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American way to die


Synopsis:

Ex-marine, Jarhead est un père désespéré. Non seulement il est prêt à tout pour nourrir ses enfants, mais c'est aussi un combattant redoutable. Le Donnybrook, un tournoi de combat à poings nus qui se déroule dans les forêts de L’Indiana, constitue pour lui une chance unique d'accéder à une vie meilleure. Le prix accordé en espèces au gagnant résoudra tous ses problèmes, il en est convaincu.
Chainsaw Angus, de son côté, a raccroché les gants depuis longtemps. Cette légende des combats clandestins, jusqu'alors invaincue, s'est reconvertie avec sa sœur, Liz, dans la fabrication de méthamphétamine.
Le Donnybrook sera le lieu de leur perdition… ou de leur rédemption.


Donnybrook Tim Sutton Screenshooter Frank Grillo

Mon avis:


Pour son troisième long-métrage, Tim Sutton poursuit sa captation de la vie américaine par le prisme du genre dramatique. Loin du rythme effréné des grandes villes états-uniennes, l’action prend place dans ces petites localités transpirant la solitude et la précarité. C’est dans l'une de ces bourgades que nous rencontrons deux individus empruntant des voies illégales pour survivre. 
L’un est un père de famille déterminé à quitter sa situation sociale. L’autre est un être méprisable mu par une soif de violence insatiable. Leur rencontre sera le début d’un périple funèbre. 

La plupart des récits reposant sur des destins croisés retardent au maximum la rencontre entre les différents individus. Ici, l’auteur prend à contre-pied ce modus operandi en amorçant son récit sur la confrontation entre ces deux hommes.
La suite des événements prend alors une toute autre dimension. Nous connaissons ce qui les lie. Nous savons les motivations de chacun et le danger encouru s’ils sont amenés à se revoir. La tension est donc constante. Elle est une épée de Damoclès planant constamment au-dessus de leur tête.

La trajectoire de ces deux êtres est diamétralement opposée. Elle est à l’image de leur personnalité. 
Jarhead Earl, incarné par Jamie Bell, effectue un périple où l’esprit de famille est prégnant sous différents aspects. L’ensemble de ses actions ne sont motivées que par la promesse d’une élévation sociale et la possibilité d’un avenir meilleur pour son entourage. Ainsi, bien que certains de ses actes soient répréhensibles, ils nous sont tolérés en connaissant leur finalité.
Chainsaw Angus, joué par Frank Grillo, représente une menace constante pour tous ceux qui l’entourent. Il se dégage une aura morbide lorsqu’il est présent dans un lieu. On sait peu de choses sur cet homme. Ce mystère ne fait que décupler la menace qu’il représente.

Donnybrook Tim Sutton Screenshooter Jamie Bell

La construction parallèle de deux individus antinomiques influe énormément sur l’atmosphère qui se dégage de l’œuvre.
D’un côté, nous avons un drame où un homme est contraint de se mettre en danger pour le besoin de ses proches.
De l’autre, nous avons un thriller où nous suivons le parcours meurtrier d’un personnage antipathique.
Cette hybridation des genres est assurément l’un des atouts du film. La visite d'un même lieu par nos deux hommes donne un résultat constamment différent. Ce processus permet de conserver un lien entre ces protagonistes. On apprend aussi l’avancement de leur voyage respectif sans que cela soit explicité.
Cette construction scénaristique n’est pas exempte d’inconvénients. En fonction des affinités de chacun, nous pouvons être amenés à préférer une des deux trames. De même, le rythme est inconstant. Il varie en fonction de la trajectoire que nous observons. Celle de Chainsaw est cadencée par les cadavres qu’il sème tandis que celle de Jarhead est plus contemplative.

L’auteur arrive donc à mettre à profit cette dualité de traitement jusqu’à son final où la brutalité de l’un et la sensibilité de l’autre offre un dénouement tendu et incertain.
En somme, Donnybrook est une œuvre dotée d’une intrigue classique transcendé avec brio par de Tim Sutton.


Donnybrook de Tim Sutton

jeudi 26 mars 2020

My psychotic bodyguard


Synopsis :

Hanté par l'assassinat de sa famille, l'ancien Marine Frank Castle devient un justicier connu dans le milieu criminel comme le Punisher, qui vise à venger le meurtre de sa famille par tous les moyens nécessaires.

The punisher saison 2 Steve Lightfoot Screenshooter Jon Bernthal

Mon avis : 

Entre 1989 et 2009, les péripéties de Franck Castle ont eu le droit à trois adaptations cinématographiques à la qualité très variables. 
Le développement du Marvel’s Universe sur Netflix a permis à cet anti-héros de refaire surface. Apparu dans la deuxième saison de Daredevil, il revient l’année suivante en tant que personnage central.

La première saison intégrait l’origine du protagoniste au sein d’une intrigue emplie de jeux de pouvoirs et faux-semblants. Ces treize épisodes permirent d’imposer Jon Bernthal comme un choix pertinent pour incarner cet ancien Marine assoiffé de vengeance. 
En souhaitant humaniser le personnage au travers des interactions sociales, Steve Lightfoot étira plus que de raison cette première saison. Fort heureusement, le récit fut composé d’une galerie d’individus captivants et de confrontations bien nerveuses. 

