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Vivarium de Lorcan Finnegan

mardi 2 juin 2020

Throwable family

Synopsis:

À la recherche de leur première maison, un jeune couple effectue une visite en compagnie d’un mystérieux agent immobilier et se retrouve pris au piège dans un étrange lotissement.

Vivarium Lorcan Finnegan Screenshooter Imogen Poots

Mon avis:

Seconde réalisation de Lorcan Finnegan, Vivarium s’était fait remarquer en 2019 lors de sa sélection à la Semaine de la critique du Festival de Cannes mais surtout en obtenant le Grand prix nouveau genre lors de L’Étrange Festival.

L’auteur nous propose de suivre un jeune couple cherchant désespérément un foyer. Leur quête va malheureusement les amener à se tourner vers la mauvaise agence immobilière. 
Après une introduction relativement courte, nous nous retrouvons donc dans un étrange quartier résidentiel uniformisé. Cette prison artificielle devient d’autant plus insupportable qu’un nouvel individu se joint à eux.

En peu de temps, nous passons d’un récit d’évasion à une histoire de cohabitation atypique. Cette évolution est déroutante d’autant que l’approche du réalisateur tend à normaliser les aspects paranormaux. Ce procédé est rendu possible grâce à des ellipses nous amenant à différents instants de vie de cette troisième personne. Là où on pouvait s’attendre à une évolution évidente dans les tentatives de fuite, nous nous retrouvons finalement à observer la sédentarité du trio et la cohabitation particulière qui s’opère. 

Vivarium Lorcan Finnegan Screenshooter Senan Jennings
Ce basculement narratif implique un changement de point de vue. Nous sommes amené à nous décentrer du couple malgré les péripéties qu’ils vivent pour mieux observer l’intrus. Un procédé difficile à effectuer d’autant que la caméra continue de se concentrer sur le duo et leur attitude face aux situations vécues. 
Nous nous retrouvons donc en équilibre constant entre ces deux trajectoires distinctes. Outre cette structure scénaristique, l’absence d’informations sur l’environnement et sur les motivations des geôliers rend l’expérience atypique. Nous évoluons au sein d’un milieu dont les codes nous sont inconnus et sans possibilité d’y comprendre le sens. Un choix périlleux opéré par l’auteur car il requiert au spectateur d’investir un univers inconnu et qui le restera. Pour autant, étant donné que nous sommes dans la même situation que le couple, cette approche se trouve être pertinente car plus immersive.

Pour le public acceptant cette observation d’une vie familiale particulièrement dysfonctionnelle, l’œuvre leur restera en tête pendant un moment. Le manque d’informations nous pousse à nous questionner sur l’objectif de l’œuvre. On pourrait la résumer à un simple épisode de La Quatrième Dimension en version longue mais se serait occulter les liens tissés entre les individus. On comprend que la sphère familiale est le cœur du sujet mais il nous sera demandé d’en trouver le sens de cette aventure. Une expérience cinématographique où la simplicité de la forme cache donc un fond bien plus dense.


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