son époque entre virus en pleine mutation et défiance face aux institutions étatiques. Amorçant son récit sur le doux réveil d’un couple, nous prenons le temps de connaître ces individus pendant 

Section 99 de S. Craig Zahler

Section 99 de S. Craig Zahler

Trois années après s’être essayé à la réalisation avec Bone Tomahawk, S. Craig Zahler récidive avec Section 99. Exit l’Ouest sauvage et son monde cannibale, cette nouvelle œuvre s’intéresse à une autre branche des films d’exploitation : l’univers carcéral. Ouvrant sur le licenciement du protagoniste, 

Bone Tomahawk de S. Craig Zahler

Bone Tomahawk de S. Craig Zahler

Genre passé en désuétude depuis la fin des années 80, le western continue de hanter nos écrans notamment grâce aux frères Coen.
Sortie discrètement dans nos contrées en 2015, Bone Tomahawk est la première réalisation de l’écrivain S.Craig Zahler.

Ouvrant sur l’exécution et le pillage d’un camp, l’auteur opte pour une immersion d’en un Ouest sauvage et désolé. L’introduction passée, nous sommes amenés à découvrir les habitants d’un bourg. L’environnement calme, en totale opposition avec les événements précédents, va nous permettre de faire connaissance avec les différents protagonistes.
Au fil des situations, nous comprenons les liens régissant les individus entre eux et leur insertion dans ce microcosme social. Un élément frappant est le recours à une touche d’humour se reposant principalement sur le duo formé par le shérif et son adjoint. On développe rapidement de l’empathie pour ces habitants. Ainsi lorsque leur paisible existence vient être perturbée par la venue d’un étranger, nous sommes prêts à les suivre dans leur périple pour réclamer justice.

Un élément frappant dans la construction de cette œuvre réside dans sa gestion du temps. En effet, dans une course contre la montre, il est courant de retranscrire l’urgence des enjeux via une frénésie dans l’enchainement des séquences. Ici, le réalisateur préfère laisser vivre ses situations. Ce choix nous permet d’apprécier l’univers dans lequel évolue ses personnages. Il a pour conséquence aussi de transformer son postulat de départ en épopée intimiste.
Une fois sortie de leur environnement social, les protagonistes dévoilent plus profondément leur nature. Le périple est lent mais n’est pas dénué de péripéties. Chaque étape dans ce voyage est jonchée de rencontres permettant de mieux cerner l’âme de ces hommes. Le fait de suivre des personnes lambda plutôt que les figures archétypales du genre permet de créer une proximité et de nous reconnaitre dans le comportement de ces individus.
Le rythme lancinant n’enlève rien à l’urgence des enjeux. Plus nous avançons dans ces contrés isolées et plus nous ressentons la proximité du danger.

Bone Tomahawk S. Craig Zahler Screenshooter Kurt Russel Matthew Fox

Outre ce travail narratif captivant, l’autre élément détonnant est sa représentation de la violence des conflits. Dans la majeure partie de l’œuvre, l’auteur prend une certaine distance pour filmer ces instants. On ressent donc la brutalité de l’affrontement sans pour autant en mesurer entièrement l’impact qu’elle occasionne pour les personnes touchées. Progressivement, nous allons être amenés à suivre de plus près ces rixes jusqu’à un final tétanisant de tension.
L’oppression que l’on ressent lors de cette dernière bataille est autant liée à ses enjeux qu’à sa retranscription du combat. Alors que jusqu’ici nous étions amenés à imaginer les blessures subies, cette conclusion nous présente frontalement les chairs meurtries. Sur cet aspect, l’auteur embrasse le bis italien des années 80 où la rencontre entre des êtres dit civilisés et d’autres primitifs se paie d’un lourd tribut. Ce changement graphique ne dessert aucunement le drame qui se joue.
Au contraire, en plongeant entièrement dans l’horreur de la situation, le réalisateur offre ainsi une conclusion parfaite à son récit. Il met à contribution l’empathie que l’on ressent pour ses personnages tout en nous surprenant dans la retranscription de ces derniers instants.

Depuis la sortie de Bone Tomahawk, S. Craig Zahler a réalisé les excellents Section 99 et Trainé sur le bitume. Son prochain projet sera une collaboration avec Park Chan-wook où il occupera le poste de scénariste.

