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Tarde para la ira de Raúl Arévalo

mercredi 20 mai 2020

Those who seek revenge...

Synopsis:

Un homme attend huit ans pour se venger d'un crime que tout le monde a oublié.


Tarde para la ira Raúl Arévalo Screenshooter Antonio de la Torre

Mon avis:

Avant de passer derrière la caméra avec Tarde para la ira, Raúl Arévalo a principalement œuvré pour le 7éme art en tant qu’acteur sous l’objectif de divers réalisateurs tels que Pedro Almodovar, Alberto Rodríguez ou encore Àlex de la Iglesia. 

Ouvrant sur un braquage filmé en plan-séquence, l’auteur capte instantanément notre attention. Nous sommes ensuite projetés quelques années plus tard au côté de José. Nous suivons son quotidien entre ses habitudes dans un petit bar et sa présence au chevet de son père. 
L'absence d’exposition claire des enjeux et des individus impliqués nous poussent à se concentrer sur les informations dévoilées au cours des conversations. Chacune d’elle nous permet de situer chaque protagoniste au sein de cette vendetta planifiée. 
Structurée explicitement en trois actes, l’œuvre nous amène lentement jusqu’à la fameuse vengeance. Cette construction nous aide à nous familiariser avec l’ensemble des protagonistes. On se forge ainsi une opinion qui sera ensuite mise à rude épreuve. 
En effet, en nous positionnant tout du long aux côtés d’un être meurtri, nous générons de l’empathie pour celui-ci. Ces sentiments développés se basent évidemment sur notre appel à la compassion pour un individu ayant vécu un drame. On accepte ainsi aisément son application de la loi du Talion. 

Tarde para la ira Raúl Arévalo Screenshooter Antonio de la Torre Ruth Díaz

La thématique est donc des plus convenues. L’intérêt du film réside surtout dans la capacité de l’auteur à s’éloigner des sentiers battus pour proposer une œuvre dénuée de manichéisme et n’hésitant à capitaliser sur nos aprioris et notre empathie pour nous questionner sur les agissements du protagoniste.
 Bien loin des actionners où la victime se transforme en bras armé de la justice, Raúl Arévalo propose un récit plus intimiste sous forme de voyage introspectif infernal. Cette évolution narrative est d’autant plus prenante qu’elle s’effectue avec lenteur. L’auteur nous laisse le temps de scruter ses personnages. Il nous pousse à analyser leurs comportements et réactions afin de déceler comment le cours de l’histoire les affectent. 
Ce rythme s’accorde parfaitement avec son sujet. Nous suivons le point d’orgue d’une vengeance longuement murie. Il est nécessaire de faire ressentir le poids du temps sur cette entreprise. On imagine ainsi aisément les étapes antérieures au récit.
En sus, ce processus permet de créer une tension latente prenant son origine dans la retenue comportementale des individus. L’explosion de leur fureur en devient tétanisante. 

Au final, cette première réalisation de Raúl Arévalo se trouve être une franche réussite. Nous sommes embarqués sur un sentier sanglant ne laissant ni les protagonistes ni les spectateurs indemnes. On ne peut qu'espérer que l'auteur reviendra derrière la caméra.


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