Étiquette : horreur

Friend Request de Simon Verhoeven

Friend Request de Simon Verhoeven

Au crépuscule de la première décennie du XXIéme siècle, la sortie de Paranormal Activity avait été le déclencheur d’une nouvelle vague horrifique : le found footage.  La résurgence de ce sous-genre s’accompagna d’une incursion prégnante du numérique dans la narration des intrigues.  En parallèle, sur 

The mortuary collection de Ryan Spindell

The mortuary collection de Ryan Spindell

Après avoir réalisé une petite dizaine de courts-métrages en une décennie, Ryan Spindell développe son premier long avec The Mortuary Collection.  L’auteur opte pour un film à sketches. Un choix étonnant puisqu’habituellement ces projets sont affectés à plusieurs metteurs en scène. Pour autant, l’approche est 

Boustifaille de Pierre Mazingarbe

Boustifaille de Pierre Mazingarbe

Le concept des rednecks, consanguins, amateur de viandes humaines, a donné naissance à bons nombres d’œuvres américaines : La colline a des yeux, Massacre à la tronçonneuse, Détour mortel, ….
Dans l’Hexagone, les exemples sur le sujet se font bien plus rares. Frontières et Girls With Balls en sont les productions les plus récentes.
Après Moonkup, Pierre Mazingarbe poursuit dans le genre en abordant le cannibalisme, mais au sein d’une famille huppée.
On quitte donc les campagnes boueuses, délabrés, peuplées de démunis pour s’installer dans le domaine des nantis. 
Après une présentation du couple au travers d’une scène d’intimité, l’œuvre déroule une intrigue épurée à un rythme effréné.
Le faible nombre de protagonistes aide à maintenir ce tempo. Le soin apporté à l’écriture des dialogues permet de rapidement cerner le caractère de chacun. L’auteur peut ainsi enchaîner les situations sans avoir à passer par de longues phases explicatives. On comprend donc le passif des individus via leurs confrontations. 
Le recours à un ton humoristique offre au réalisateur la possibilité d’aborder sa thématique sur un ton décalé. Exit donc l’atmosphère poisseuse habituellement associé, nous évoluons dans un environnement lumineux où la chair humaine est un plat gastronomique et non du junk food.
Boustifaille Pierre Mazingarbe Moustafa Benaibout
L’approche est pertinente et s’adapte parfaitement au format. De même, la caractérisation des personnages gravitant autour du couple les tourne parfois en ridicule sans pour autant desservir la tension inhérente aux situations vécues. 
En effet, bien que la forme soit légère, le fond lui démontre la capacité du cinéaste à investir son genre. La relation liant Karim à Daphnée est parfaitement construite. Les mésaventures font évoluer leur rapport et réussissent à faire appel à notre empathie. Avant d’être un film sur le cannibalisme, Boustifaille est surtout un film sur l’amour et son pouvoir d’émancipation. 
Sélectionné au sein de la compétition des courts-métrages français de la 9eme édition du PIFFF, l’œuvre a remporté le prix Ciné+ Frisson ainsi que le prix du jury. 
Pour son prochain projet, Pierre Mazingarbe passe au format long avec Chiens et loups : une histoire de famille pour le moins intrigante.
 
Face your demon

Face your demon

La noria de Carlos Baena: Avec son film d’animation muet, l’auteur nous embarque, durant une douzaine de minutes, aux côtés d’un jeune garçon isolé et en danger. Le bestiaire déployé est stimulant, chaque monstre a sa propre spécificité, sa propre morphologie. La course-poursuite est bien 

Marianne de Samuel Bodin

Marianne de Samuel Bodin

En une bonne dizaine d’années, Samuel Bodin a eu l’occasion de donner sa vision du chevalier noir, d’explorer les tréfonds des prisons les plus dangereuses ou encore de raconter sa version du Débarquement. Cette fois, l’auteur s’attaque à la sorcellerie et décide de s’établir en 

Wedding Nightmare de Tyler Gillet et Matt Bettinelli-Olpin

Wedding Nightmare de Tyler Gillet et Matt Bettinelli-Olpin

Issus du collectif Radio Silence, Tyler Gillet et Matt Bettinelli-Olpin reviennent derrière la caméra après le pitoyable The baby.
Bien que le trailer fleurait bon la course à la mort dans un environnement gothique, le fait que leur précédent méfait annonçait une bonne expérience horrifique pour finalement n’être qu’une œuvre insipide, nous pousse à la méfiance.
 