La seconde saison effectue une courte ellipse. Le premier épisode nous permet de découvrir comment les protagonistes ont évolué suite aux événements précédents et amorce une nouvelle intrigue. 
Nous sommes rapidement replongés dans ce nouveau récit. Les mécanismes amenant les problématiques à venir restent banales: Franck Castle est au mauvais endroit au bon moment. Pour autant, l'événement déclencheur est bien amené. L’auteur prend le temps de développer son anti-héros avant de le relancer sur la voie des armes. 

The punisher saison 2 Steve Lightfoot Screenshooter Ben Barnes

Les nouveaux individus s’intègrent parfaitement dans l’univers du Punisher. On continue d’explorer la thématique de l’ennemi intérieur. Un sujet qui s’ancre parfaitement avec la mentalité de Castle. 
La structure narrative est quant à elle très classique. On passe par différentes phases de confrontation afin d'obtenir une compréhension totale des motivations du camp adverse. 
Nous restons évidemment dans une machination impliquant les nantis. La différence se situe surtout dans la personnalité de ces nouveaux antagonistes : le corps militaire dans la première saison et les évangélistes dans la seconde. 
Malheureusement, la construction scénaristique crée un rythme inconstant. 
Outre cette nouvelle intrigue, l’auteur décide de développer une suite aux événements passés. Le problème est que l’évolution d’un segment se fait bien souvent au détriment de l’autre. Certains protagonistes ne réussissent pas à cohabiter sur les deux récits. 
De ce fait, certains épisodes écartent volontairement des individus clés. Cette gestion se justifie évidemment par les événements narrés. Pour autant, la trajectoire scénaristique n’est pas naturelle et se fait ressentir.
Il aurait été plus pertinent de se concentrer sur le récit autour de Rachel et sa traque. Comme pour la première saison, Steve Lightfoot avait tout à gagner à dégraisser son matériau. Nous sommes censés ressentir la menace latente que représente John Pilgrim. Or, dilué et mis de côté parfois, cette sensation n’est jamais présente. 

Au final, The Punisher reprend la même formule que pour sa première saison autant dans ses qualités que ses défauts. L’expérience est donc frustrante tant tous les éléments sont là pour obtenir un actionner sec, violent et jouissif. On continuera donc de se tourner vers les productions Cinemax (Strike Back, Banshee,...) pour se repaître de telles œuvres.


The punisher saison 2 de Steve Lightfoot

jeudi 19 mars 2020

Trashtopia

 

Synopsis:

Quand une naïve mante religieuse quitte sa ville natale pour réaliser son rêve de rejoindre les forces de police de la grande ville, c’est pour mieux découvrir la brutalité du monde réel. Entre alcool, drogue, délinquance, sexe, boîte et collègues dingues, il va réaliser à la dure que même les insectes ont d’étranges vices.

Vermin Alexis Beaumont Hafid F Benamar Balak Screenshooter voiture explosion Casey

Mon avis:


Auteur de Lastman et co-créateur de Les Kassos, Balak s’entoure de l’acteur Hafid F. Benamar et d'Alexis Beaumont pour développer son nouveau projet : Vermin. 
Diffusé dans un premier temps sur l'application Blackpills, la série rejoint avec Crisis Jung le catalogue Netflix. 

Nous plongeons dans le monde merveilleux des insectes. Les auteurs s’amusent à détourner diverses œuvres genre policier. Par exemple, le premier épisode reprend l'introduction de Zootopia tandis que le huitième est un ersatz de Piège de cristal. Évidemment, tout comme dans Les Kassos, les situations sont allègrement parasitées par un humour corrosif. Le politiquement correct n'existe aucunement. Les créateurs enchaînent les péripéties les plus improbables pour notre plus grand bonheur. 
Malgré une succession constante de gags, les personnages prennent de la consistance au fil du récit. Le passif respectif de notre duo est développé et accentue d’autant plus leur personnalité antinomique. 

Vermin Alexis Beaumont Hafid F Benamar Balak Screenshooter metro bonde
 
L’originalité ne se trouve pas tant dans la galerie des personnages que dans l’univers dans lequel ils évoluent. Les auteurs bâtissent une ville amorale où chaque entité de la société en prend pour son grade. Chaque épisode permet de compléter le plan de cette cité. On visite une multitude de lieux communs afin de varier les péripéties. 
Le tour de force est d’autant plus remarquable que le format est extrêmement court. En dix épisodes de huit minutes, les auteurs parviennent à développer un fil rouge solide. Les divers événements annexes permettent d'amener lentement le duo vers un final aussi jouissif qu'improbable. L’œuvre dans son ensemble est structurée afin de respecter cet impératif de durée.
La définition des personnages suit d’ailleurs cette logique. Chacun d’eux n'est que la caricature d’un archétype du genre policier. Ils sont ainsi rapidement cernés. 

Pour les aficionados de Les Kassos, cette nouvelle création se trouve être dans sa droite lignée d’un point humoristique. Elle a l'avantage de construire un récit et un univers bien plus complexe et imaginatif.
Une excellente découverte qui aura le droit à deux saisons supplémentaires.

 

Vermin saison 1 d'Alexis Beaumont, Hafid F. Benamar & Balak

jeudi 12 mars 2020