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Dead Hands Dig Deep de Jai Love

mercredi 20 novembre 2019

The killer inside me

Synopsis:

Une descente en apnée dans la folie, la toxicomanie et l’autodestruction d’Edwin Borsheim, chanteur du groupe d'horror punk Kettle Cadaver, reconnu pour ses performances scéniques absolument démentes.

Dead Hands Dig Deep Jai Love Edwin Borsheim

Mon avis:

Premier documentaire diffusé au Sadique Master Festival, Dead hands dig deep avait de quoi attiser la curiosité des aficionados de cet événement.

En effet, bien que chaque édition propose son lot de moments forts, désagréables voir insoutenables, il était toujours possible de relativiser en se rappelant que ce ne sont que des œuvres de fictions, exception fait à Ana de Frédérick Maheux. Cette barrière mentale ne peut exister dans le cas présent.
Ouvrant sur un monologue d’Edwin Borsheim, à notre époque, celui-ci nous explique méthodiquement comment il ferait éclater une fusillade en pleine rue. Le réalisateur Jai Love donne ainsi le ton. On comprend qu’il n’y aura aucune rédemption dans cette odyssée.


Dead Hands Dig Deep Jai Love Edwin Borsheim


On navigue ainsi entre images d’archives et moments présents pour dresser le portrait de cet homme torturé. On découvre chronologiquement son parcours et l’état d’esprit général via le témoignage de son entourage. Au travers de ces instants de vie, on effleure la folie de cet environnement. Entre l’absence d’avenir professionnel au sein de cette commune isolée par la nature et les tragédies familiales que ce microcosme produit, on comprend ce qui amène Edwin Borsheim et ses acolytes à prendre ces chemins de traverses où la violence permet de se forger une identité.
L’un des points forts de l’œuvre est que, malgré un sujet « sensationnaliste», on ne tombe jamais dans la complaisance ou la glorification vis-à-vis de ses thématiques. L’auteur prend du recul sur son sujet et évite le piège de l’accumulation d’images chocs. Il recrée ainsi le contexte et nous facilite l’immersion dans cet univers.


Ce procédé permet aussi d’instiller un malaise bien plus profond et prégnant. Il rappelle ainsi que ce type d’environnement n’est pas un fantasme d’individus isolés, mais bien le quotidien de certaines communautés.
On est ainsi hypnotisé par ce récit, constamment sidéré par les situations narrées. L’intelligence de l’auteur est de monter les différentes interviews afin d’obtenir un effet crescendo dans l’enfer décrit. On commence via un effet d’accroche pour ensuite assimiler lentement les données permettant d’appréhender la psyché de l'homme et de son Monde.
On ressort de cette plongée chaotique totalement bouleversée. Jai Love réussit à s’approprier pleinement le sujet pour en extraire l’essence de ces terres maudites. Une œuvre percutante navigant entre décadence morbide et instants de vie tragique. Outre le parcours d’Edwin Borsheim, c’est aussi le quotidien des habitants de Temecula dont le destin brisé marque aussi profondément que les exactions de l’homme.


Une œuvre nihiliste donc, à découvrir absolument ! 



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