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Upgrade de Leigh Whannell

mardi 4 juin 2019

Vigilante 2.0


Synopsis:
 Après la mort de son épouse lors d’une violente agression qui l’a laissé paralysé, Grey Trace est approché par un inventeur milliardaire qui propose de lui administrer un remède expérimental qui va upgrader son corps et ses facultés. Désormais doté d’un implant fonctionnant à l’intelligence artificielle, Grey voit ses capacités physiques décuplées et se lance dans une mission vengeresse, afin de faire payer ceux qui ont tué sa femme.

Upgrade homme crie


Mon avis:

Après avoir longuement œuvré dans l’ombre, en tant que producteur et scénariste, pour les franchises Saw et Insidious, Leigh Whannell passe derrière la caméra pour les besoins d’Insidious : chapitre 3.
Fort de cette première expérience, l’homme revient pour nous offrir Upgrade, cet habitué des productions Blumhouse décide de changer de registre. Exit donc les tortures-porn et les esprits vengeurs, l’univers abordé se tourne vers un futur proche où la bionique a grandement progressé.

Nous suivons les déboires de Grey Trace, homme réfractaire aux nouvelles technologies, ayant perdu sa femme pour des raisons obscures. L’ironie du sort est qu’une seconde chance lui soit offerte grâce à Eron Keen et sa puce STEM. L’homme retrouve sa motricité et peut ainsi partir en quête des commanditaires de la mort de sa compagne.
On retrouve ici les bases du vigilante movie: un homme lambda obligé d’obtenir la vérité par ses propres moyens, face à l’inertie des institutions censées faire respecter la loi, quitte à renier ses principes.
En définissant un futur proche de notre société contemporaine, où les prototypes d’aujourd’hui sont d’usage courant dans ce monde, l’auteur facilite notre immersion. On prend rapidement nos marques au sein de cette univers où la domotique équipe l’ensemble des habitations et les voitures autonomes cohabitent avec leurs ancêtres.
Fort de cette base, l’auteur peut rapidement entrer dans le vif du sujet : la perte de l’être cher, le deuil et la vengeance. On suit donc Grey dans son périple, sa quête de vérité tout en apprenant à cohabiter avec cette nouvelle technologie.

L’intérêt ne repose pas sur la trajectoire du récit. Cette dernière est balisée dès le départ et amène irrémédiablement à un twist que l’on devine dès la première moitié du film, à un détail près. Un détail qui n’est pas anodin et qui redéfinit totalement la lecture que l’on fait du film ainsi que nos aprioris.
En effet, nous pensons constamment que la technologie nous permet de mieux contrôler notre environnement en leur donnant de plus en plus d’autonomie. On oublie qu’en contrepartie, on sacrifie une part de notre libre-arbitre sur nos agissements. Upgrade aborde finalement cet aspect de la technologie en poussant le raisonnement à son paroxysme.

Upgrade couloir neon ombre silhouette


Un autre point fort de l’œuvre réside dans sa mise en scène. En effet, les plans sont soignés, bien pensés et permettent de décupler les enjeux se déroulant sous nos yeux. Le parfait exemple est la gestion des scènes d’actions. Loin de tomber dans le découpage intempestif, rendant incompréhensible n’importe quel affrontement, dans le seul but de donner une illusion d’intensité (cc 22 Miles), Leigh Whannell privilégie le mouvement.
En effet, lorsque l’on suit les déambulations de notre protagoniste, la caméra le suit lentement à ses côtés. On a ainsi le temps d’analyser son environnement, les émotions qui le parcours ainsi que les enjeux qui ressortent de ces situations. Par contre, lorsque qu’un affrontement a lieu, la caméra s’anime de mouvement beaucoup moins rectiligne et devient plus vive. On garde une fluidité dans la lecture des événements se jouant sous nos yeux tout en ressentant le dynamisme qui se dégage de ces instants.
Ce changement dans la gestion de la caméra, suivant la situation déroulée, s’effectue en fonction de l’entité prenant le contrôle du corps de Grey Trace. Les mouvements lents et rectilignes se calquent sur Grey lui-même et la limitation dans ses mouvements dû à sa tétraplégie tandis que les mouvements vifs correspondent à la liberté offerte par STEM et donc de sa prise de contrôle de l’enveloppe charnelle.

Fort de ces choix artistiques ainsi que d’un final terriblement nihiliste, Liegh Whannell offre une œuvre efficace, jouissive et pour la moins marquante. Une excellente surprise donc, qui, on l’espère rencontrera le succès qu’il mérite.


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