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FastFood Club


Synopsis:

Un soir d'Halloween, Deion Elliot assiste au meurtre de son frère, tué par un homme armé d'un crochet suite à une blague ayant mal tournée.
Plusieurs années plus tard, Deion est maintenant le meilleur joueur de football américain de son lycée. Un jour, alors qu'il se retrouve en retenue avec plusieurs élèves, le jeune garçon commence à recevoir des menaces en rapport avec le meurtre de son frère.
Un tueur semble avoir pris pour cible le jeune homme et ses camarades de retenue. Le groupe va devoir survivre aux attaques de ce psychopathe tout en essayant de découvrir son identité. 



Scream Resurrection saison 3 Jill Blotevogel Dan Dworkin Jay Beattie Screenshooter Giorgia Whigham

Mon avis:

Après un premier revival avec Scream 4 en 2011, la franchise poursuit sa quête d’un nouveau souffle via le format télévisuel. En 2015 et 2016, MTV diffuse donc une nouvelle itération en deux saisons. Loin d’être convaincante, cette proposition aura le mérite de s’éloigner de la trajectoire scénaristique des films tout en reprenant intelligemment certains codes de la franchise.

Suite à une longue période de gestation, Ghostface est de retour pour une troisième saison mais en investissant un nouveau terrain de jeu. Le changement d’environnement est appréciable. Jusqu’alors habitué à arpenter les rues de quartiers résidentiels aisés, notre tueur choisit de se mêler à une population plus populaire. Une délocalisation intéressante qui peut être perçue comme une volonté d’étoffer la mythologie de cette saga.
Comme lors des précédents opus, nous suivons les déboires de jeunes pourchassés par le célèbre tueur. On retrouve certains mécanismes devenus classiques tels que la recherche de l’identité du tueur impliquant des suspicions au sein du groupe ou la résurgence du passif de certains protagonistes.
L’aspect méta est toujours présente. Les échanges sont ponctués de références aux œuvres d’antan. De même, lorsque les protagonistes analysent leur situation, celle-ci est constamment mise en parallèle à des schémas propres au genre horrifique. 

Scream Resurrection saison 3 Jill Blotevogel Dan Dworkin Jay Beattie Screenshooter Keke Palmer

De primes abords, la réappropriation des codes est donc respectée. Malheureusement, cette capacité n’est viable qu’en théorie car la mise en pratique est désastreuse.
L’aspect méta de l’œuvre est à géométrie variable. Elle occulte totalement les événements précédemment narrés dans les films Scream. De ce fait, l’inclusion de Ghostface sans l’aura qu'a ce masque perd de sa valeur. Les deux premières saisons pouvaient se permettre un tel processus car le design du masque était revisité. Il est difficilement concevable de procéder de la même façon ici alors qu’on en retrouve sa forme originelle.
Outre cette incohérence, l’un des plus gros freins à l’intrigue réside dans l’incapacité des auteurs à nous intéresser aux déboires vécus par le groupe. Comme indiqué par l’un des protagonistes, la constitution de cette équipe ressemble à celle de Breakfast Club en version 2.0. La différence entre les deux œuvres réside dans la mise à profit des stéréotypes initiaux au sein du récit. Dans le film de 1985, les clichés étaient dépassés pour mieux capter la personnalité de chacun. Dans cette série, le rôle attribué à chacun n’évolue pas. Les révélations sur le passif de certains élèves peinent à changer ce constat. On se retrouve donc à observer d’un œil distrait les tribulations de ces adolescents pour le moins insupportables.
Le naufrage est tel qu'on navigue entre mépris pour la fiasco qui se joue sous nos yeux et jubilation quant l'un d'eux se fait massacrer.

Il n’y a donc pas grand-chose à sauver dans cette dernière saison. Il nous est impossible de générer de l’empathie pour ces victimes inconsistantes. L’éventail de possibilité s’offrant à ce nouvel environnement ne se résume finalement qu’à une accumulation de clichés et de parti-pris insipides. 
Les aficionados pourront se réconforter en suivant la mise en chantier annoncée d’un nouvel opus sur grand écran réalisé par le duo derrière Wedding Nightmare.



Scream Resurrection saison 3 de Jill Blotevogel, Dan Dworkin & Jay Beattie

mardi 26 mai 2020

Those who seek revenge...

Synopsis:

Un homme attend huit ans pour se venger d'un crime que tout le monde a oublié.


Tarde para la ira Raúl Arévalo Screenshooter Antonio de la Torre

Mon avis:

Avant de passer derrière la caméra avec Tarde para la ira, Raúl Arévalo a principalement œuvré pour le 7éme art en tant qu’acteur sous l’objectif de divers réalisateurs tels que Pedro Almodovar, Alberto Rodríguez ou encore Àlex de la Iglesia. 