Balle perdue de Guillaume Pierret

Balle perdue de Guillaume Pierret

Après avoir réalisé quelques courts-métrages ainsi qu’une poignée d’épisodes pour le Golden Moustache et le Golden Show, Guillaume Pierret passe au format long avec Balle perdue. L’auteur s’entoure d’un casting solide entre habitué du genre et acteurs sortant de leur zone de confort. D’une durée 

La guerre des gangs de Lucio Fulci

La guerre des gangs de Lucio Fulci

Avant d’obtenir ses gallons dans l’univers horrifique, Lucio Fulci œuvrait depuis nombre d’années pour la renommée du cinéma italien. Du western à la comédie en passant par le film d’aventure, le futur maitre de l’horreur s’est frotté à divers genres cinématographiques sans réussir à rencontrer 

Gangs of London saison 1 de Gareth Evans & Matt Flannery

Gangs of London saison 1 de Gareth Evans & Matt Flannery

Mis sur le devant de la scène avec The Raid, Gareth Evans avait pour projet de faire une trilogie à partir de son œuvre de 2011. Six années après le second opus, il parait évident que la conclusion espérée ne verra jamais le jour. L’auteur s’est par la suite éloigné des films d’action pour alimenter le catalogue Netflix avec Le bon apôtre.
C’est donc avec plaisir qu’on le retrouve aux commandes d’une série anglaise sonnant comme un retour vers ses premiers amours. Pour nous narrer le gangstérisme londonien, le réalisateur fait appel à Xavier Gens et Corin Hardy pour mettre en boîte cette saison de neuf épisodes.
L’œuvre se penche sur la gestion d’un empire criminel suite à l’assassinat de son dirigeant. Le premier épisode adopte un format long d’une heure trente afin de nous présenter les différents partenaires du clan Wallace, à la tête de cette organisation. La diversité des domaines d’activités et les spécificités de ces différentes factions justifient la durée de cette introduction. Nous sommes ainsi aptes à comprendre les enjeux initiaux suite à ce meurtre et de faire connaissance avec les différents protagonistes.
La suite des événements densifie progressivement le récit. On passe d’un simple règlement de compte commandité par une bande dissidente à un complot bien plus complexe. Cette évolution est amenée progressivement au gré des investigations de différents individus. Bien plus que les scènes d’actions ponctuant l’œuvre, l’atout principal de la série réside dans sa capacité à investir le monde du grand banditisme londonien en jouant avec les codes sans tomber dans les clichés propres au genre.
Gangs of London saison 1 Gareth Evans Matt Flannery Screenshooter
Là où on aurait pu s’attendre à suivre le récit qu’à travers la vision de la famille Wallace, les auteurs optent pour la multiplicité des points de vue. Ce parti-pris sert autant dans la construction de l’univers que dans la gestion du rythme.
Nous avons une meilleure compréhension du fonctionnement de cet empire, de la façon dont chacun contribue à son essor mais aussi à quel point une telle entreprise peut être fragile. Chaque personnage a le temps d’être développé et de dévoiler son rôle au sein de l’organisation mais aussi les raisons l’ayant amené jusqu’ici. La structure de cette saison est adaptée à ce choix en consacrant certains épisodes à un individu spécifique.
Grâce à ce procédé, la gestion du rythme se retrouve être maitrisé de bout en bout. On alterne constamment entre les investigations sur les commanditaires du meurtre et divers affrontements nerveux.
La capacité de Gareth Evans à développer un univers aussi dense et crédible est une belle surprise. The Raid 2 montrait déjà la volonté de cet auteur à investir en profondeur les milieux criminelles, Gang of London est le murissement de ce procédé.
À cela s’ajoute la création de confrontations variées allant de la longue fusillade entre deux factions interposées à l’affrontement Mano a Mano. On retrouve la mise en scène dynamique longuement éprouvée lors de ses précédentes œuvres. La caméra s’adapte continuellement à la situation captée et suit le mouvement des corps pour mieux retranscrire les impacts des coups.
Si l’on pouvait encore regretter l’absence de conclusion pour sa trilogie indonésienne, le réalisateur nous propose une alternative extrêmement galvanisante avec cette série. Les neufs épisodes s’enchainent à un rythme effréné et se conclut avec brio.

The punisher saison 2 de Steve Lightfoot

The punisher saison 2 de Steve Lightfoot

Entre 1989 et 2009, les péripéties de Franck Castle ont eu le droit à trois adaptations cinématographiques à la qualité très variables.  Le développement du Marvel’s Universe sur Netflix a permis à cet anti-héros de refaire surface. Apparu dans la deuxième saison de Daredevil, il