La mise en place du récit est efficace : une scène d’introduction annonçant les sombres agissements dans le manoir puis le mariage et sa cérémonie pour découvrir les protagonistes.On cerne rapidement les différents personnages, leur caractère et les relations qu’ils entretiennent. Le récit suit son cours et les scènes s’enchaînent à bon train jusqu’au moment clé.
La présentation
, du jeu à venir, change notre vision de la famille bourgeoise. Au travers de la bandeannonce, on supposait que les membres s’adonnaient à un plaisir sadique avec cette version tordue du cache-cache. Cet aspect impliquait une famille rodée à l’exercice et dénuée de sentiments.
La réalité est que la confrontation oppose deux unités, chacune victime d’une situation qu’ils n’ont pas désirée.  D’un côté, la jeune mariée, évidemment, devant se plier aux « coutumes » et donc survivre à cette nuit. De l’autre, la sphère familiale, maudit par le choix d’un ancêtre et, devant donc tenir le rôle qu’il leur incombe. La motivation est donc commune : accomplir son devoir pour ne pas périr.
De ce fait, en optant pour cette voie, les auteurs peuvent offrir plus de profondeur à leurs personnages. Certains accomplissent leur besogne consciencieusement tandis que d’autres doivent faire face à des dilemmes moraux.L’axe narratif est pertinent, car il permet de diversifier les situations et ne pas tomber dans un simple schéma : proie-chasseurs. Les confrontations concernent toujours les mêmes personnes, mais le dénouement varie constamment. 
Wedding Nightmare Tyler Gillet Matt Bettinelli-Olpin mariee puit echelle
Un autre point positif réside dans le ton adopté. Les enjeux sont traités de manière sérieuse, la mort revêt différentes formes et aucun sévices subit ne nous est épargné. D’un point de vue, hectolitres déversés, l’œuvre se montre donc généreux.
A l’opposé du traitement des meurtres, la caractérisation des personnages n’hésite pas à inclure des aspects plus légers. Par exemple, le fait que la sœur soit cocaïnomane donne naissance à des situations inattendues. Chaque membre de la famille a un grain de folie, un état d’esprit qui sera mis à profit au gré des confrontations.
L
e mélange de ces deux aspects permet d’obtenir un rythme cadencé par l’enjeu principal et la synergie entre les personnages.
En somme, Wedding nightmare est une très bonne surprise. Le film remplit pleinement son rôle de divertissement horrifique. On suit, avec un plaisir non dissimulé, les périples de la jeune mariée jusqu’à un dénouement des plus jouissifs.Tyler Gillet et Matt Bettinelli-Olpin semblent avoir trouvé leur créneau dans l’épouvante et on espère que leurs futurs projets tiendront plus de cette œuvre que de The baby.
Slasher saison 3 d’Aaron Martin

Slasher saison 3 d’Aaron Martin

American Horror Story a démontré qu’une série peut être une anthologie, autour d’une thématique plus ou moins précise, et réussir à trouver son public. Son succès a créé de nombreux émules. Le plus réussi d’entre eux est assurément Channel Zéro ! Dans le peloton, on peut 

Crawl d’Alexandre Aja

Crawl d’Alexandre Aja

Après un précédent projet, la 9eme vie de Louis Drax, sortie discrètement en Blu-ray dans notre contrée, Alexandre Aja retrouve les faveurs du grand écran pour cette œuvre produite par Sam Raimi. Neuf ans depuis Piranha 3D, le réalisateur français revient aux films de monstres. 

Brightburn de David Yarovesky

Brightburn de David Yarovesky

En 2017, James Gunn annonce la mise en production d’un projet horrifique. Suite à son limogeage, par Disney, de la direction Des gardiens de la galaxie, l’auteur s’affaire donc sur cette uchronie autour de l’univers de Superman. Le poste de réalisateur est alors confié à David Yarovesky, tandis que la famille Gunn produit et scénarise le film.
Que se passera-t-il, si un jour, l’être le plus puissant décide de devenir le bourreau de l’humanité ?  Partant de cette hypothèse, l’équipe propose une odyssée sanglante où le messie futur se transforme en boogeyman d’un autre monde. Une approche intéressante sur le papier.
Malheureusement, ce qui aurait pu être un divertissement horrifique, chargé en tension et hémoglobines, se trouve être un produit inoffensif, incapable de transcender son matériau de base. Les premières scènes nous permettent, certes, de découvrir la ville de Brightburn, la famille Breyer et la manière dont ils élèvent le jeune Brandon. Elles annoncent surtout le montage opté par l’équipe pour nous narrer cette histoire.
En effet, le choix d’enchaîner les scènes, sans transition, peut se justifier au départ par une volonté de dresser un tableau rapide pour se concentrer sur le cœur du sujet. Le problème est que le film ne se résume qu’à cela. Il compile les moments, avec comme mince fil rouge les actions du fils, mais sans que ce procédé semble naturel.
De ce fait, impossible de ressentir une quelconque empathie envers ces personnages. On assiste à leur déboire sans réellement s’intéresser de leur sort. Il en est d’autant plus regrettable, car au détour de certaines situations, l’émotion aurait pu être communicative si le travail en amont avait été fait convenablement.
brightburn femme apeure rouge
 Là où la crainte initiale résidait dans une trajectoire scénaristique trop linéaire pour surprendre le public, nous nous retrouvons, en sus, avec une œuvre incapable de procurer ne serait-ce qu’un plaisir coupable face aux actions de cet être invincible.
Les mises à mort, bien que mettant à profit les talents de Brandon, se diluent au sein d’une histoire banale et en amoindrit donc leur impact. Les personnages ne se résument qu’à un statut prédéfini, et parfois caricatural. On ressent constamment les limites du budget notamment au vu des effets spéciaux.
Brightburn se résume, finalement, à une accumulation de mauvais choix autant scénaristique que scénique. Les quelques litres de sang déversés ne permettront aucunement de cacher l’incapacité de David Yarovesky à offrir un point de vue sur un sujet si prometteur.
S’il fallait se consoler, on pourrait retenir des possibles séquelles introduisant des monstres prometteurs. Encore faudrait-il que cela soit confié aux mains d’artisans plus aguerris.

Et Le Diable Rit Avec Moi de Remy Barbe

Et Le Diable Rit Avec Moi de Remy Barbe

Œuvrant au sein du collectif Les Films de la mouche, Rémy Barbe réalise, seul cette fois, Et le Diable rit avec moi. Projet de fin d’études, le court-métrage circule au sein des festivals et s’est notamment fait remarquer à la dernière édition du festival de