Ouvrant sur un braquage filmé en plan-séquence, l’auteur capte instantanément notre attention. Nous sommes ensuite projetés quelques années plus tard au côté de José. Nous suivons son quotidien entre ses habitudes dans un petit bar et sa présence au chevet de son père. 
L'absence d’exposition claire des enjeux et des individus impliqués nous poussent à se concentrer sur les informations dévoilées au cours des conversations. Chacune d’elle nous permet de situer chaque protagoniste au sein de cette vendetta planifiée. 
Structurée explicitement en trois actes, l’œuvre nous amène lentement jusqu’à la fameuse vengeance. Cette construction nous aide à nous familiariser avec l’ensemble des protagonistes. On se forge ainsi une opinion qui sera ensuite mise à rude épreuve. 
En effet, en nous positionnant tout du long aux côtés d’un être meurtri, nous générons de l’empathie pour celui-ci. Ces sentiments développés se basent évidemment sur notre appel à la compassion pour un individu ayant vécu un drame. On accepte ainsi aisément son application de la loi du Talion. 

Tarde para la ira Raúl Arévalo Screenshooter Antonio de la Torre Ruth Díaz

La thématique est donc des plus convenues. L’intérêt du film réside surtout dans la capacité de l’auteur à s’éloigner des sentiers battus pour proposer une œuvre dénuée de manichéisme et n’hésitant à capitaliser sur nos aprioris et notre empathie pour nous questionner sur les agissements du protagoniste.
 Bien loin des actionners où la victime se transforme en bras armé de la justice, Raúl Arévalo propose un récit plus intimiste sous forme de voyage introspectif infernal. Cette évolution narrative est d’autant plus prenante qu’elle s’effectue avec lenteur. L’auteur nous laisse le temps de scruter ses personnages. Il nous pousse à analyser leurs comportements et réactions afin de déceler comment le cours de l’histoire les affectent. 
Ce rythme s’accorde parfaitement avec son sujet. Nous suivons le point d’orgue d’une vengeance longuement murie. Il est nécessaire de faire ressentir le poids du temps sur cette entreprise. On imagine ainsi aisément les étapes antérieures au récit.
En sus, ce processus permet de créer une tension latente prenant son origine dans la retenue comportementale des individus. L’explosion de leur fureur en devient tétanisante. 

Au final, cette première réalisation de Raúl Arévalo se trouve être une franche réussite. Nous sommes embarqués sur un sentier sanglant ne laissant ni les protagonistes ni les spectateurs indemnes. On ne peut qu'espérer que l'auteur reviendra derrière la caméra.


Tarde para la ira de Raúl Arévalo

mercredi 20 mai 2020

Youth ill-being


Synopsis:

Après un séjour dans un centre de désintoxication, Rue Bennett fait son retour au lycée. Le jour de la rentrée, elle fait la rencontre de Jules, une jeune adolescente trans, avec qui elle commence à tisser des liens très forts.
Les deux jeunes femmes, ainsi que leurs camarades de classes et amis, évoluent dans un univers où la jeunesse n'a presque plus de tabou : les relations amoureuses se défont aussi vite qu'elle se font, les réseaux sociaux sont omniprésents, les névroses et secrets de chacun sont exposés aux yeux de tous et la drogue est facile d'accès.

Euphoria saison 1 Sam Levinson Screenshooter Zendaya  

Mon avis:

Après une carrière discrète en tant qu’acteur, Sam Levinson décide de passer derrière la caméra. Il officie dans un premier temps en tant que scénariste sur Wizard of lies en 2017 puis réalise son premier long l'année suivante : Assassination Nation. À défaut de faire l’unanimité, l’œuvre se fait remarquer lors de son passage dans divers festivals ainsi qu’à sa sortie en salle. 
En 2019, il adapte une série israélienne pour HBO s’intitulant Euphoria. 

L’œuvre nous place aux côtés de Rue. Sa récente sortie d’un centre de désintoxication est une porte d’entrée nous permettant de découvrir son univers et son entourage.
Tel un être omniscient, la jeune femme nous narre tout au long des huit épisodes le destin croisé de plusieurs élèves de son lycée. Les différentes trajectoires nous permettent d'obtenir une compréhension complète des intrigues abordées. L’œuvre est structurée de sorte à se focaliser sur un protagoniste par épisode. Nous pouvons ainsi observer comment ce dernier s’inclut dans cette fresque. 
Ce procédé est pertinent sur deux points.
Il nous permet de se familiariser avec l’ensemble des individus récurrents. Nous générons ainsi de l’empathie ou de l’aversion pour eux. Leurs interactions et l’impact émotionnel provoqué s’en retrouvent décuplés. Il est fréquent de se retrouver dans des situations anxiogènes tant la tension est palpable et le dénouement imprévisible. 
De par cette pluralité des personnalités et des vécus, l’auteur peut aisément développer ses thématiques tout en conservant une cohérence vis-à-vis de son récit. Ce processus évite de noyer le propos dans un ensemble et permet surtout de construire son discours à partir de ces différents sujets. L’approche est payante. Les idées servent autant à poser un constat sur notre réalité que d'être le moteur des intrigues.

Euphoria saison 1 Sam Levinson Screenshooter Algee Smith

La structure de cette série peut s’apparenter au processus de création d’un tableau. Sam Levinson choisit comme toile une ville américaine lambda afin de rendre l’environnement le plus universel possible. Il divise son support en plusieurs actes, chacun se focalisant sur un être. Il opte pour des couleurs vivantes afin de sublimer son propos tragique. On obtient ainsi un contraste criant entre cette forme et le fond. La somme de ces choix artistique nous offre une vue d’ensemble sur les causes du mal-être de toute une jeune génération. 

Au final, Euphoria est une expérience immersive facilitée par une BO pertinente et une patte visuelle agréable. On ne peut s’empêcher de penser à Skins dans sa captation d'un groupe de jeunes et sa construction scénaristique. La comparaison s’arrête ici tant la forme est diamétralement différente. On peut d’ailleurs mesurer la maitrise de Sam Levinson par son audace à conclure cette première saison sur un clip musical tout en conservant une cohérence avec les événements précédents.

Euphoria saison 1 de Sam Levinson

mercredi 13 mai 2020

Twisted revenge


Synopsis:

Dans le monde de la haute finance à New York, le procureur Chuck Rhoades et l'ambitieux gestionnaire du hedge fund "Axe Capital" Bobby Axelrod s’affrontent en utilisant chacun leur considérable pouvoir d’influence pour détruire l’autre.


 Billions David Levien Brian Koppelman Andrew Ross Sorkin Screenshooter Damian Lewis

Mon avis:

Créé en 2016 pour Showtime, Billions est une adaptation du roman d’Andrew Ross Sorkin intitulé Too big to fail. L’écrivain s’entoure des scénaristes Brian Koppelman et David Levien pour mettre sur pied cette série. L’œuvre propose de suivre la confrontation entre un gestionnaire de portefeuille arrogant et un procureur ambitieux.

Tout au long des trois premières saisons, les auteurs n’ont eu de cesse de créer une galerie de personnages variés. Cette diversité a permis d’étendre les intrigues au-delà de la simple confrontation. Le pitch de départ devient une porte d’entrée au sein de luttes de pouvoirs entre différentes factions. Cet axe scénaristique est passionnant et permet de renouveler les enjeux aux grès des actions individuelles.
Par ailleurs, le travail sur la multitude de protagonistes ainsi que leur caractère spécifique est un atout indéniable. Il permet de dynamiser constamment la série tout en restant cohérent sur son évolution. Cette attention a pour finalité de créer de l’empathie pour l’ensemble des personnages récurrents. Un point fort au vu des trajectoires scénaristiques.
De même, le monde financier est suffisamment vulgarisé pour être accessible aux néophytes sans pour autant l’aseptiser. On comprend facilement les conséquences découlant des nombreuses confrontations.

' Billions David Levien Brian Koppelman Andrew Ross Sorkin Screenshooter Asia Kate Dillon Samantha Mathis  Jade Eshete

La troisième saison se conclu sur une redéfinition drastique des rapports offrant ainsi des promesses à venir particulièrement stimulantes. Ce remaniement est des plus audacieux. Il empêche ainsi au spectateur la possibilité de prédire la suite à venir. Les auteurs peuvent déconstruire l’évolution des individus en mettant à profit les événements passés. Ce processus est un bon moyen pour la série de justifier sa longévité tout en opérant des choix cohérents.
Les douze nouveaux épisodes se trouvent être à la hauteur de nos espérances. Ils sont un savant mélange entre les rancœurs d’antan et les nouvelles ambitions.
Afin d’être plus efficace, les auteurs n’hésitent pas à conclure une trame narrative en début de course afin de se focaliser sur la quête de vengeance d’un quatuor d’antagonistes. On retrouve au sein de ce groupe l’essence même de cette saison : la vendetta. Loin des codes des mafiosi, les règlements se font ici sur le marché financier à coups de rachats/ventes d'entreprises et des conséquences que ces actions peuvent occasionner. Une forme différente pour un fond typique des luttes de pouvoirs.
En parallèle de ce fil rouge, nous retrouvons toujours des sous-intrigues permettant de développer la trajectoire des protagonistes en périphérie. On obtient un récit toujours aussi dense et dynamique. La psyché des personnes est ainsi développée et évolue constamment.
Grâce à la construction d'un univers se reposant sur la personnalité de ses individus, les auteurs poursuivent sereinement leur récit et nous entrainent plus profondément sur des sentiers guerriers d’un autre genre.

En somme, cette quatrième saison affirme toujours plus son identité formelle pour approfondir ses thématiques et développer cette vision du monde de la finance. Comme à chaque fin de saison, il nous tarde de découvrir la suivante.


Billions saison 4 de David Levien, Brian Koppelman & Andrew Ross Sorkin

mardi 5 mai 2020